Le Discours du Général de Gaulle en Guinée Conakry, le 25 aout 1958, a été une étape charnière qui a abouti à l’accession à la souveraineté de la République de Guinée. Cette occasion solennelle est marquée par une humiliation au point que le Général De Gaulle a même « laissé sa casquette sur le bureau, là  ». La Guinée commémore chaque e 2 octobre l’anniversaire de son indépendance.
Discours en intégralité du général de gaulle du 25 aout 1958
de Gaulle en Guinée le 25 aout 1958 : Il a même laissé sa casquette sur le bureau, lÃ
Charles de Gaulle (/ Ê a Ê l d É É¡ o l / [n 2] Ãcouter), communément appelé le général de Gaulle ou parfois simplement le Général, né le 22 novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Ãglises, est un militaire, résistant, homme d’Ãtat et écrivain français..
Il est notamment chef de la France libre puis dirigeant du Comité français de libération …
Général Charles De Gaulle à Conakry le 25 Août 1958
Au cours de tournée de campagne dâexplication sur son projet de communauté le Général De Gaulle fit escale à Conakry le 25 Août 1958. Une escale qui fut revêtue des plus belles cérémonies dâaccueil sur lâensemble des territoires dâoutre-mer.
Mais quelques heures plus tard un craquement va se faire sentir dans cette belle ambiance et la relation franco-guinéenne en prendra un coup sévère.
Pour comprendre ce malaise, il est important de comprendre lâhomme au regard duquel la maladresse semble être faite, du moins ce que les historiens rapportent.
Parlant de Général De Gaulle, il nâest pas exagéré de dire quâil ne fut pas seulement quâun grand homme mais aussi un mythe pendant les deux guerres qui ont ébranlé lâordre mondial.
Il fut lâun des piliers de lâhistoire contemporaine militaire française. Cependant, cet homme aux yeux des Africains est tout autre. Son image qui sâimposera en Afrique est plus que celle dâun as de guerre, dâun stratège ou encore dâun chef de gouvernement.
Dans lâAfrique coloniale, animiste et fétichiste, la personnalité du Général de Gaulle a occupée une place mystique dans les cultes de plusieurs colonies. Il est rentré dans la mythologie africaine : des pratiques rituelles lui sont sacrément consacrées.
Grand sorcier âblancâ ayant des pouvoirs mystérieux
Pour exemple: «Ngol» est un fétiche africain qui est coiffé dâun képi étoilé à lâimage du général. La danse rituelle « Eko de Gaulle » est pratiquée en sont honneur.
Il lui est attribué dâêtre un grand sorcier âblancâ ayant des pouvoirs mystérieux capables de le protéger de ses pires ennemis.
En Août 1958, cet homme a organisé une campagne qui lâamènera à foulé le sol de tous territoires africains sous colonisation française.
Ce périple si commenté nâavait quâun objectif : expliquer aux Africains que lors de son référendum, ils peuvent choisir entre lâindépendance et la communauté avec métropole.
La formule de proposition ressemblait à un principe de libre détermination mais, au fond câétait plutôt une recommandation voir même un défit que le Général Charles de Gaulle lançait aux élites dâAfrique noire.
Le souhait le plus ardant de chef du gouvernement français se situait dans la balance dâun vote positif. Tout autre choix à ses yeux ne pouvait être quâune imposture et serait conséquemment réprimée.
En cette période, lâAfrique était en phase de mutation politique. La conscience populaire sâéveillait après la guerre.
La fièvre de nationalisme montait telle une pandémie, toutes les colonies de lâAOF, de lâAEF et les Ãtats sous le protectorat français abritaient des mouvements nationalistes à tendance indépendantistes.
La jeunesse Africaine était alors engagée dans des luttes soit pacifiques soit armées pour la décolonisation.
Des groupes de résistants se formaient un peu partout.
Câest bien lâexistence de ces groupes de résistance qui fut le facteur déclencheur du voyage de Général De Gaulle en terre Africaine notamment de Guinée qui dâailleurs nâétait pas sur sa liste consultative.
Cette tournée en terre Africaine du 20 au 27 Août 1958 devait permettre au général de Gaulle de redorer lâimage de lâempire, absorber les crises politiques qui commençaient à déstabiliser son pouvoir et enfin réanimer lâéconomie française qui battait de lâail.
Le 25 Août de cette année là , lâavion du général de Gaulle se posait sur le sol de la ville verdoyante mais rebelle de Conakry. Son accueil fut extraordinaire. Toute la population était au rendez-vous.
La grande route du Niger qui fait la longueur de la presquâîle était bondée sur ses deux côtés de monde. Le spectacle animé par des danses folkloriques fut grandiose.
Ce jour toutes les manifestations culturelles des quatre régions qui composent la Guinée étaient au rendez-vous pour marquer lâenthousiasme collectif. Des démonstrations de danses, de chants pour saluer lâôte de marque.
La joie du peuple de Guinée était si débordante quâon aurait cru que ce jour était la fin de la colonisation et le début de la liberté. Tout le peuple de Guinée débout comme un seul homme derrière le PDG- RDA manifestait ainsi son ardent désir de souveraineté et dâindépendance.
Câest ce jour-là que le sort de la Guinée fut réellement scellé. Quand lâheure de la rencontre ultime entre le jeune syndicaliste Sékou TOURE et le général président Charles de Gaulle sonna, le peuple voyait sous ses yeux en ce moment, deux personnages emblématiques, deux chauvins et surtout deux figures du nationalisme exacerbant. Cette extraordinaire ambiance qui a fait rêver le Général va se dissiper très rapidement.
Le chef du gouvernement français était en Afrique pour expliquer en personne les vÅux du référendum au peuple de territoire Africain et ramener dans la prairie les brebis solitaires. Il nâétait pas là pour engager des débats stériles ni une polémique.
Le général De Gaulle était là pour dire clairement le résultat quâil attendait de la consultation des leaders africains. Câest ainsi quâà la question de Léopold S Senghor :
– Quâest ce quâarrivera aux territoires qui voteront NON ?
Le général Charles de Gaulle à répondu :
– Ces territoires auraient fait sécession et la France en tirera toutes les conséquences. Il me semble que les Africains ont les mains liées, la métropole assimile lâindépendance à une sécession et promet une correction.
Ce voyage du général avait pour objectif dâintimider et dâimpressionner les élites comme les masses populaires pour garantir un vote sans faute en faveur du projet. De Gaulle expose ainsi le but de sa campagne :
«Il est certain que ma visite, lâimpression quâelle fera, et les propos que je tiendrai vont influer fortement sur lâattitude des évolués et la réaction des foules par conséquent».
Cet homme qui nâa jamais supporté la contradiction va se voir confronté à une joute idéologique face au jeune leader guinéen contrairement aux autres leaders africains. Bien quâau Sénégal lâambiance nâétait pas non plus bon enfant mais rapidement, les dégâts ont vite été limités.
Câest lâallocution du leader guinéen et ton pour le dire qui sont souvent mises en cause. Certes, le climat et les gesticulations ajoutés au contenu du discours font penser à un réquisitoire contre la colonisation, mais lâétat dâesprit de lâhôte est lâélément fondamental de la rupture.
Aucune alternative possible en Guinée, comme ce fut le cas à Dakar
Lâardeur de discours de Conakry nâétait rien de comparable à lâexaltation de lâorateur de Dakar et la turbulence des audiences.
Seule la détermination des décideurs de Conakry fera la différence. Il nây avait aucune alternative possible en Guinée, comme ce fut le cas à Dakar, lors que les Marabouts décidèrent dâexaucer le vÅu du Général.
Câest face à un homme, dit J. Lacouture, âgé, chargé de gloire et habité dâidées généreusesâ¦un homme déjà vieux, lourd de connaissance, dâexpérience, irréfutablement fier du passé de son paysâ¦un vieil homme blanc, recru dâhistoire et encore ardent à prolonger par la grandeur la ruse et la générosité tout ensemble, le rayonnement de son pays et sa propre gloire, que les phrases les plus célèbres de lâhistoire politique de la Guinée seront exposées. Ces mots restent encore les catalyseurs de lâirritation de lâhomme de 18 juin.
Cette allocution est reçue par De Gaulle comme un affront, une attaque, une transgression ou encore une profanation du sacré. Le nom de celui qui symbolise lâinvincibilité vient dâêtre vaincu.
La défense de lâhonneur et lâintégrité de soi sâimpose. Finalement la communication devient difficile entre les deux protagonistes.
De Gaulle percevra la revendication de liberté et de dignité comme une ingratitude de Guinée envers la France. La France qui a forgé ces jeunes Guinéens qui le défi aujourdâhui sur leur terre.
Lâarrogance du Général Charles de Gaulle affectera son jugement des choses dont Conakry lui proposera, câest-à -dire, une coopération basée sur lâégalité des contractuels en droits.
Face à la foule, il sâefforcera dâêtre serein bien que déstabilisé moralement et, dans son discours, il ôtera le nom de celui qui fut quelques heures plutôt son invité à Dakar.
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Alors quâil devait se rendre au dîner traditionnel avec le leader Guinéen, il préférera dîner avec ses représentants et ordonnera aux autres de ne pas accepter les invitations et offres dâhonneur de lâhomme de Conakry.
Depuis cette allocution, le leader devient malgré ses bonnes intentions, ses manifestations de respect et ses reconnaissances envers la France une persona non grata.
Ce pendant, lâhistoire reconnaît la Guinée comme une terre de résistance à la domination étrangère. Des grands résistants Guinéens et mandingues ont bâti les armées les plus redoutables de lâAfrique noire.
Parmi ces chefs de guerre lâAlmamy Samory Touré, Alpha Yaya Diallo et bien dâautres.
Mais lâhonneur revient à Ahmed Sékou Touré de conclure cette lutte que nos ancêtres ont engagée. Car toute défaite concédée pour la défense de la terre natale est un échec honorable.
Si lâétape de Conakry nâétait pas indispensable, elle est devenue alors la plus grandiose pour le prestige et lâhonneur de lâAfrique.
Lâaccueil chaleureux qui a été réservé au Général Charles de Gaulle à Conakry, le marquera fort et restera un de ses plus grands bains de foule.
Ce voyage fut aussi révélateur de sa particulière intransigeance. Ce voyage montrera également la fragilité que cette masse imposante cachait.
Ainsi on peut comprendre le caractère unilatéral de lâintérêt que le projet comportait. Par orgueil personnel, le Général Charles de Gaulle rompra le dialogue entre lui et le jeune président Sékou Touré.
Câest le début de la grande confiscation et de la condamnation de la Guinée malgré ses grandes potentialités, ses richesses et son peuple accueillant et laborieux.












