Bien qu’extrêmement populaire dans les régions pauvres grâce aux programmes sociaux engagés au cours de ses deux mandats (2003-2010), l’icône de la gauche est aussi cordialement détesté par une partie des Brésiliens, certains ayant manifesté mercredi à Porto Alegre, mais aussi à Sao Paulo et Rio de Janeiro.

« Lula pense qu’on ne peut pas enquêter sur lui? Il se prend pour Dieu », a déclaré à l’AFP-TV Francini Rana, une manifestante à Sao Paulo. « Il faut qu’il aille en prison, il doit être condamné ».

– ‘Vaste réseau de corruption’ –

Lula est accusé d’avoir reçu un triplex en bord de mer du groupe de bâtiment OAS en échange de l’attribution de marchés publics de Petrobras pendant sa présidence (2003-2010).

Le juge Grebran Neto, premier à voter lors du jugement en appel, a affirmé qu' »il exist(ait) des preuves au-delà de tout doute raisonnable » que « ce triplex était réservé au président Lula ».

« L’ex-président était un des principaux artisans, sinon le principal, d’un vaste réseau de corruption (…) qui a fragilisé non seulement le fonctionnement de Petrobras, mais de tout le processus politique du Brésil », a-t-il asséné.

L’avocat de Lula, Cristiano Zanin Martins, avait auparavant affirmé que le triplex au coeur de la procédure « n’appart(enait) pas à Lula » mais à OAS et que l’icône de la gauche « n’en a jamais reçu les clés et n’y a jamais passé une nuit ».

Ses partisans ont également relevé que la justice brésilienne avait fait montre d’une célérité inhabituelle dans la procédure visant Lula et que les preuves contre lui, qui reposent sur une délation, étaient bien minces.

Mais les déboires de l’ex-président avec la justice sont loin de s’arrêter à l’affaire du triplex: il est aussi visé par huit autres procédures, six déjà en cours et deux mises en accusation à venir.

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