Avant dâaborder les conséquences du manque de rapports sexuels, il est important de définir ce qu’on entend par santé sexuelle. Dâaprès la définition de lâOMS (2002), « la santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité. Elle ne consiste pas uniquement en l’absence de maladie, de dysfonction ou d’infirmité (â¦) ».
Réponse de Lorenza Bettoli Musy
Sage-femme, conseillère en santé sexuelle et sexologue
Hôpitaux universitaires de Genève
La santé sexuelle fait ainsi partie intégrante de la santé de la personne dans un sens large. Des études montrent que la sexualité a des effets bénéfiques sur la santé. Elle constitue un aspect fondamental de la personne, participe à son épanouissement et au bien-être général. Elle évolue en fonction des étapes de la vie. Des apprentissages sont possibles à tout âge. Chaque personne et chaque couple vit sa sexualité comme bon lui semble.
La sexualité peut être vécue au sein dâun couple hétérosexuel ou homosexuel. Lâindividu peut également développer une connaissance de la sexualité par lui-même, à travers la connaissance de son propre corps par lâautoérotisme. La sexualité ne se limite pas seulement aux rapports sexuels avec pénétration. Elle est constituée dâéchanges affectifs, émotionnels et relationnels, mais aussi dâamour et de tendresse, dâattention et de respect de lâun pour lâautre, de découvertes de sensations corporelles.
Suivant les périodes de vie qu’une personne traverse, la sexualité peut être sporadique ou occasionnelle. Parfois, lâindividu vit des périodes dans sa vie où la sexualité peut être absente pour une période plus ou moins longue. L’abstinence ou l’absence de relations sexuelles peut ainsi découler dâun choix, d’une absence de désir sexuel ou d’une absence de partenaire. La fréquence des rapports sexuels peut aussi varier au cours des différents périodes de sa vie.
Le manque de rapports sexuels peut être la conséquence de l’apparition et/ou de l’existence d’une difficulté sexuelle passagère ou régulière qui peut se répercuter négativement sur le désir sexuel et agir sur la baisse du désir sexuel.
Nous vivons dans une société où la sexualité est omniprésente, avec parfois le sentiment qu’il faut être performant à tout prix et que la jouissance lors de chaque rapport sexuel doit être au rendez-vous. La sexualité épanouie est devenue une norme, il faut être « à la hauteur de la situation » sous peine de se sentir incapable face aux attentes de l’autre ou de soi-même. Parfois, l’individu peut ressentir la pression de la société.
Si l’absence de rapports sexuels pose problème pour soi-même ou au sein du couple et qu’elle est la cause d’une souffrance pour l’un ou pour l’autre, cela vaut la peine de consulter un spécialiste pour pouvoir en parler et trouver des solutions à la difficulté. Cela peut constituer un problème majeur si le couple souhaite un enfant et que lâabsence ou l’impossibilité d’avoir des rapports sexuels se répercute sur l’impossibilité de concevoir.
La sexualité devrait pouvoir se vivre si possible de manière épanouie, tout en respectant ses propres exigences, ses valeurs personnelles et de couple. Il n’y a pas de règles ni dâobligations en la matière, pourvu que la sexualité soit vécue dans le respect de soi et de lâautre, dans le cadre dâune relation consente et partagée.
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