DÃRÃGLEMENT CLIMATIQUE – Marseille touchée par un tsunami ? C’est quasi sûr. Marseille sera touchée par un tsunami d’ici 30 ans, c’est quasi sûr selon l’Unesco. Selon l’Unesco, le risque de tsunami important en Méditerranée dans les trente prochaines années est de plus de 95%. Marseille serait touchée.
Marseille touchée par un tsunami ? C’est quasi sûr

Le risque de tsunami important en Méditerranée est de plus de 95% dans les 30 prochaines années, selon l’Unesco, qui exhorte les villes côtières à se préparer. Un tsunami pourrait bientôt frapper de grandes villes méditerranéennes, comme Marseille.
Il sâagit même dâune quasi-certitude comme lâexpliquait le 21 juin dernier lors dâune conférence de presse Vladimir Ryabinine, secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de lâUnesco.
Ce dernier a affirmé que les scientifiques estiment à plus de 95% la probabilité quâun âtsunami ait lieu au cours des 30 prochaines années en mer Méditerranéeâ.
Dès lors, de nombreuses villes se retrouvent en première ligne pour faire face à la catastrophe à venir, dont Marseille, Cannes, Alexandrie ou encore Istanbul.
Problème, si les communautés du Pacifique et de lâocéan Indien, où se produisent la plupart des tsunamis, sont conscientes des dangers, il reste généralement sous-estimé en Méditerranée.
Un travail de prévention et préparation semble alors nécessaire. Câest dâautant plus vrai que le risque de tsunami devrait augmenter avec lâélévation du niveau de la mer.
Extension du programme âTsunami Readyâ de lâUnesco

Afin dâaider à la protection face aux Tsunamis, lâUnesco a décidé dâétendre son programme nommé âTsunami Readyâ à toutes les zones à risque dans le monde dâici à 2030.
Plusieurs milliers de sites seront ainsi concernés contre 40 villes situées dans 21 pays actuellement.
Lâobjectif est de âsâassurer que 100% des populations côtières à risque soient prêtes à réagirâ face à une catastrophe.
Concrètement, cela signifie dresser un plan dâidentification de la menace, de sensibilisation et de préparation des populations pour y faire face.
âLes tsunamis de 2004 et 2011 ont été un signal dâalarmeâ, a déclaré pour The Guardian Bernardo Aliaga, expert en chef des tsunamis à lâUnesco.
Balayant de nombreuses côtes de lâOcéan Indien le 26 décembre 2004, le tsunami le plus meurtrier de lâhistoire, avait tué environ 230.000 personnes dans 14 pays.
En 2011, suite à un tremblement de terre au large du Japon, des vagues de près de 40 mètres ont tué environ 18.000 personnes.
D’autres grandes villes aussi »
Ces catastrophes ont servi dâapprentissage dans la douleur. Comme lâexplique pour The Guardian Bernardo Aliaga, ânous avons parcouru un long chemin depuis 2004.
Nous sommes plus en sécurité aujourdâhui. Mais il y a des lacunes dans la préparation et nous devons nous améliorer. Nous devons nous assurer que les avertissements sont compris par les visiteurs et les communautésâ.
Manque actuel de préparation
Pour se préparer au mieux, il faut tout dâabord pouvoir anticiper les tsunamis. à ce niveau, âdes travaux ont été réalisés pour établir 12 centres dâalerte aux tsunamis couvrant la majeure partie de lâocéan, y compris la Méditerranéeâ, relate Bernardo Aliaga. Parmi eux, cinq sont placés en Grèce, Turquie, Italie, France et Portugal. Néanmoins, le risque est régulièrement sous-estimé en Méditerranée.
La cause?
âLes événements ne sont pas très fréquents et le risque ne se traduit pas dâune génération à lâautreâ, explique lâexpert en chef des tsunamis à lâUnesco.
Or, la question nâest plus si, mais quand aurait lieu un tsunami sur les côtes méditerranéennes.
Car lâavertissement ne fait pas tout, il est aussi essentiel de préparer les populations en cas de catastrophe.
Et câest peut-être là quâil reste le plus de chemin à faire, car les habitants des villes côtières nâont jamais vraiment eu à faire face au risque de tsunami.
Afin dây remédier, en novembre dernier, la préfecture marseillaise a réalisé un exercice grandeur nature dans plusieurs communes (à Fos-sur-Mer et Martigues notamment).
Concrètement, il sâagit de mettre en place des plans dâévacuation, avec des alertes via haut-parleurs ou même par message Whatsapp.
Lâobjectif est dâévacuer rapidement. âSâil sâagit dâun tsunami local, vous avez 20 minutes maximum avant que la première vague ne frappe. La deuxième vague est plus importante et survient 40 minutes après la premièreâ, synthétise Bernardo Aliaga.
Dangerosité accrue par le dérèglement climatique

Ces mises en situation sont essentielles, alors que la menace se précise. Depuis la catastrophe de 2004, le centre dâalerte aux tsunamis dans le Pacifique de lâUnesco (hébergé par les Ãtats-Unis), en a recensé 125 pour une moyenne de sept par an.
Or, avec le dérèglement climatique et lâélévation du niveau des mers, les tsunamis voient leur dangerosité augmenter.
Câest notamment ce quâa présenté une étude de 2018 modélisant les tsunamis à Macao, en Chine.
Elle a révélé que lâélévation du niveau de la mer permettait aux tsunamis de se déplacer plus loin à lâintérieur des terres.
Même son de cloche pour Pascal Roudile, responsable du centre national dâalerte aux tsunamis (Cenalt) interrogé par Le Figaro durant lâexercice marseillais de novembre 2021.
âCe ne sont pas que des études. En mars 2021, un tremblement de terre de magnitude 6 dans le nord de lâAlgérie a provoqué des vagues (…).
Un degré de plus pourrait impacter nos côtes, avec une vague de plus dâun mètre qui (…) emporterait notamment voitures et piétonsâ. Dâoù lâimportance de prendre conscience de la menace que représente un tsunami.













