La manifestation devant lâAssemblée nationale à Dakar, le 5 février 2024. La Présidentielle 2024 reportée au Sénégal continue de faire les victimes sur son passage. La situation tendue à Dakar avant un vote de lâAssemblée nationale. Les députés sénégalais doivent débattre dâune proposition de loi constitutionnelle qui reporterait le scrutin de six mois maximum. Des manifestants ont été dispersés par les gendarmes à Dakar.
Présidentielle 2024 reportée au Sénégal : situation tendue à Dakar avant un vote de lâAssemblée nationale

La situation était encore très tendue au Sénégal, lundi 5 février, deux jours après le report sine die de lâélection présidentielle par le président, Macky Sall.
Après des heurts dimanche soir, dans la capitale, un rassemblement de protestation devant lâAssemblée nationale a été dispersé par les gendarmes, à lâaide de gaz lacrymogène.
Les députés ont entamé lundi lâexamen dâune proposition de loi constitutionnelle qui reporterait le scrutin de six mois maximum.
Lâapprobation requiert une majorité des trois cinquièmes des 165 députés. Elle nâest pas acquise. Le vote est prévu dans la journée. Adoption ou rejet, la situation demeurera hautement volatile.
Lâaccès aux données mobiles Internet a été coupé au moins dans plusieurs quartiers de Dakar lundi, ont constaté des journalistes de lâAgence France-Presse (AFP).
Le gouvernement avait déjà suspendu lâaccès en juin 2023, dans un contexte de crise politique. La mesure est devenue ailleurs un moyen de riposte courant pour endiguer la mobilisation et la communication via les réseaux sociaux.
LâUnion africaine appelle au « dialogue »

Le président de la Commission de lâUnion africaine, Moussa Faki Mahamat, a appelé, lundi dans un communiqué, les Sénégalais à régler leur « différend politique par la concertation, lâentente et le dialogue », après les tensions et les violences provoquées par le report de lâélection présidentielle.
Exprimant sa « préoccupation » sur le report de lâélection présidentielle, il demande aux autorités dâ« organiser dans les meilleurs délais les élections, dans la transparence, la paix et la concorde nationale ».
La Communauté des Etats dâAfrique de lâOuest (Cedeao), les Etats-Unis, lâUnion européenne, la France, partenaires importants du Sénégal, ont demandé de travailler à une nouvelle date dâélection.

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M. Sall avait annoncé samedi, quelques heures avant lâouverture de la campagne électorale, avoir signé un décret ajournant la présidentielle, qui devait avoir lieu le 25 février.
Lâannonce avait soulevé un tollé et fait craindre un accès de fièvre dans un pays réputé être un îlot de stabilité en Afrique de lâOuest, mais qui a traversé différents épisodes de troubles meurtriers depuis 2021.
Câest la première fois depuis 1963 quâune présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal, un pays qui nâa jamais connu de coup dâEtat, une rareté sur le continent.
Opposition soupçonne un plan pour éviter la défaite inévitable

Lâopposition dénonce une dérive autoritaire du pouvoir. Avec lâajournement de la présidentielle, elle soupçonne un plan pour éviter la défaite inévitable selon eux du camp présidentiel, voire pour prolonger la présidence Macky Sall, malgré lâengagement réitéré samedi par ce dernier de ne pas se représenter.
Le candidat du camp présidentiel, le premier ministre Amadou Bâ, est contesté dans ses propres rangs et fait face à des dissidents.

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Le président Sall a invoqué le grave conflit qui a éclaté entre le Conseil constitutionnel et lâAssemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de vingt candidatures et lâélimination de plusieurs dizaines dâautres.
Il a allégué du risque de contestation pré- et post-électorale et de nouveaux heurts comme en 2021 et 2023.
Kafunel Avec Le Monde , AFP
Publié aujourdâhui à 13h08, modifié à 15h03
(republication de lâarticle du 05 février 2024 à 08h00)
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