Récemment, des chercheurs ont créé des faux poumons puis les ont volontairement contaminé à la Covid-19. Le but ? Mieux comprendre la façon dont le virus attaque cet organe.

Les résultats de leur étude sont pour le moins effrayants : le coronavirus parviendrait à détruire nos poumons en moins de trois jours.

Il faut comprendre que le coronavirus endommage les alvéoles pulmonaires (des petits sacs creux en forme de ballon situé aux extrémités des bronchioles).

Ce phénomène entraine par la suite une pneumonie ainsi qu’une détresse respiratoire aiguë. Cette complication est la principale cause de décès chez les malades.

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Plusieurs chercheurs ont réalisé une étude afin de mieux connaitre l’impact du SARS-CoV-2 sur les poumons. Des faux organes ont donc été conçus en laboratoire, puis infectés pour être étudiés. Ces recherches permettent une certaine avancée dans la lutte contre le coronavirus.

Covid-19 : des faux poumons en 3D

Selon l’Université Johns Hopkinks, on dépasse le million de décès dans le monde depuis l’apparition de la Covid-19. À ce jour, les scientifiques mettent tout en œuvre pour éviter que ce nombre ne continu de croitre.

Des scientifiques de Corée du Sud de l’Université de Duke (Etats-Unis) et de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ont voulu observer l’impact du SARS-CoV-2 sur les poumons d’un malade.

Ils ont décidé de créer des « mini poumons » grâce à une imprimante 3D leur permettant d’imiter le comportement des tissus et des organes une fois confrontés à la Covid-19.

Sur la photo : « une seule cellule souche pulmonaire s’est copiée pour générer des milliers de cellules et générer une structure en forme de bulle qui ressemble aux tissus respiratoires du poumon humain. Ce sont les cellules que le virus SARS-CoV-2 cible », décrit l’étude.

« Nous en savons encore étonnamment peu sur la façon dont le SRAS-CoV-2 infecte les poumons et cause la maladie. Notre approche nous a permis de développer des modèles 3D de tissus pulmonaires clés – en un sens, de « mini-poumons » – en laboratoire et d’étudier ce qui se passe lorsqu’ils sont infectés » explique le Dr Joo-Hyeoen Lee, co-auteur prinicipal ainsi que chef de groupe au Wellcome-MRC Cambridge Stem Cell Institute à l’Université de Cambridge.

SARS-CoV-2 : il détruit les poumons en moins de 3 jours !

Les experts ont contaminé les faux poumons avec une souche du virus directement prélevée sur un patient en Corée du Sud ayant été testé positif le 26 janvier dernier.

Le virus a commencé à se cloner très rapidement jusqu’à infecter le poumon dans sa totalité à peine 6 heures après l’infection.

Les cellules des faux poumons ont ensuite produits des interférons : ces protéines agissent comme des signaux d’alerte aux cellules voisines, les incitant à activer leurs défenses antivirales. Quarante-huit heures après, les cellules commencent à lutter face au virus.

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Or, 60 heures après la contamination, les cellules alvéolaires se désintégrèrent petit à petit, entrainant par la suite des lésions des tissus pulmonaires ainsi que leur mort.

SARS-Cov-2 : une future étude avec des souches de personnes à risque

Sur la base de notre modèle, nous pouvons aborder de nombreuses questions clés sans réponses, telles que la compréhension de la susceptibilité génétique au SRAS-CoV-2, l’évaluation de l’ineffectivité relative des mutants viraux et la révélation des processus de dommages du virus dans les cellules alvéolaires humaines, a affirmé le Dr Young Seok Ju, co-auteur principal et professeur associé à l’Institut supérieur des sciences et de la technologie de Corée.

À l’issue cette étude, les chercheurs – quelques peu surpris par la vitesse à laquelle le virus a attaqué les faux poumons – restent néanmoins optimistes.

En effet, ils espèrent par la suite utiliser leur technique d’impression 3D en utilisant cette fois-ci des cellules souches de personnes vulnérables (les personnes atteintes de maladies pulmonaires ou âgées) afin de mieux rendre compte des dégâts du SARS-CoV-2 sur les poumons.

Leurs nouvelles découvertes leur permettront également d’avoir la possibilité de développer et de dépister des agents thérapeutiques potentiels face à l’infection par la Covid-19.

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