à la Une de la revue de presse Afrique du 19 janvier 2022 : contourner les sanctions de la Cédéao⦠à la Une. Le Premier ministre malien de Transition, Choguel Maïga, à New York, le 26 septembre 2021 (photo d’illustration).
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Contourner les sanctions de la Cédéao⦠à la Une de la revue de presse Afrique du 19 janvier 2022
Câest apparemment lâobjectif de la junte militaire au pouvoir au Mali, tant sur le plan économique que diplomatique.
« Les équipes de Choguel Maïga, le Premier ministre malien, lâavaient promis dès le 10 janvier, au lendemain des sanctions imposées par la Cédéao, pointe Jeune Afrique : un plan de riposte pour « sauvegarder la souveraineté du Mali » et « préserver lâintégrité du territoire national ». »
Eh bien, câest en cours, affirme Jeune Afrique : « cette riposte a pris la forme de pressions sur les établissements bancaires du pays. Bamako est en train dâinsister auprès des banques afin quâelles ignorent les consignes de lâinstitution régionale pour le paiement des salaires en particulier et le financement de lâÃtat en général. » Notamment, « interdiction formelle a été faite aux banques de geler les comptes de lâÃtat et de communiquer les positions de lâÃtat, domiciliées dans leurs livres de comptes. »
Guinée, Mauritanie, Algérie : des alliés vraiment ?
Dans le même temps, la transition malienne cherche des soutiens sur le plan diplomatiqueâ¦
En effet, pointe Sahel Tribune, « le Mali multiplie les démarches dans la sous-région dans le but de renforcer sa coopération avec des pays qui ont accepté de lâaccompagner, en maintenant leurs frontières ouvertes, pendant cette période difficile de son existence. Dâoù les tournées du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Après la Guinée, Abdoulaye Diop, accompagné dâune forte délégation, sâest rendu à Nouakchott en Mauritanie, lundi soir. Il devrait se rendre également en Algérie. »
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Ce contournement des sanctions est « risqué et difficile », estime Aujourdâhui au Burkina : « pas associée aux décisions de la Cédéao, la Guinée a décidé de secourir le proscrit malien. » Mais, sâinterroge le journal, « avec quelle efficacité ? La sous-région étant devenue un gros village, est-ce possible ? Quant à la Mauritanie, on sent le président Ghazaouani jouer sur du velours. Bien sûr, il veut aider le Mali. Certes, il y a la frontière terrestre et même le port de Nouadhibou, mais la Mauritanie fait partie du G5-Sahel, et elle nâignore pas que son économie est imbriquée au sein de la Cédéao. »
La junte frappe-t-elle aux bonnes portes ?
« Lâavenir du Mali peut-il se jouer en dehors de la communauté ouest-africaine ? », sâinterroge Le Pays, toujours à Ouaga. « Conakry, Nouakchott et Alger : Assimi Goita et ses compagnons frappent-ils aux bonnes portes ? Rien nâest moins sûr. On sait que lâinfrastructure portuaire de la Guinée nâa pas lâétoffe assez large pour satisfaire les besoins dâapprovisionnement du grand Mali. Pire, la Guinée elle-même nâest pas à lâabri de probables et futures sanctions de la Cédéao. Quant à la Mauritanie et à lâAlgérie, poursuit Le Pays, on sait que les distances qui les séparent de Bamako sont grandes et parsemées dâembûches. »
Alors, « lâoption la plus raisonnable pour le pouvoir de Bamako, estime le quotidien ouagalais, est de revoir son calendrier pour ouvrir des débats francs avec la Cédéao sur lâorganisation des élections pour un retour rapide à lâordre constitutionnel normal. Tout le reste nâest quâagitation stérile, vanité et manipulation qui nâauront pour effet que de complexifier davantage lâéquation malienne. »
« Convenir dâune durée raisonnable de la transition⦠»
« La priorité est comment sortir de cette situation malencontreuse », estime pour sa part lâex-Premier ministre malien Moussa Mara, interrogé par Le Point Afrique. « La question essentielle est dâidentifier ce qui est urgent et raisonnable à envisager sous la transition étant entendu quâelle ne peut durer éternellement. Il faut que les forces vives essentielles du pays se parlent pour convenir dâune durée résiduelle raisonnable de la transition, affirme Moussa Mara. (â¦) Je ne peux envisager le Mali se détourner ni de ses voisins immédiats ni dâautres pays africains. Je ne souhaite pas non plus voir le Mali jouer la division au sein des organisations ou entre les pays africains. Il existe une piste vertueuse de sortie de crise, conclut lâex-Premier ministre malien, celle qui prend racine entre nous et associe ensuite tous nos amis. Câest celle-là qui permettra dâéviter toutes autres initiatives malheureuses et porteuses de tensions. »
Par © Kafunel Avec © AFP













