Les éléments de langage et les pratiques de la fraction du PDCI anti-RHDP Parti unifié font légitimement douter de sa prétention à être dépositaire de lâesprit du PDCI-RDA (cf. Ce quâest lâhouphouëtisme, mémoire commune du PDCI et du RDR. Cedea.net, décembre 2017). Comme le FPI, elle identifie de manière significative, conformément à sa vision idolâtre et communautariste du politique, le PDCI-RDA  à un temple, alors quâun parti politique en démocratie nâest jamais un temple mais une institution de la République.
 Contrairement à la vision sociétale de lâhouphouëtisme, celle de la fraction anti- RHDP Parti unifié, comme en atteste ses éléments de langage et ses positions politiques, est fondée sur la séparation et lâopposition de lâethnicité et de modernité.
La fraction anti-RHDP Parti unifié rejette la nation moderne qui procède nécessairement de lâÅuvre intégratrice de lâÃtat, Åuvrant au rassemblement de la diversité des peuples dans lâégalité et la citoyenneté sous le régime de la République après la conquête de lâIndépendance.
En son sens moderne, la Nation est lâunité nationale de la pluralité des peuples et des particularismes culturels. Cette acception moderne est la conception houphouëtiste de la nation.
La nation, que prétend incarner le PDCI identitaire anti-RHDP Parti-unifié, est au contraire une unité imaginaire dâautochtones préexistante à la construction de lâEtat.
Cette fraction récuse pour cela lâEtat national, fondé sur le dialogue entre lâunité et la pluralité, à travers lâintégration de la diversité et la libre expression des particularismes, à partir du 07 août 1960. Elle rejette cet Ãtat-national qui procède de la volonté de vivre-ensemble des peuples qui ont conquis collectivement lâindépendance politique dans la lutte anticolonialiste.
Ce refus profond de lâÃtat-national ivoirien, construit au fil du temps par les peuples après la conquête de lâIndépendance de notre pays en 1960, explique la volonté du PDCI identitaire de se coaliser avec le FPI pour engager une seconde lutte dâindépendance, en vue de donner un Ãtat aux soi-disant autochtones.
Briser Ãtat-nation ivoirien au profit dâun Ãtat nationalitaire, tel est le programme politique réel du PDCI anti-RHDP Parti unifié qui invite les Ivoiriens qui se reconnaissent dans sa vision à le rejoindre.
Les alliances quâil tente ouvertement dâamorcer avec les adversaires les plus résolus de lâhouphouëtisme prouvent éloquemment que la dénonciation du RHDP Parti-unifié est une dénonciation de la vision houphouëtiste de la société Ivoirienne
Leur vision est celle de lâethno-nationalisme et de lâautocratie. Elle nâest en aucun cas démocratique. Récusant lâhétérogénéité de la société et réduisant le pouvoir dâÃtat à un patrimoine lignager et personnel, elle est anti-houphouëtiste.
L’échiquier politique ivoirien demeure donc toujours partagé entre deux forces principales auxquelles il faut ajouter une mouvance dâautocrates soucieux de conquérir le pouvoir dâÃtat pour leur usage personnel et prompts de ce fait à rechercher des « alliances » avec les tenants de lâÃtat communautaire qui favorise la dictature.
Face aux forces réactionnaires anti-démocratiques et anti-républicaines du nationalisme ethnique et du populisme, se dressent donc sur lâéchiquier politique ivoirien les forces progressistes démocratiques et républicaines parmi lesquelles comptent aussi les petits partis qui peinent à émerger, à gagner  en visibilité et qui devraient pour cela clarifier leurs discours.
Les forces réactionnaires mobilisent des discours et des pratiques dâexclusion. Elles en appellent à une dévolution monarchique du pouvoir dâÃtat et à lâadoubement, à des alliances modelées sur le regroupement clanique et motivées par le souci dâaccaparement du pouvoir.
Leur programme politique est d’homogénéiser la société en vue de bâtir une nation communautaire. Leur projet sociétal est d’instituer un Ãtat communautaire peuplé d’autochtones dirigé par un autocrate et des représentants lignagers.
Les forces progressistes mobilisent des discours et des pratiques d’inclusion sociale et d’intégration nationale du territoire. Leur programme politique est d’améliorer le régime de démocratie républicaine par des réformes efficientes,  de renforcer la Nation démocratique pour moderniser.
Ce programme consiste à promouvoir l’égalité de condition entre les Ivoiriens, à développer les talents, à mobiliser les génies culturels des peuples pour promouvoir un développement endogène.
Il est publiquement porté, comme il se doit, à la connaissance du peuple souverain à travers le libéralisme de type houphouëtiste que le gouvernement RHDP affiche ouvertement et met en pratique à travers les actes de gouvernance et dans le discours.
L’affrontement politique ivoirien est donc un combat entre nationalistes réactionnaires, autocrates oligarques et libéraux progressistes. Les discours et les actions des protagonistes l’attestent. Il importe d’avoir bien à l’esprit cette dimension de l’affrontement politique ivoirien. C’est une boussole qui doit éclairer nos positions et nos choix respectifs maintenant et en 2020.












