Les quotidiens parvenus lundi à lâAPS traitent principalement du message à la nation du chef de lâEtat à lâoccasion du nouvel an, mais lâexclusion de 65 militants du Parti socialiste (PS) dont le maire de Dakar Khalifa Sall est un sujet qui nâest pas en reste dans la livraison du jour des journaux.
« De façon bien ordonnée, Macky Sall a ratissé large. Toutes les composantes de la société ont été saluées, parfois magnifiées, et globalement prises en compte par et dans le message présidentiel », écrit lâéditorialiste du quotidien national Le Soleil.
Il estime que le massage à la nation du chef de lâEtat à lâoccasion du nouvel an « est un chef dâÅuvre de discours court, concis à souhait et pénétrant par sa parfaite structuration ».
« Durant les 15 minutes quâa duré son message, le chef de lâEtat est revenu sur quelques réalisations et dressé un bilan reluisant des actions du gouvernent sur les plans économique, social et politique », note Sud Quotidien.
« Bref, ajoute ce journal, il a surtout été question, dans ce discours, dâun +bilan-programme+, puisquâil nây a rien de nouveau, ou presque, dans ce speech qui nâait été connu ou entendu des Sénégalais ».
« Du dialogue politique à la croissance économique en passant par lâéducation et la formation, les programmes Promovilles, PUDC et PUMA, la Couverture maladie universelle et lâemploi des jeunes pour freiner lâémigration clandestine, le Premier ministre avait déjà venu la mèche à travers sa déclaration de politique générale », le 5 décembre dernier, écrit Sud Quotidien.
Un discours « taillé sur mesure sur les urgences de lâheure et un rappel des réalisations effectuées, durant lâannée écoulée. Sur les 15 minutes de discours, analyse Vox Populi, presque les 5 ont porté sur la situation de lâéducation nationale et des perspectives dans ce sens ».
« Les belles intentions du président », affiche LâObservateur, selon lequel le discours à la nation du président de la République « se résume à lâinventaire de quelques réussites et à de belles intentions pour 2018 ».
ââUN ÅILÂ SUR LA PRÃSIDENTIELLE, OPÃRATION DE CHARME Ã LâENDROIT DES CIBLES FAVORITESââ
« Macky Sall reste dans lâaction », selon Libération qui revient sur les principaux points abordés par le président de la République dans son discours. Le quotidien Tribune lui juge que le chef de lâEtat « soigne sa clientèle », et rien de plus.
« Un Åil (toujours sur la présidentielle 2019, écrit Tribune, le chef de lâEtat poursuit son opération de charme à lâendroit de ses cibles favorites, au cÅur de son discours de fin dâannée ».
Enquête va plus loin, qui affiche à sa Une : « Macky ouvre la campagne » électorale pour la présidentielle 2019. Dâoù cette manchette impitoyable de Walfquotidien : « Macky à côté de la plaque ».
« Le chef de lâEtat est dans lâaction. Lâaction pour sa réélection lors de la présidentielle de 2019. Candidat à sa propre succession, Macky Sall a dévoilé les grandes lignes de sa prochaine campagne électorale lors de son discours de fin dâannée », souligne Walfquotidien.
Lâhistorien Mamadou Diouf, enseignant à lâUniversité Columbia (Etats-Unis), analysant les questions dâactualité pour le journal LâAs, affirme que « Macky Sall est revenu sur tout » dans son discours à la nation.
« Il est lâhéritier de Wade dans sa manière de penser la politique », analyse lâuniversitaire sénégalais, estimant que le président a par exemple « cassé le parti socialiste en mettant Tanor dans sa proche ».
Il fait ainsi référence à lâexclusion de Khalifa Sall et de 64 autres responsables et militants du parti socialiste considérés des proches ou soutien de lâédile de Dakar, en détention préventive depuis 7 mars dernier pour « détournement de fonds publics » portant sur 1,8 milliard de francs CFA.
Son procès, dont lâaudience préliminaire sâétait tenue le 14 décembre dernier, reprend mercredi, alors même que le bureau politique du PS a décidé samedi 30 décembre de son exclusion avec 64 autres personnes, des « frondeurs » pour la presse, des « dissidents », selon la direction de la formation socialiste.
« Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Barthélémy Dias, Bamba Fall, Idrissa Diallo, entre autres dissidents, ont été exclus du Parti socialiste. Cette décision qui concerne 65 personnes a été validée par le bureau politique » du PS, rapporte le journal Le Quotidien.
TANOR DIENG ââLIBÃRE KHALIFA SALL ET CIEââ
Cette exclusion est surtout lâépilogue de mois de lutte interne au sein dâun parti déchirée par une divergence dâorientation au sujet de lâappartenance à la coalition présidentielle, les pro-Khalifa Sall étant considérés comme les tenants dâune ligne prônant la fin du compagnonnage avec le pouvoir.
La ligne politique de lâactuel secrétaire général du PS, Ousmane Tanor Dieng, par ailleurs président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), se prévalant de la légitimité du parti, roule à fond pour un soutien de plus en plus affirmé au pouvoir auquel il participe à travers un représentant au sein du gouvernement.
Selon Sud Quotidien, en décidant de leur exclusion, Ousmane Tanor Dieng et ses partisans « libèrent » en fait Khalifa Sall et Cie, qui dénoncent « une +purge stalinienne+ », selon la formule du journal Le Quotidien.
Avec cette décision, le SG du PS « vient de démontrer que ses intérêts priment sur ceux du Parti socialiste. Bombardé président du HCCT avec en prime dâautres strapontins pour ses fidèles, le patron des verts semble décidé à continuer son compagnonnage avec Macky Sall », écrit Tribune.
« Câest désormais officiel. Le camp de Tanor sâest débarrassé de lâaile dure du parti (â¦) pour actes de violence, indiscipline caractérisée, activités politique parallèles, actes de défianceâ¦Â », signale Walfquotidien.
« Câétait dans lâair du temps », fait observer Enquête, évoquant « le jour des longs couteaux à Colobane », siège du PS dont le bureau politique a « approuvé, sans réserve, la proposition du secrétariat exécutif national ainsi que lâAG de secrétaires généraux de coordination dâexclure 65 » de leurs camarades.
Si lâon en croit Vox Populi, ces derniers ne comptent toutefois pas en rester là . Le journal ouvre en effet sur le « plan de riposte » de Khalifa et Cie, à travers la mise en place de « structures parallèles aux organes contrôlés par Tanor », sans compter quâun mouvement « Khalifa président » sera lancé bientôt, annonce Vox Populi.













