La pandémie de Covid-19 a causé des répercussions énormes sur le monde avec des pertes humaines et un effondrement des politiques et programmes de développement.
Cette situation aura plus des impacts négatifs à long terme en Afrique Sub-Saharienne et au monde rural en particulier. Celui du Sénégal nâen demeure pas épargné.
La volte-face du gouvernement sénégalais sur notamment les mesures dâassouplissement de lâétat dâurgence en sont des preuves oculaires suite à des vagues de manifestation de la population.
Cette situation montre la fragilité de notre système économique et la forte dépendance de sénégalais vis à vis de lâEtat pour la satisfaction des besoins socio-économiques.
Après cette pandémie, le milieu rural sénégalais risque de connaitre un exode rural voire une tentation de migration irrégulière jamais atteint dans notre pays.
Avec la forte jeunesse que le Sénégal dispose, il me semble très utile de prôner une politique accentuée sur la formation, lâinnovation, lâentreprenariat et la responsabilisation des jeunes pour un essor agro-pastoral conséquent.
Covid-19 et le système agro-pastoral
Cette stratégie permettra au monde rural dâassoir sur un maillon économique assez solide avec la réduction de la dépendance à lâEtat.

Pour atteindre cette mission noble, une transformation structurelle de système pastoral et agricole doit sâimposer avec des nouvelles approches comme celles-ci :
Pour le système pastoral, il faudra :
1_Initier aux pasteurs une production fourragère comme dans certains pays en Amérique latine et aux Pays-Bas ;
2_Communiquer sur les stratégies dâadaptation face aux changements climatiques et aux crises éventuelles ;
3_Mettre lâaccent sur lâélevage moderne et au secteur artisanal plus attrayant ;
4_Renouvellement progressif du bétail âgé avec la vente et réinvestissement dans dâautres secteurs ;
5_Il me semble aussi important dâinstaller des mutuelles ou des banques spécifiques pour les pasteurs. Ceux-ci en cas dâurgence pourront faire un recours au prêt bancaire avec des taux dâintérêt modiques.
5_La transformation et/ou valorisation des produits issus du bétail câest-à -dire le cuir ou autre ;
7_Mise en place des unités de conservation et de production laitière avec lâapproche de la pluie pour éviter le gaspillage ou pourrissement de ce lait qui pouvait être une source de revenus et un véritable vecteur de développement local.
On ne peut pas parler de la fin de la mobilité pastorale ni une sédentarisation mais une approche plus logique qui inciterait aux pasteurs à mettre en place des transformations authentiques qui leurs permettront dâavoir plus de résilience face aux crises et au dérèglement climatique. Et toute catastrophe qui touche les paysans sera directement ressenti par les agriculteurs.
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Le système agricole ne reste pas indemne face aux crises. Le Sénégal, avec sa démographie galopante, doit à la sortie de cette crise miser davantage sur lâagriculture et peut-être même faire dâelle le socle notre croissance économique.
La politique de développement durable et de lutter contre la fragilité du tissu alimentaire doit être une priorité pour le Sénégal surtout au niveau des collectivités territoriales.
Et dans ce cas, il faut :
1_Une politique de formation des jeunes sur lâagriculture ;
2_Proner une démarche agroécologique moderne mais adaptée au milieu concerné ;
3_Développer lâagro-business avec lâutilisation des drones pour une meilleure assurance dans la surveillance et la production ;
4_Sensibilisaer certaines zones (Ferlo et Fouta) sur la pratique de lâassolement, la jachère et la rotation des cultures et aux techniques de fertilisation des terres arables ;
5-Une très minutieuse politique de maitrise de lâeau qui va favoriser lâavènement des cultures des arbres fruitiers.
Lâexemple de Loumbol, dans le Ferlo pouvait être illustratif avec le champ de banane mais hélas. Cette culture fruitière doit être accompagnée par une éducation de la population et y associer les services déconcentrés de lâEta notamment les eaux et forêt car les résultats sont lointains. A cela sâajoutent les variétés culturales à cycle car lâhivernage ne dure que 03 mois.
Lâagriculture intensive malgré nocive, peut procurer de bons rendements si les paysans parviennent à juguler les connaissances scientifiques et certaines techniques comme la pratique de lâécobuage, lâusage du compost et lâagriculture sur brulis, le sarclage et le binage etc. Ces pratiques culturales génèrent une production suffisante avec un surplus commercial.
La maitrise de lâeau permet également un maraichage dans des périmètres variés avec des systèmes dâirrigations de gout-à -goute, gravitaire.
Cette situation enrichit nos plats de consommation et permet aux femmes dâavoir des revenus monétaires avec une réduction des dépenses. Le gouvernement doit revoir sa politique dans ce domaine car le Prodac et dâautres fermes agricoles nâont pas atteint des résultats escomptés. Une démarche inclusive et participative des couches concernées pouvait être une solution plausible.

Au vu de tout, il me semble pertinent de proposer solutions innovantes à base de technologies numériques pour accélérer la gestion des savoirs, de réfléchir sur lâingénierie des territoires et la construction de relations de confiance pour activer le changement dans le temps. Cela permettra de connecter les consommateurs et les producteurs, câest dâailleurs lâimportance du e-commerce.
Il faut donner confiance aux agriculteurs et éleveurs, stimuler leurs compétences dâentrepreneur, capables dâanticiper. Il faut penser localement mais avec une vision plus large pour aboutir à une cohérence et un équilibre rural. Cette démarche va assurer la connexion des ressources rurales aux investissements.
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Le monde dâaujourdâhui est devenu numérique et de ce fait, le milieu rural doit être initié à la formation des nouvelles technologies notamment sur la digitalisation, lâéconomie numérique et une formation qualifiante qui permettra dâavoir accès au bassin lâemploi.
Dans cette même dynamique, lâaviculture traditionnelle améliorée est un moyen de lutte contre le chômage et augmente les revenus ruraux. Ces aviculteurs peuvent être formés sur la fabrication des aliments volailles faits maison (AVFM) pour ainsi atténuer les achats des aliments.
La biodiversité de certains milieux notamment celle de Ranérou Ferlo avec le parc de Katané, riche en espèces animales rares, serait un meilleur moyen pour développer lâécotourisme. Il sây ajoute un appui des femmes sur la transformation et la labélisation des produits locaux et des loumas spécifiques.
Toutes ces propositions peuvent entrainer une solide chaine de valeur qui aboutit à une économie de proximité compétitive et une réduction de lâexode rural et lâémigration irrégulière.
Notre ancien président de la République, Abdoulaye WADE disait : Dit-moi quelle jeunesse que tu as, je te dirai quel pays tu auras.
Moi je dis : Dis-moi quelle ressource tu as, je dirai quelle économie tu devrais avoir.
Bocar H DIALLO, Géographe chercheur, spécialisé en Gestion et Développement des Espaces Ruraux et en Migration et Développement.
Mail : [email protected]













