à Diender, LâAgriculture Biologique Prend Ses Marques. Diender est une communauté rurale du Sénégal située à l’ouest du pays. Elle fait partie de l’arrondissement de Keur Moussa, du département de Thiès et de la région de Thiès . Les coordonnées géographiques sont 14°52’34 » N et 17°4’51 » W en DMS (degrés, minutes, secondes) ou 14.8761 et -17.0808 (en degrés décimaux). La position UTM est BB74 et la référence Joint Operation Graphics est ND28-05.
Diender : LâAgriculture Biologique Prend Ses Marques

Des producteurs de lâarrondissement de Diender ont choisi de sâinvestir dans lâagroécologie en utilisant des techniques qui tiennent compte de la préservation de lâenvironnement, des écosystèmes et répondent aux exigences économiques et sociaux.
A Diender, commune située à environ 30 kilomètres de la ville de Thiès, ils sont nombreux, les paysans qui sâactivent de plus en plus dans lâagriculture biologique.
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En cette fin dâaprès-midi, un microclimat souffle sur le village de Mibidieum. Assis à lâombre dâun manguier, Alioune Ndiaye, colonel à la retraite, joue aux mots fléchés.
Promotion des économies vertes dans la zone des Niayes

Agé de 68 ans M. Ndiaye sâactive dans lâarboriculture et dans lâagriculture biologique depuis sa retraite de lâadministration en 2013.
Il est membre de la fédération des agropasteurs de Diender, une association qui joue un rôle important dans la promotion des économies vertes dans la zone des Niayes.
Colonel Ndiaye affirme que lâagriculture biologique nâest pas forcément une nouveauté dans cette zone car elle était déjà pratiquée par ses ancêtres.
ââNos grands-parents pratiquaient lâagriculture biologique sans le savoir. Je me rappelle bien du temps où lâadministration distribuait de lâengrais mais personne nây touchaitââ, explique-t-il.
Vulgarisation des économies vertes et des activités de développement durable

Avec les changements climatiques à lâéchelle planétaire, les Etats et les organisations de défense de lâenvironnement plaident pour la vulgarisation des économies vertes et des activités de développement durable.
Colonel Alioune Ndiaye fait principalement de lâarboriculture biologique. Dans ses champs, on retrouve des citronniers, des manguiers, des anacardiers, des orangers et des papayers. Il nâutilise pas les engrais chimiques et les pesticides.
ââCertains paysans forcent le sol avec lâutilisation des engrais chimiques. Mais ces méthodes tuent la terre car chaque année, il faut en mettre plusââ, explique t-il.
Utilisation des fertilisants naturels

Dans la commune de Diender, les paysans utilisent plusieurs méthodes pour obtenir de lâengrais naturel. Cette technique leur permet aussi de garder les légumes aussi longtemps que possible après la récolte.
Pour vulgariser ces pratiques, des formations sur le compostage, le phosphatage sont organisées pour renforcer les capacités des producteurs locaux.
La fédération des agropasteurs de Diender dit même disposer des unités de compostages dans la commune de Mbawane et dans celle de Bayakh.
ââVous coupez les herbes, vous les broyez, vous les mélangez avec le sol, vous avez de lâengrais naturel. Vous récupérez les bouses de vaches, de moutons, des ânes, vous en faites un bon traitement. Cette technique fertilise le sol égalementââ, souligne le colonel Alioune Ndiaye.
Autre localité où lâagriculture bio tente de bousculer lâagriculture conventionnelle, le village de Keur Moussa, situé à un (01) Km de Diender.
Culture de lâoignon et dit nâutiliser que des fertilisants bio

ââDans notre localité, la plupart des paysans sont dans lâagriculture conventionnelleââ, signale cet agriculteur trouvé surplace, la bèche sur les épaules sous un soleil au zénith.
Pourtant dans cette même localité, Mame Coumba Guèye, mère de famille est citée comme exemple dans lâagriculture biologique. Elle sâactive surtout dans la culture de lâoignon et dit nâutiliser que des fertilisants bio.
ââAvant de faire la semence, on fait dâabord le compostage avec les feuilles dâarbres, la paille, les écailles des poissons et les déchets des animaux. Ce mélange vous donne de lâengrais biologique très rentable et très efficace pour la durabilité des solsââ, explique-t-elle.
ââCeux qui sâactivent dans lâagroécologie dans ce village ne sont pas nombreux. Au début, câétait seulement les femmes qui utilisaient ce système mais avec lâappui de la fédération dans la formation et dans la sensibilisation sur les cultures biologiques, les gens commencent à comprendre les avantages de ce systèmeââ, poursuit-t-elle.
La Fédération nationale pour lâagriculture biologique (FENAB), créée en mars 2008, regroupe des organisations de producteurs, de vendeurs, de transformateurs, de consommateurs et dâorganisations dâappui.
Le siège de cette fédération se trouve à Thiès. Elle Åuvre pour le développement de lâagriculture biologique au Sénégal.
Dans la zone des Niayes, ils sont nombreux, les paysans qui sâadonnent aux cultures conventionnelles avec lâutilisation des engrais chimiques.
Techniques qui dégradent notre biodiversité animale et végétale

Mais à en croire le coordinateur du FENAB, Ibrahima Seck, cette technique a montré ses limites.
ââCette forme dâagriculture qui utilise des engrais chimiques, des herbicides et dâautres intrants chimiques a fini de polluer nos terres arables. Ces techniques dégradent notre biodiversité animale et végétaleââ, dénonce le coordinateur.
Selon, Ibrahima Seck, les cultures biologiques favorisent la biodiversité et réduisent les risques environnementaux.
ââLâagroécologie est un système de production agricole qui permet la résilience face aux chocs exogènes, mais aussi facilite notre adaptation aux changements climatiques. Ce système permet aux producteurs de mettre sur le marché, à chaque période, des produits à des prix rémunérateursââ, soutient-il.
Pour la formation des producteurs

La fédération des agropasteurs de Diender a été créée en 1982, suite à une grande sécheresse qui affecta la zone des Niayes, entrainant une baisse de la production. Elle appuie les producteurs de Diender dans la formation et dans la sensibilisation.
Mactar Ndoye, habitant Mibidiem dans la commune de Diender, est le président de la fédération depuis 2015.
ââDans le cadre de la promotion des économies vertes, nous avons formé 370 producteurs de mangues et plus de 600 producteurs de légumes. Nous avons formé avec lâappui de nos partenaires, 300 femmes dans lâagriculture biologiqueââ, explique Mactar Ndoye.
ââDans la zone de Diender, nous cultivons des choux, des oignons, de la mangue, de la pomme de terre, du poivron et dâautres légumes. Pour les cultures biologiques, nos récoltes peuvent aller jusquâà 160 tonnes par saisonââ, a-t-il-ajouté.
Utilisation des énergies renouvelables dans le maraîchage

Lâutilisation des énergies renouvelables comme le solaire dans les champs de Diender reste un grand défi pour la fédération des agropasteurs de la localité.
A Diender, la transition écologique est déjà une réalité chez beaucoup de paysans. Le colonel Alioune Ndiaye dispose dâun système solaire qui lui permet dâirriguer son champ et dâéconomiser de lâeau.
ââAvec le solaire, tu dépenses moins et surtout, câest une méthode très efficace et cela te permet dâéconomiser de lâeau dans lâarrosage des plantationsââ, dit-t-il.
ââNous sommes en train de sensibiliser les populations pour quâelles aillent vers le solaire. Jâavoue que ce nâest pas facile mais elles vont comprendre dans le futur, jâen suis persuadéââ, ajoute-t-il avec un large sourire.
Agriculture biologique pour la nutrition
Un projet a été mis en place, en 2015, dans le cadre dâune coopération avec lâOrganisation des Nation Unies pour lâalimentation et de lâagriculture (FAO) pour lier lâagriculture biologique et la nutrition avec la formation de plus de 300 femmes dans le cadre de cette initiative.
ââOn a combiné lâagriculture biologique avec la nutrition. On a formé les femmes qui travaillent dans la cuisine sur ce dont lâhomme a besoin pour son alimentation et surtout les jeunesââ, a fait savoir Mactar Ndoye.
Mame Coumba Guèye fait partie des femmes qui ont bénéficié de cette formation. Elle maitrise les techniques nutritionnelles avec lâutilisation des produits biologiques. Selon elle, lâalimentation biologique est ââtrès efficaceââ surtout pour les enfants atteints de la malnutrition.
ââOn prépare des plats à base dâarachide et dâharicots. Ces plats constituent des sources importantes de protéines et de fibres alimentaires et peuvent aider certains enfants à grandir sans effets secondaires sur la santéââ, souligne-t-elle.
Un marché bio pour une meilleure commercialisation

Les paysans qui sâactivent dans lâagriculture biologique dans la zone des Niayes veulent avoir un bon cadre pour la commercialisation de leurs produits.
ââNous voulons un marché biologique. Cela nous permettra de valoriser nos produitsââ, dit M. Sadio un producteur de la commune de Bayakh.
Au marché Notto Gouye Diama, principal point de ventes, les produits bio comme les produits conventionnels sont vendus au même prix. Ce qui ne favorise pas les agriculteurs biologiques.
ââLes légumes bio sont de bonnes qualités mais malheureusement , nous nâavons pas un bon cadre pour les commercialiser. Par conséquent, nous ne vendons pas bien. LâEtat doit nous aider à avoir un marché pour la commercialisation des cultures biologiquesââ, plaide-t-il.
Les agriculteurs restent optimistes et espèrent une forte adhésion des populations au système agriculture biologique. Ils sollicitent aussi lâappui des autorités compétentes pour avoir de bons circuits de ventes des produits biologiques dans la zone des Niayes.













