
Alors que des parlementaires américains, outrés par les scandaleux propos racistes du Président tenus à la Maison Blanche sâen sont offusqués et les ont diffusés, escomptant une indignation mondiale, certains de nos compatriotes ivoiriens les approuvent. Comme semblent le montrer leurs réactions sur les réseaux sociaux, ils trouvent normal que le  président Américain Donald Trump traite les pays africains de « pays de merde » et quâil préfère accueillir des Norvégiens aux Etats-Unis.
Cette étrange approbation obéit à des motivations inavouables et cachées qui sâenracinent dans une vision politique elle-même corrompue et liberticide, quâil faut dénoncer sans ambigüité et combattre.
 On notera quâil y eut des pro-Trump africains durant la campagne présidentielle américaine. Certains Africains approuvèrent les diatribes racistes ethno-nationalistes et populistes du candidat Trump. Soutenues par les manÅuvres de désinformation et de manipulation de lâopinion, à lâétonnement du monde entier, cet individu manifestement peu recommandable, et ouvertement raciste, a été élu à la Présidence de la plus vieille démocratie du monde moderne.
Est-il alors étonnant que certains, en Côte dâIvoire, fassent entendre leur consentement dissonant au sein de lâUA, à lâoccasion de la nième insulte de lâethno-nationaliste et du populiste américain Donald Trump contre les Africains ?
Même si les pays africains sont minés par la corruption et la mauvaise gouvernance, ce type de propos insultant, qui porte atteinte à notre dignité dâhomme, nâa pas à être tenu.
Il nous appartient de relever, par notre souveraine décision,  le défi de la bonne gouvernance et de lâexemplarité politique, sociale, économique.
Mais quâune incarnation de corruption politique, tel Donald Trump, qui tente régulièrement  de piétiner le principe démocratique sacro-saint de la séparation des pouvoirs pour satisfaire son hubris mégalomaniaque de domination, puisse qualifier nos pays de pays de « merde » devrait susciter notre indignation unanime en Afrique.
Quâun exemple emblématique de la duplicité, de lâinconsistance morale et intellectuelle, de la brutalité, de lâaffairisme, et du cynisme , tel Donald Trump, qui nâa pu conquérir la Présidence des Etats-Unis quâà la suite dâun électorat systématiquement désinformé, trompé et abusé vienne nous injurier, devrait susciter une indignation unanime dans le monde.
Il est donc nécessaire dâexpliquer la position étrange de certains de nos compatriotes qui approuvent ces injures et les considèrent justifiées. Certains candidats potentiels à la Présidentielle ivoirienne de 2020, en quête dâalliance avec les ethno-nationalistes ivoiriens, y sont allés de leurs commentaires approbateurs justifiant les propos scandaleux de Donald Trump.
Il est à remarquer que les thématiques de la dénonciation de la corruption des pouvoirs africains et de la réconciliation nationale constituent  la substance de leur discours électoraliste.
La nature de ce discours est la cause explicative de cette approbation. Aux Etats Unis, comme en Côte dâIvoire, le populisme et lâethno-nationalisme avancent masqués sous la dénonciation de la corruption des pouvoirs établis, de la mondialisation, dâune prétendue invasion du pays par des étrangers, dâun prétendu  bradage de ses richesses et de sa souveraineté aux intérêts étrangers.
Au-delà de lâapparente indignation morale et politique contre la corruption, et contre un règne de pouvoirs liberticides, les approbations ivoiriennes et africaines  des injures racistes scandaleuses de Donald Trump sont motivées par une séduction du discours identitaire et du populisme.
En Côte dâIvoire, comme ailleurs en Afrique, les injures de Donald Trump apportent une caution aux thématiques identitaires et populistes de défense de lâidentité nationale et de dénonciation de la corruption des élites. Les injures de Donald Trump contre les pays africains légitiment, aux yeux des entrepreneurs politiques africains, le discours ethno-nationaliste et populiste qui leur apparaît, ainsi, comme étant des armes efficaces à utiliser pour conquérir le pouvoir dâEtat.












