Lâentreprise devrait bien communiquer avec les parties internes et externes sur la façon dont elle traite ses relations de bon voisinage. Pour ce faire, elle devrait sensibiliser ces parties, réaliser un plan de communication et mettre sur pied un comité de liaison.
3.1 Sensibilisation, information et formation des employés et des sous-traitants

Bien souvent, les employés de lâentreprise ou les sous-traitants sont en relation directe avec des membres de la communauté. Dans une démarche de bon voisinage, il est essentiel de bien comprendre toutes les interactions avec les voisins.
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Les sous-sections qui suivent présentent des informations et conseils pour sensibiliser, informer et former les employés et les sous-traitants avec efficacité.
» Sensibiliser les employés et sous-traitants à la nécessité de maintenir les bonnes relations de voisinage
La sensibilisation des employés et des sous-traitants de lâentreprise à lâenjeu des relations de bon voisinage constitue une étape cruciale dans une démarche de bon voisinage. Ces personnes constituent des acteurs importants de lâentreprise et leurs actions, attitudes et communications peuvent influencer la crédibilité et les relations que lâentreprise entretient avec son voisinage.
Dans le cadre de cet exercice de sensibilisation, lâentreprise devrait bien faire comprendre le contexte dans lequel elle évolue. Ses employés comprendront mieux leur rôle et seront plus motivés à participer au processus visant à maintenir des relations de bon voisinage. Cette sensibilisation peut se faire notamment en :
- Citant en exemple des situations réelles auxquelles lâentreprise est confrontée et pour lesquelles elle doit trouver des solutions;
- Présentant lâévolution de la notion dâenvironnement vers la notion de développement durable mais aussi en présentant les fondements de la «responsabilité sociale dâentreprise»;
- Informant les employés des conséquences susceptibles de découler dâun mauvais voisinage;
- Vulgarisant le jugement de la Cour suprême dans Ciment St-Laurent;
- Abordant la législation environnementale.
» Informer les employés et sous-traitants des conséquences pour lâentreprise du défaut de maintenir des relations de bon voisinage
En plus de bien comprendre la nécessité pour lâentreprise de maintenir des relations de bon voisinage, les employés et sous-traitants doivent comprendre que de mauvaises relations entre lâentreprise et son voisinage peuvent entraîner des impacts négatifs directs sur les opérations de lâentreprise.
Les pressions du voisinage peuvent influencer la rentabilité de lâentreprise, ses activités, ses heures de production, son développement, lâajout de nouvelles activités mais aussi certains emplois. La présentation dâexemples concrets, liés aux opérations de lâentreprise, constituent toujours une bonne façon de faire comprendre la réalité.
» Sensibiliser les employés et sous-traitants à leur rôle dâambassadeurs et représentants de lâentreprise
Les employés sont les représentants de lâentreprise. Ils sont des acteurs de la société. Ils portent un jugement sur leur employeur et discutent de leur travail.
En sensibilisant les employés aux actions de lâentreprise et à lâimportance dâentretenir de bonnes relations avec le voisinage, ces derniers seront en mesure de « défendre » lâimage de lâentreprise dans leur communauté.
Il importe donc que la communication des messages soit claire et uniforme afin que tous les employés diffusent le même message. Naturellement, plus lâentreprise est cohérente dans son message, plus elle sera crédible auprès de ses employés et plus ceux-ci adhéreront au message et le diffuseront à leur tour.
Il est important de ne pas négliger le fait que les employés constituent les ambassadeurs de lâentreprise. En leur fournissant des outils de communication clairs, ces derniers diffuseront les messages essentiels auprès de la communauté. Un formulaire avec questions et réponses, destiné aux employés et sous-traitants peut sâavérer très utile.
Ces derniers doivent cependant comprendre quâils ne sont pas les porte-parole officiels de lâentreprise mais quâils peuvent être appelés à répondre à des questions dans le cadre de leurs fonctions ou sur une base plus personnelle. Dans ce cas, ils doivent se limiter au message quâils sont autorisés à diffuser, prendre en note les coordonnées des personnes souhaitant plus dâinformations et laisser au porte-parole officiel le soin de communiquer avec celles-ci.
» Mettre en place un mécanisme de cueillette des perceptions et informations détenues par les employés
En entreprenant une démarche de bon voisinage, les employés devraient être consultés afin de connaître leur perception vis-à -vis des impacts potentiels des activités de lâentreprise sur le voisinage. Ce groupe peut fournir une perspective différente et permettre à lâentreprise dâajuster son plan dâaction.
Dâautre part, un processus pourrait être mis en place afin que les employés puissent aisément communiquer toute information pertinente de nature à affecter la réputation ou le maintien dâun climat de bonne entente avec le voisinage.
» Sensibiliser les employés au bénévolat ou au parrainage dans le voisinage
Lâentreprise citoyenne valorise lâengagement bénévole de ses employés dans la communauté. En plus de soutenir elle-même certaines causes, lâentreprise démontre son engagement envers ses employés et la communauté en soutenant les employés sur une base individuelle.
à ce titre, plusieurs avenues sont possibles :
- Offrir un soutien financier en définissant une politique de dons basée sur lâaction bénévole des employés;
- Libérer du temps de travail pour la participation des employés à des causes locales;
- Valoriser lâengagement social des employés en offrant des récompenses ou encore des prix de reconnaissance;
- Communiquer lâengagement bénévole des employés dans les publications internes ou externes;
- Mettre en place un programme de parrainage dans le voisinage.
3.2 Réalisation dâun plan de communication pour lâentreprise

Pour entretenir et améliorer des relations de bon voisinage, mais aussi pour maintenir de bonnes relations avec lâensemble des parties prenantes dans la communauté, il est important dâétablir et maintenir des liens de communication et dâéchange avec ces parties prenantes. Ces liens se construisent au fur et à mesure que la confiance sâinstalle et à partir de lâinformation qui est transmise, de lâouverture et de la transparence dont lâentreprise fait preuve.
Faute de disposer dâun mécanisme clair et précis de transmission de lâinformation, il existe un risque dâomission de certains éléments qui peuvent miner la crédibilité de lâentreprise et donner place à des rumeurs et des spéculations. Câest alors que le plan de communication prend toute son importance.
En somme, le plan cherche à définir de façon claire et précise les objectifs de communication. Il vise également à définir le «message» que lâentreprise veut véhiculer. Ensuite il convient de déterminer à qui ce message sâadresse et de quelle façon il sera transmis. Enfin, il conviendra de
définir le coût requis pour établir le plan, le temps qui devra être consacré à ce plan et la personne qui en sera responsable.
Le plan devrait démontrer lâapport de lâentreprise dans la communauté, la place quâelle y occupe et son engagement envers celle-ci. Lâentreprise devrait, avec son plan de communication, se construire un capital de sympathie et toujours déployer les meilleurs efforts pour trouver une
solution. Le plan devrait être mis en place alors que les relations avec les parties prenantes sont bonnes.
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Le processus dâélaboration du plan doit être évolutif et itératif. Plus lâentreprise se «rapprochera» de ses parties prenantes et plus les liens et le type dâinformation qui devra être transmis évolueront. Par exemple, lors des premiers contacts entre lâentreprise et ses voisins, lâentreprise expliquera ce quâelle fait, comment elle le fait et pourquoi elle le fait. Autrement dit, lâentreprise devra « se présenter ». Elle devra aussi apprendre à écouter les parties prenantes pour ensuite être en mesure dâinnover.
Par la suite, au fur et à mesure que les parties prenantes et lâentreprise apprennent à se connaître, de lâinformation plus précise sera communiquée. Enfin, dans le but dâatteindre un niveau de maturité, lâentreprise inclura la participation des citoyens dans un processus de concertation afin dâengager le voisinage dans la recherche de solutions.
Toutefois, avant de débuter lâélaboration du plan de communication, il convient pour lâentreprise de se questionner sur la pertinence de le réaliser et de définir le cadre opérationnel dans lequel il sâinsérera. à cette étape, une évaluation sera réalisée.
» Ãvaluer la pertinence de réaliser un plan de communication
La première étape de lâélaboration du plan de communication consiste à en évaluer la pertinence. Il est vrai quâun plan de communication préparé avec rigueur fournit un cadre cohérent pour les actions de communication. Toutefois, une entreprise pourrait décider, si les moyens sont limités ou si les parties prenantes sont restreintes, de ne pas élaborer un plan de communication formel. Il sâagira alors de simplement colliger les messages et les moyens dans un document de référence qui pourrait sâapparenter à un plan de communication.
Lâévaluation de la pertinence du plan permettra de définir le cadre opérationnel de lâentreprise dans lequel sâinscrit le plan de communication. Tout plan de communication devrait sâharmoniser avec le plan stratégique ou de développement de lâentreprise. à défaut, il est possible de se retrouver dans une situation qui met en péril le succès de la démarche de rapprochement avec les voisins. Dans le cadre de la réalisation de cette évaluation, le niveau de transparence à adopter relativement aux informations qui seront transmises devrait être précisé.
» Déterminer les responsables du plan de communication
Le succès de tout plan repose en grande partie sur lâimputabilité dâun responsable des communications. Dans une situation où lâentreprise nâa pas désigné de responsable, il est facile dâescamoter des étapes qui seraient critiques dans le succès de la mise en oeuvre du plan.
Ãgalement, lâidentification dâun ou des responsables permet dâassurer un meilleur suivi et une plus grande coordination. Lâidentification du ou des responsables pourra se faire en fonction de lâampleur du plan. Pour un plus petit plan, lâentreprise désignera un responsable des communications. Pour un plan plus complexe, il sâagira dâattribuer des responsabilités en fonction des compétences et des intérêts de chacun.
» Déterminer les objectifs du plan de communication
Il convient de définir les objectifs visés par le plan de communication. Dans un contexte de «bon voisinage», il sâagit principalement dâaméliorer les relations avec les voisins. Le responsable des communications devra approfondir sa réflexion et préciser le but visé par cette démarche.
Il devra déterminer sâil sâagit dâaméliorer lâimage de lâentreprise, faire accepter des modifications aux activités dâune entreprise ou son agrandissement, réduire le nombre de plaintes ou encore simplement informer les parties prenantes sur la façon dont les inconvénients seront traités.
Par exemple, lâentreprise pourra choisir dâinformer, sur une base régulière, le voisinage ou la municipalité de la date et des heures des travaux et inconvénients qui pourraient en découler. Elle pourra aussi décider de communiquer les moyens mis en place pour les minimiser ou, si possible, les éliminer à lâavenir. En recevant de lâinformation et en étant prévenus sur le déroulement des activités et des mesures dâatténuation, les citoyens se sentiront davantage respectés et considérés et feront preuve dâune plus grande tolérance face aux possibles inconvénients créés par les activités industrielles adjacentes.Â
» Déterminer les messages et contenus du plan de communicationÂ
Après avoir défini les objectifs du plan de communication, il convient de développer les messages à transmettre et leurs contenus respectifs afin dâobtenir les résultats escomptés. Certains auteurs proposent de définir les messages avant dâidentifier le public cible. Préciser le contenu avant dâavoir identifié les parties prenantes permet dâavoir un message homogène et adapté aux interlocuteurs.
Dâautres, par contre, proposent plutôt de définir les messages et leur contenu en fonction du public cible puisque le type de message sera adapté en conséquence. Aux fins du présent guide, il est important de posséder une idée du message général à  transmettre qui sera articulé à partir des objectifs déterminés à lâétape précédente. Ce message pourra être adapté en fonction du public cible. Par exemple, le message à transmettre au grand public sera différent de celui qui sera transmis aux institutions locales.
Le message correspond donc à lâidée qui doit être transmise et à ce que lâinterlocuteur doit retenir. Pour que le message soit clair, il doit être exprimé en termes simples et par des phrases courtes.Â
Enfin, la qualité de lâargumentation est essentielle à lâefficacité dâun message. Comme le but du plan de communication consiste à maintenir et améliorer les relations avec les voisins, il convient dâinformer la communauté des bénéfices et services fournis par lâentreprise. Elle pourra ainsi mieux la connaître et comprendre le contexte dans lequel lâentreprise évolue. Par ailleurs, un des éléments clés dâune saine relation avec le voisinage consiste à expliquer le processus de gestion des inconvénients.
Cette information sera alors ajustée en fonction des parties prenantes concernées: citoyens, municipalité ou autorités gouvernementales. Cette information pourra aussi être transmise aux institutions financières ou aux assureurs, et peut-être même aux actionnaires, afin de les rassurer sur lâimportance accordée à ce dossier.
» Identifier les publics cibles
Une autre section de ce guide présente la procédure à suivre pour identifier les parties prenantes dans la communauté. Le choix des publics cibles se fera à partir de cette liste. Pour chaque public, il conviendra dâidentifier lâapproche, le style et le contenu. La connaissance des caractéristiques et des préoccupations de chaque partie prenante est préconisée afin dâatteindre les résultats recherchés. En adoptant le point de vue de lâinterlocuteur, il convient dâessayer dâimaginer ce quâil pense, ce quâil ressent et ce à quoi il accorde de lâimportance sans oublier de prendre en compte son identité culturelle, son niveau de connaissance et ses besoins.
Les médias, et plus particulièrement les médias locaux, constituent lâune des parties prenantes souvent omise mais qui, pourtant, peut devenir un allié important. Il convient de les rencontrer sur une base régulière afin quâils se familiarisent avec les activités et les opérations de lâentreprise.
» Choisir les moyens de communication
Un autre élément important du plan de communication consiste à choisir le moyen de communication. Il existe une panoplie de moyens, chacun comportant des caractéristiques particulières. Ci-dessous quelques exemples de moyens :
- Communication événementielle (réunions, séminaires, portes ouvertes, etc.);
- Médias écrits (journaux, revues, dépliants, affiches, etc.);
- Médias audio-visuels (télévision, radio);
- Médiums électroniques et réseaux sociaux (Internet, Webinaires, Facebook, Twitter, blogues, courriels, etc.).
Le choix du moyen de communication devra tenir compte du public cible. En effet, certains moyens sâavèrent plus efficaces que dâautres avec un type de public en particulier, comme par exemple, les réseaux sociaux qui sont très populaires auprès des jeunes. Enfin, il ne faut pas négliger le contact direct entre les représentants de lâentreprise et les parties prenantes. Les liens qui sont créés par ces contacts permettent de bâtir une confiance entre lâentreprise et ses voisins.
Il est aussi possible dâopter pour un sondage afin de connaître les préoccupations des voisins. Un autre moyen consiste à participer aux rencontres et réunions des parties prenantes lorsque ces réunions sâavèrent pertinentes (assemblées municipales, publiques, etc.).
» Ãlaborer un calendrier dâexécution du plan de communication
Le calendrier est relié aux différentes étapes du plan de communication. Il permettra dâétablir un rythme de diffusion de lâinformation qui prendra en compte les ressources de lâentreprise et la capacité de rétention de lâinformation par chaque partie prenante. La fréquence et la régularité sont des facteurs qui permettront de maintenir lâintérêt.
» Effectuer le suivi du plan de communication
Il est crucial de dresser un bilan de la mise en oeuvre du plan de communication, et ce, sur une base continue. Ce bilan permettra dâidentifier les forces et faiblesses des messages et des moyens. En effet, dans le cadre du bilan, il conviendra de valider si le bon message a été élaboré et si le moyen de communication approprié a été utilisé pour maximiser lâatteinte des objectifs. Le suivi permettra également dâévaluer la perception de lâentreprise et de ses activités dans son voisinage. Cette dernière étape permet de rendre le processus de communication itératif et évolutif.
Par la même occasion, il est tout aussi important dâassurer, sur une base continue, une veille des médias sociaux et des perceptions des employés, pour connaître les impressions du voisinage sur lâentreprise.
Dans le cadre de la stratégie de communication externe de lâentreprise, la mise sur pied dâun comité de liaison constitue une autre étape incontournable.
3.3 Mise sur pied dâun comité de liaison

Comité de liaison, comité consultatif, comité de citoyens, différentes appellations sont utilisées pour nommer un groupe composé de représentants de lâentreprise, de parties prenantes et de la communauté en général. Ce groupe agit à titre dâagent de liaison pour favoriser le dialogue et développer des relations durables et harmonieuses avec les différents acteurs du milieu.
Lâobjectif de ce comité consiste à faciliter les échanges et la diffusion dâinformation et ainsi permettre une meilleure compréhension des enjeux collectifs pour choisir les meilleures stratégies et plans dâaction.
Les sous-sections suivantes contiennent de lâinformation et des conseils pour mettre en place un comité de liaison et faire de cette initiative un succès.
» Ãlaborer le mandat du comité de liaison
Lorsquâune entreprise choisit de mettre sur pied un comité de liaison, elle devrait au départ élaborer le mandat de ce comité pour ensuite choisir les personnes les plus aptes à réaliser ce mandat. La direction de lâentreprise devrait entériner les termes du mandat du comité. Une fois le mandat élaboré et adopté, lâentreprise pourra identifier les voisins et autres parties prenantes quâelle pourra inviter à siéger au sein de ce comité.
Dans les faits cependant, malgré les termes du mandat, le rôle du comité consiste à favoriser un rapprochement entre lâentreprise et les voisins. Pour ce faire, des liens de confiance doivent se construire avec le temps. Le comité doit donc faire preuve de souplesse pour permettre à tous les participants de trouver un intérêt à siéger au sein du comité.
» Identifier les citoyens et autres parties prenantes qui feront partie du comité de liaison
Les membres du comité de liaison seront choisis sur la base dâune représentation uniforme de la communauté et représentative de toutes les couches sociales. Le comité comprendra aussi des membres ayant déjà fait part de leur position, en faveur ou contre lâentreprise. Il ne sâagit pas de faire appel uniquement à des gens qui sont favorables aux activités de lâentreprise, mais plutôt de créer un groupe représentatif de lâensemble des parties prenantes et un espace propice aux échanges constructifs.
Il est aussi fortement recommandé dâinviter des représentants de la municipalité et du gouvernement de même que des groupes environnementaux à participer à ce comité. Même sâils déclinent lâinvitation, ils auront au moins reçu lâinvitation et connaîtront lâexistence du comité de liaison et son mode de fonctionnement.
» Déterminer la fréquence et le format des réunions
Une des premières activités de comité consiste à établir la fréquence et le format des réunions. Le comité peut se rencontrer sur une base mensuelle ou encore trois ou quatre fois lâan, selon les besoins de ses membres et les enjeux du moment. Afin de répondre aux objectifs du comité et de conserver lâintérêt des membres, le nombre minimal de sessions est généralement de deux par année.
La nomination dâun modérateur permet dâanimer les discussions et de conférer le droit de parole dans les meilleures conditions possibles. De plus, le modérateur peut fixer les horaires des réunions et assurer la rédaction du procès-verbal.
Ce modérateur sera généralement une personne spécialisée en communication, ce qui peut rassurer certaines entreprises moins familières avec ce type de démarche. La responsabilité de la gestion de la structure administrative et logistique des réunions peut également être confiée à un tiers.
Il peut être intéressant de tenir les réunions à lâextérieur des locaux de lâentreprise et ainsi bénéficier dâun terrain neutre, plus propice aux échanges. Bien entendu, les réunions peuvent également se tenir sur le site de lâentreprise. Dans de tels cas, il est souhaitable de prévoir une salle de réunion informelle et propice aux échanges et discussions de groupe.
Lâobjectif premier de ces rencontres est de se pencher sur les questions et inquiétudes des citoyens et dây répondre de manière précise et détaillée.
Afin de permettre à lâentreprise de se préparer adéquatement et de respecter autant que possible lâordre du jour de la réunion, il est conseillé dâinscrire les questions à discuter à lâordre du jour et de les diffuser au minimum une semaine avant la rencontre. Il est également possible de décider, dès le début de lâannée, des sujets à aborder pour lâensemble des réunions à venir, ou encore de les identifier à la fin de chaque rencontre, pour la réunion suivante. Il est toujours préférable de ne pas surcharger lâordre du jour de manière à laisser suffisamment de temps aux participants pour sâexprimer, poser des questions et encourager les discussions.
» Présenter aux participants les améliorations apportées aux procédés, les inconvénients résultant des activités de lâentreprise et la liste des actions posées pour réduire et, si possible, éliminer ces inconvénientsÂ
Lâentreprise joue un rôle dâinformation et dâéducation auprès des membres de la communauté. Au cours des réunions du comité de liaison, lâentreprise devrait faire preuve de transparence. Câest sur cette base que le lien de confiance entre les participants au comité sâétablira.
Lâentreprise devrait faire connaître sa mission, sa vision, ses valeurs et ses activités tout en démontrant quâelle contrôle la situation par les actions quâelle entreprend. Elle devrait aussi informer la communauté des mesures dâamélioration mises de lâavant pour trouver des solutions aux problèmes connus de lâentreprise. En adoptant une attitude franche, même pour les éléments nécessitant des améliorations, lâentreprise établit sa crédibilité et démontre son désir dâamélioration. Généralement, lorsque les citoyens sont conscients du fait que lâentreprise cherche à sâaméliorer, ils font davantage preuve de tolérance et contribuent même à la recherche de solutions.
» Inviter les participants à partager leurs préoccupations et à valider la liste des inconvénients énumérés
Dans le cadre des réunions du comité de liaison, il est suggéré de consacrer du temps à la cueillette de commentaires des participants que ce soit sous forme dâéchanges, de questions directes ou encore de sondages.
» Inviter les participants à proposer des solutions
Lâentreprise encourage les participants à proposer des pistes de solution. Lorsque les participants proposent des solutions et que lâentreprise ne les retient pas, il convient alors dâexpliquer aux participants la raison de ce refus. Encore ici, la clé du succès est la communication transparente. Cette discussion pourra en susciter dâautres, voire même apporter de nouvelles idées.
» Inviter des experts externes, des ONG, les médias locaux, le député provincial ou fédéral
Il peut être approprié dâinviter des experts à venir présenter des sujets en dehors du champ dâexpertise de lâentreprise. Parfois, le recours à un tiers permet de dynamiser les rencontres du comité et dâapporter une vision plus globale.
Le comité aurait avantage à inviter une ONG à venir participer à une rencontre en qualité dâobservatrice, particulièrement si aucune ONG ne siège au sein du comité.
Les médias jouent un rôle important dans la chaîne de communication. Ils offrent un moyen de diffusion pour propager lâinformation de manière à influencer la collectivité. Les médias représentent un moyen efficace pour informer la population de lâexistence du comité et pour confirmer la participation active de lâentreprise dans sa communauté.
Dâautre part, en organisant une rencontre avec les médias, lâentreprise communique ses enjeux et les actions quâelle pose à un plus grand groupe de la communauté.
Trouver lâoccasion dâinviter un député à rencontrer les membres de la communauté permet de favoriser les échanges. Cette activité démontrera le niveau dâengagement de lâentreprise et fera connaître le comité et les actions de lâentreprise au député. Ici aussi, il sâagit de faire rayonner le comité à une plus grande échelle.
» Déterminer quel sera le degré de transparence des procès-verbaux et des informations transmises dans le cadre des réunions du comité de liaisonÂ
Le procès-verbal relate officiellement et en détail ce qui a été discuté et accepté lors des réunions du comité. Certaines informations doivent demeurer confidentielles et il importe donc que lâentreprise détermine quel est le niveau de transparence quâelle souhaite atteindre et quels sont les renseignements quâelle souhaite protéger. à ce titre, lâentreprise doit prendre conscience que lâinformation diffusée dans le cadre du procès-verbal devient publique et pourra être connue par un groupe plus élargi que celui du comité.
Lâentreprise devrait faire preuve dâouverture dâesprit même en présence dâenjeux et de renseignements qui ne peuvent être dévoilés par lâentreprise. En effet, dans de tels cas, lâentreprise devrait simplement informer et expliquer les raisons pour lesquelles certains renseignements ne peuvent être divulgués. Même en refusant de tout dévoiler, lâentreprise fait preuve de transparence en présentant les balises entourant les renseignements quâelle pourra divulguer ou non.
Après révision par lâentreprise et adoption par les membres du comité, il est important dâidentifier les moyens de diffusion disponibles du procès-verbal.
La stratégie de communication interne et externe constitue un outil permettant dâappuyer la démarche dâengagement de lâentreprise dans la collectivité. Le prochain chapitre expose de quelle façon lâentreprise peut sâengager dans la collectivité.












