Entre les deux hommes, les sujets de désaccord ne manquaient pas. Et finalement Donald Trump a décidé de s’en séparer, l’annonçant, fidèle à son habitude, dans un tweet : « Jâai informé John Bolton que nous n’avions plus besoin de ses services à la Maison Blanche. » C’est le 3e conseiller à la sécurité nationale à être limogé en seulement deux ans et demi.
Un limogeage de plus façon Trump : soudain, violent et spectaculaire. « Jâétais en désaccord avec lui sur nombre de sujets », précise le président américain. Alors que John Bolton, lui, présente une version différente, laissant entendre que ce serait plutôt lui qui aurait démissionné.
I informed John Bolton last night that his services are no longer needed at the White House. I disagreed strongly with many of his suggestions, as did others in the Administration, and therefore….
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) ಸà³à²ªà³à²à³à²à²¬à²°à³ 10, 2019
Cet énième départ renforce en tout cas lâimpression de chaos au sommet de lâadministration Trump, dans un climat diplomatique tendu et incertain.
Depuis plusieurs semaines, Washington envoie des signaux contradictoires, en particulier sur le dossier iranien, entre fermeté et volonté de discussion. Le départ de Bolton intervient aussi 48 heures après lâannulation dâune rencontre secrète avec les talibans.
Autant de sujets sur lesquels Trump était en désaccord avec son conseiller à la sécurité nationale, par ailleurs hostile à sa politique de la main tendue envers le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Connu pour être un va-t-en-guerre, John Bolton est violemment opposé à toute idée de multilatéralisme, partisan dâune Amérique militairement interventionniste.
Il nâa jamais masqué, par exemple, son désir de changer de régime en Iran et aurait reproché à Donald Trump son manque de fermeté sur ces dossiers.
Son départ offre de nouvelles opportunités, commente donc sur Twitter le président dâInternational Crisis Group. « Espérons, dit-il, que le président les saisira. »
⺠Analyse
Faut-il parler de la fin d’un cycle diplomatique à Washington ? Réponse avec le chercheur Corentin Sellin, spécialiste des Ãtats-Unis.

Est-ce quâil y aura une inflexion? Non, on serait plutôt tenté de dire quâon va continuer dans cette inconstance, dans cette imprévisibilité de la politique étrangère et de défense sous Donald Trump qui est de plus en plus liée aux impulsions dâun président insaisissableâ¦













