
Près de 7 millions dâélecteurs tunisiens sont appelés à élire leurs 217 députés, ce dimanche 6 octobre. Ce scrutin législatif à un tour se tient entre les deux tours de lâélection présidentielle, qui a connu un fort vote anti-système il y a trois semaines. Le taux de participation aux élections législatives à 14h30 se situait 23,49% au niveau national. A l’étranger, le taux de participation à 15h était de 12%, dont 68% pour les hommes et 32% pour les femmes.
Sur cette artère bruyante du Kram, en banlieue tunisoise, une cinquantaine de personnes faisaient la queue avant même lâouverture du bureau de vote ce dimanche. Des visages plutôt âgés, à lâimage de Fatma, qui est retraitée.
Aujourdâhui, elle a convaincu son mari de lâaccompagner pour voter afin, dit-elle, de mettre de nouveaux visages à lâAssemblée car la déception est trop grande. « Câest trop difficile maintenant, explique-t-elle. La vie, ce nâest pas bien. Câest fini avec les autres. Les autres, ce nâest pas bien. »
Les bureaux de vote ouvrent en Tunisie.
Plus de 15 000 candidats répartis sur 1 500 listes sont en lice pour briguer les 217 sièges de lâARP.#TnElec2019 pic.twitter.com/ZMJq65Qr6Aâ Michel Picard (@PicardPress) ಠà²à³à²à³à²¬à²°à³ 6, 2019
à quelques pas, on trouve des cafés aux terrasses ombragées où des hommes dissertent. Les abstentionnistes sont nombreux mais ne veulent pas sâexprimer au micro. Ahmed Chaoui, pour sa part, est dâaccord avec eux, même il a fait lâeffort de se rendre aux urnes totalement désabusé.
« Jâai voté déjà , ça y est, raconte-t-il. On manque de loisirs dans le pays alors câest une façon de nous faire croire quâon est démocrates. Voilà . »
Nouveau souffle au Parlement
Lâun des rares jeunes croisés dans le bureau de vote, Zach, croit en lâavenir de son pays. à 29 ans, il espère un nouveau souffle au Parlement.
« Nous aujourdâhui, si on nâessaie pas de changer notre système, si on ne peut pas faire ça, alors qui va le faire ?, demande-t-il. Tout changement nous aide à espérer. On a déjà eu cinq ans, même plus, donc on ne peut pas espérer avec le même visage. Câest changer et après on va voir si ça donne ou si ça ne donne pas. Mais on ne peut pas espérer avec le même visage. »
Cette soif de changement, perceptible aux abords des centres de vote, devrait donner naissance à un hémicycle totalement recomposé. Les résultats officiels ne sont pas attendus avant plusieurs jours.⨠Trois semaines après le 1er tour d’une présidentielle qui a vu naître un certain renouveau dans le paysage politique tunisien, les électeurs ont jusqu’à 18h heure locale, 19h heure de Paris, pour glisser leur bulletin dans l’urne.
La participation, un des principaux enjeux
Les électeurs vont-ils répondre présents pour désigner les membres de lâARP, lâAssemblée des représentants du peuple ? Dans les bureaux de vote, lâaffluence est bien plus faible quâau premier tour de la présidentielle le mois dernier.⨠Lâélan qui a écarté il y a trois semaines les représentants des partis au pouvoir, pourrait de nouveau souffler sur ce scrutin. â¨
La campagne présidentielle a en quelque sorte éclipsé ces législatives et le vent de dégagisme devrait se confirmer en faisant entrer à lâAssemblée de nouveaux visages. La dégradation de la situation économique et les promesses non tenues, huit ans après la révolution, pourraient donner un nouveau souffle à la transition démocratique, loin des partis qui ont jusque-là gouverné le pays.
Le parti en tête aura la lourde tâche de former un gouvernement qui devra, dans les deux mois, passer par un vote majoritaire de la nouvelle assemblée. Lâélection de nouveaux députés issus de nouveaux partis ou de la multitude de listes indépendantes devrait créer une véritable mosaïque parlementaire avec laquelle le parti en tête nâaura dâautre choix que de composer des alliances.












