Selon Mediapart, le Bayern Munich, la Juventus Turin, le Real Madrid et le FC Barcelone ont menacé de créer leur propre compétition fermée pour obtenir une réforme avantageuse de la Ligue des champions. 

Les mastodontes du football européen ont-ils fait pression sur l’UEFA pour maximiser leurs profits, et ce au détriment de leurs partenaires moins privilégiés, dont les clubs français?

Dans le cadre des Football Leaks, l’European Investigative Collaboration (ICE) révèle samedi qu’un groupe formé par le Bayern Munich, le FC Barcelone, la Juventus de Turin, et le Real Madrid auraient tenté de faire chanter l’instance du football européen pour imposer une réforme avantageuse de la Ligue des champions, le tout en menaçant de créer leur propre ligue fermée concurrente. On vous résume l’affaire.

La double casquette de Rummenigge. 

En août 2016, l’UEFA a réformé la Ligue des champions, donnant notamment aux quatre principaux championnats européens (Espagne, Allemagne, Angleterre, Italie) quatre accès directs à la phase de groupe.

Une situation avantageuse par rapport, par exemple, au championnat de France, qui bénéficie seulement de deux places assurées (plus une optionnelle). 

Comme le rappelle Mediapart, cette réforme était également venue changer la répartition des revenus de la compétition entre les participants, au détriment des équipes moins riches ou de celles échouant lors des barrages ou celles qualifiées en Ligue Europa. Mais pourquoi ?

« Cette réforme a été imposée par une société secrète aux allures de cartel », écrit Mediapart, citant donc le Bayern Munich, le FC Barcelone, la Juventus de Turin, et le Real Madrid.

Et si la réforme avait déjà fait grincer des dents au moment de son vote, les « Football Leaks » révèlent que les quatre membres du « cartel » ont négocié et fait pression sur l’UEFA dans le dos des autres membres de l’ECA, le syndicat officiel des clubs européens, dont sont pourtant membres les quatre clubs, et alors que président du Bayern Munich Karl-Heinz Rummenigge n’est autre que… le président du syndicat.

Rummenigge et ses homologues du « cartel » auraient donc fait pression sur l’UEFA, en tentant de transformer la Ligue des champions en une Super Ligue.

Et de menacer, en cas d’échec des discussions, de créer leur propre Super Ligue qui serait venue concurrencer la prestigieuse compétition européenne.

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Selon le scénario adopté par le « cartel », rejoint un temps par Manchester United, Arsenal, et le Milan AC, la Super Ligue rêvée n’aurait comporté que 24 clubs au lieu de 32, parmi lesquels 16 clubs permanents, permettant donc aux clubs membres de cette nouvelle compétition fermée de maximiser leurs gains de manière significative.

L’UEFA cède aux exigences du « cartel ». 

Si le projet de Super Ligue a finit par être abandonné, l’UEFA a tout de même fini par céder à la majorité des revendications des membres de ce club très privé.

Le « cartel » a notamment obtenu la cogestion de la Ligue des champions par l’UEFA et l’ECA. Les secrétaires généraux du Bayern, du Barça et de la Juventus sont donc devenus administrateurs de la Ligue des champions.

L’UEFA a également cédé sur la répartition des revenus de la compétition. Alors que 40% des revenus touchés par les participants à la Ligue des champions dépendaient du montant des droits TV payé dans leur pays, ce taux a été abaissé à 15, tandis que 25% des recettes « dépendent désormais des performances passées du club dans les compétitions européennes », écrit Mediapart.

Et si les quatre clubs n’ont pas obtenu la réduction de la compétition à 24 équipes, ils ont néanmoins obtenu les quatre places garanties pour les quatre premiers de leur championnat.

La réforme a ensuite été votée à l’unanimité. Une victoire totale, donc ? Oui, mais…  Malgré la réforme de la compétition, le projet de Super Ligue pourrait en effet n’avoir pas été totalement abandonné.

L’ICE révèle en effet l’existence d’un mail envoyé « dans la nuit du 22 octobre 2018 » « à l’assistante de Florentino Perez, président du Real Madrid, et à ses deux adjoints ».

Émanant d’une firme financière basée à Madrid, Keys Capital Partners, le document est « un accord préliminaire contraignant » visant à créer une « Super Ligue européenne » à partir de 2021, pour une durée de 20 ans.

Cette compétition rassemblerait 16 équipes dont 11 fondateurs, le Bayern Munich, le Real Madrid, Barcelone, la Juventus, le PSG, le Milan AC, Manchester United, Manchester City, Chelsea, Liverpool et Arsenal. 

À ces membres fondateurs viendraient s’ajouter 5 invités, l’Atlético Madrid, l’AS Roma, l’Inter Milan, le Borussia Dortmund et Marseille.

Selon l’ICE, le document indique que « la signature des 16 clubs est prévue en novembre 2018 », et que la compétition serait gérée par une société espagnole et contrôlée exclusivement par les clubs fondateurs. 

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