Lendemain de Korité est l’étape charnière de bonnes affaires des vendeurs de poulets au Sénégal. La rareté crée de la valeur.

Ce principe de l’économie a pu se vérifier encore une fois durant la Korité.

La forte demande en poulets a fait l’affaire des aviculteurs, réalisant jusqu’à 1.000 FCfa de bénéfices par poulet.

La fête de la Korité a été faste pour Modou Diouf. «J’ai vendu toute ma production, contrairement à l’année dernière», se réjouit le jeune homme, dans l’aviculture depuis près de dix ans.

La célébration de la Korité a été bénéfique pour lui.

Avec près de 200 poulets vendus en l’espace de 10 jours, l’homme de grande taille, la silhouette frêle, s’en est bien sorti.

«Cette année, je n’ai vendu aucun poulet à 2.500 FCfa. Les prix ont varié entre 3.000 et 4.000 FCfa, dit-il.

Du coup, je me suis retrouvé avec un bénéfice variant entre 200 et 500 FCfa par sujet», explique-t-il.

«S’il faut tirer un bilan, je dirai que c’est l’une de mes meilleures campagnes. À l’état actuel, je ne peux vous donner le bénéfice global, car je n’ai pas fini de recouvrer», ajoute Modou.

Il faut rappeler que cette année, une tension était notée sur le marché pour l’approvisionnement en poulets durant la Korité.

Lendemain de Korité au Sénégal est bonnes affaires des vendeurs de poulets

Entre autres facteurs, les acteurs évoquent la pandémie de Covid-19, la découverte d’un foyer de grippe aviaire à Pout en début d’année ou encore la hausse du prix de l’aliment de volaille.

Adama Sène, lui, ouvre un congélateur vide en ce vendredi, lendemain de la Korité.

L’aviculteur établi au quartier Tivaouane, à Thiaroye, dit avoir même repoussé des commandes à l’occasion de cette fête.

«À deux jours de la fête, il ne me restait plus de poulets.

Des clients ont dû rebrousser chemin, dans la plus grande désolation», dit-il, bonnet sur la tête.

Quant à son bénéfice exact, le quadragénaire fait dans le clair-obscur.

«Quand il y a pénurie, les prix grimpent forcément. Du coup, des poulets vendus à temps normal à 2.500 FCfa sont proposés à 3.500 voire 4.000 FCfa.

C’est la loi du marché au Lendemain de Korité. Donc tout ce que je peux vous dire, c’est que la campagne a été fructueuse», rit-il.

Un filon pour les businessmen

Ousmane Faye n’imaginait même pas investir le marché des poulets, car il n’a jamais été dans l’aviculture.

Ayant senti une tension dans l’approvisionnement du marché, à une semaine de la célébration de la Korité, il a «ramassé» 100 poulets auprès d’un ami pour les revendre à des connaissances.

«J’ai déboursé 280.000 FCfa pour acheter des poulets à 2.800 FCfa l’unité. J’ai tout revendu à 3.500 FCfa le poulet. Au bout du compte, je me suis retrouvé avec une plus-value de 70.000 FCfa.

Avec la forte demande, l’occasion était belle et j’en ai profité», indique-t-il. Dépourvu d’espace propice à l’aviculture, Bassirou Niang a adopté la même formule.

Avec, certes, moins de moyens qu’Ousmane, il y est allé selon sa bourse.

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«J’ai vendu 42 poulets entre 3.500 et 4.000 FCfa, alors que je les avais acquis à 3.000 FCfa l’unité dans une station-service.

Ainsi, je me suis retrouvé avec plus de 20 000 FCfa de bénéfices», informe-t-il.

Comme quoi, le malheur des uns (les consommateurs) fait le bonheur des autres !

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