Les techniques de fraudes des élections en Afrique comme partout ailleurs se dénombrent par milliers. Hold up électoral dénonce certains observateurs. La dénonciation de l’existence d’une fraude est massive. La CENA, CEI ou CENI réfute en bloc toutes les accusations. Et quand on regarde ailleurs ce n’est pas une maladie malagasy. Voici le top 18 des techniques de fraudes des élections en Afrique décryptées par Dr Alpha Amadou Bano BARRY Ph.D, Sociologie, Maître de Conférences et Consultant en fraudes électorales.
Techniques de fraudes des élections en Afrique

Pour plusieurs spécialistes, lâindice de corruption publiée par transparancy International est un indicateur des risques de fraude dans un pays : « plus un pays est corrompu, plus les risques de fraude sont élevés ».
On sait aussi que la fraude est un refus de la démocratie dans son acception libérale du terme.
Câest-à -dire une compétition loyale, légale pour obtenir le suffrage des citoyens. Dans ce cadre, certains candidats ont la tentation de vouloir se substituer au peuple, câest-à -dire au corps électoral en procédant à la fraude électorale.
En règle générale, les fraudes électorales commencent dans la pensée des acteurs en compétition et elles se manifestent dans lâorganisation du processus électoral et se matérialise par la victoire proclamée du fraudeur.
Un parti politique qui veut gagner une élection par la fraude met en marche une stratégie bien réfléchie par des hommes de confiance apparemment neutres, mais en réalité bien déterminés dans ce quâils veulent. Leur apparente neutralité permettra de cacher la manÅuvre jusquâau bout.

A ce moment, lâadversaire ne pourra plus rien : trop tard aura joué pour le naïf. Un parti qui ne souhaite pas se faire voler lors dâune élection doit trouver, former et motiver des hommes et des femmes et élaborer une contre stratégie pour contrer le fraudeur.
Dans le cadre du cours de la sociologie électorale, nous revisitons régulièrement, à la lumière des pratiques électorales, la volonté de certains acteurs de gagner contre la volonté des électeurs.
Nous appelons ce mécanisme mis en Åuvre pour changer la volonté des électeurs, la fraude électorale.
La fraude électorale désigne toutes les irrégularités qui peuvent se dérouler pendant une élection.
La fraude électorale inclue tous les processus ayant pour objet dâinfluencer le résultat dâune élection.
Elle peut se faire à chaque moment du processus électoral :

- ⦠– Lors du recensement des électeurs et/ou de la révision de la liste électorale ;
- ⦠– Lors de la campagne électorale par le nettoyage « ethnique » par exemple ;
- ⦠– Lors de la confection et de la distribution des listes électorales et des autres matériels électoraux (carte dâélecteurs, encre indélébile, bulletin de vote, procès-verbal, liste dâémergement, etc.) ;
- ⦠– Lors de lâorganisation des bureaux de votes et du scrutin (bourrage des urnes, vote par procuration, etc.) ;
- ⦠– Lors du dépouillement, du décompte des voix et de la centralisation (fraude informatique) ;
- ⦠– Lors de la publication des résultats.
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Mais avant de présenter les techniques de fraudes les plus courantes, quâil me soit permis de rappeler que la tenue des élections constitue lâévénement politique le plus important dans tous les pays à régime politique libéral.

Car câest à ce moment que les électeurs jugent les projets et programmes des prétendants et le bilan des sortants. Câest le moment de lâétablissement et/ou le renouvellement du contrat de confiance entre ceux qui dirigent ou qui prétendent diriger et les électeurs.
Câest pourquoi la préparation dâune élection doit se faire avec beaucoup de sérieux et de soin. La négligence doit être évitée et dangereuse, la précipitation.
Contrairement à certains hommes politiques français qui disaient, en parlant de la Guinée, quâ« une mauvaise élection est préférable à lâabsence dâélection ». Je dis câest faux. Je dis aussi que câest faux de penser quâune élection, même mal faite, est préférable à lâabsence dâélections en raison des risques institutionnels que son absence fait courir à un pays.
Une élection doit être faite dans les règles de lâart. Dans le cas contraire, ses effets seront identiques à la désignation du Secrétaire Général de lâUnion pour un Mouvement Populaire (UMP) en France, câest-à -dire ridicule et pathétique. Elle peut même être une catastrophe. Les exemples sont innombrables pour que je perde mon temps à les énumérer.
Enfin, la tenue dâune élection nâest pas la démocratie, même si elle est une composante du processus démocratique. Je mâinscris en faux sur la vérité populaire qui consiste à faire croire que lâaide au développement développe un pays ou quâune élection attire des investisseurs.
Lâattrait dâun pays pour des investisseurs relève dâautres logiques que sont : la paix, de la stabilité politique, la qualité des infrastructures, des ressources humaines et la vision de ses dirigeants.
LES PRINCIPALES FRAUDES ÃLECTORALES POSSIBLES LORS DâUNE ÃLECTION

1/ La mauvaise commission électorale (CENA, CENI, etc.)
La commission électorale (affublée de nâimporte quel complément) est sensée être un organisme public doté de la personnalité juridique qui lui donne la tâche de garantir la neutralité et lâimpartialité dans lâorganisation des élections.
Dans les années 90, à la faveur des conférences nationales qui devaient détruire les partis uniques, les commissions électorales indépendantes ont été présentées comme la panacée pour éviter les fraudes des ministères de lâadministration du territoire.
Dans ces organes, les « argentiers » de lâaide au développement des pays africains comme lâUnion Européenne et les pays qui les composent ont imposé une parité de façade (moitié pour le pouvoir, moitié pour lâopposition et la moitié de cette autre moitié constituée de partisans cachés du pouvoir en place, câest eux qui prennent la désignation de la « société civile » et de lâadministration).
Lâinstauration de ce type dâorgane conflictueldont les membres sont hautement politisés et inféodés à leurs composantes et entités respectives sâest avérée la nouvelle façon dâorganiser la tricherie des élections.
Lâexpérience montre que les membres dâune commission électorale partisane agissent toujours selon la logique de leurs composantes et entités et non selon la logique de leur responsabilité dans la gestion des échéances électorales.
Toutes les mauvaises élections en Afrique ont été favorisées par lâexistence dâun organisme électoral partisan, manquant de compétences, dâexpertises et dâexpériences en matière électorale.
Avec une commission électorale aux ordres, câest lâassurance que les ordres sont exécutés dans la lettre et lâesprit.

Un organisme de gestion des élections partisan et à qui ordre est donné de frauder des élections commence toujours par chercher un opérateur de recensement et/ou de révision à la solde.
Câest cet opérateur qui devient le bras armé de la fraude tout au long du processus. Cet opérateur déploiera des militants transformés en opérateur de saisie lors du recensement et/ou de la révision. Câest à eux quâil sera donné des instructions pour mettre en Åuvre le recensement et/ou la révision partisane sur le terrain.
Câest cet opérateur, recruté par lâorgane partisan, qui mettra dans le « ventre » de son site central les électeurs fictifs, qui éditera les listes électorales et celles dâémargements tronquées, qui imprimera des cartes dâélecteurs en quantité insuffisante pour certaines catégories dâélecteurs et pour les électeurs fictifs.
Câest cet organisme qui refusera de distribuer, à temps, les cartes dâélecteurs dans certaines zones réputées favorables à certains candidats. Câest enfin, cet organisme qui configurera les ordinateurs pour assurer la fraude électronique.
Un organisme électoral partisan et aux ordres fera semblant de se tromper au moment de lâapprovisionnement de certains bureaux de vote du matériel électoral (les cartes dâélecteurs, les urnes, les bulletins de vote, les photos des candidats, etc.).
Il fera aussi semblant de se tromper en y envoyant dans certains bureaux de vote des listes électorales qui appartiennent à dâautres bureaux de vote. En lâabsence de ces listes électorales, les citoyens qui viendront voter signeront sur une liste dite additive avec le risque de lâélimination de leur bureau de vote lors des arbitrages du contentieux électoral.
Ces commissions électorales sâavèrent, à quelques exceptions près, des commissions auxquelles « on impose de fausses données pour légitimer de faux résultats ». Staline (le bolchévique) disait : « Ce qui compte ce nâest pas le vote, câest comment on compte les votes ».
Des dirigeants africains ont fait échos à cette philosophie en passant par tous les moyens pour contrôler lâorgane électoral pour éviter de se soumettre à la sanction populaire.

Câest le cas dâOumar BONGO ONDIMBA qui disait : « Comment peut-on organiser des élections, y participer et les perdre en Afrique ? ».
Dans tous les cas, il apparaît très clairement que le contrôle de lâorgane de gestion des élections est un raccourci qui évite de présenter un projet et/ou un bilan aux électeurs.
Lâenrôlement du corps électoral constitue une étape importante dans la crédibilité des opérations électorales. Les électeurs sont ceux qui sont inscrits sur la liste électorale.
Les partisans, les sympathisants et les militants ne deviennent des électeurs que sâils sont enrôlés pendant le recensement ou la révision.
Sâil y a dans cette liste électorale des électeurs « fictifs », ceux exclusivement dâun fief électoral ou que certains sont rayés ou déplacés de leur zone de résidence, il devient possible de frauder surtout si la totalisation est informatisée.
Pour sâassurer de fausser les résultats dâune élection, ceux qui veulent frauder et qui contrôlent lâorganisation en charge des élections déploient moins de matériels de recensement et/ou révision dans les zones considérées comme des fiefs favorables aux adversaires.
Elle peut aussi y dépêcher dans ces régions du matériel saboté ou donner des instructions aux opérateurs de recensement et/ou de révision pour faire traîner les opérations soit en diminuant le nombre de personnes enrôlées par jour soit en réduisant le nombre de jours de travail soit toute autre stratégie de réduction des inscriptions sur le fichier électoral.
Il est aussi possible, dans les zones favorables ou considérées comme telles, de demander aux agents recenseurs dâenrôler des personnes nâayant pas lââge légal, de créer des doublons (une même personne est enrôlée plusieurs fois) ou dâintroduire des électeurs fictifs dont le vote sera rendu automatique par la fraude électronique (nous y reviendrons).
Pour réduire les chances de certains adversaires, cet organisme peut fixer un timing du processus électoral qui défavorise certains électeurs soit par la fixation de délais courts ou de distances grandes lors de lâinscription et/ou de la révision sur les listes électorales et le jour du vote.
Dans certaines zones du pays, les inscriptions sont volontaristes, des mineurs et même des étrangers sont inscrits, les morts, les émigrés ne sont pas radiés, bref les inscriptions sont massives et sont sans commune mesure avec la réalité de la population en âge de voter.
Enfin, pour obtenir lâéchec aux élections dâun adversaire redoutable, on peut organiser le déplacement de ses électeurs par une opération dâépuration ethnique.
Celle-ci se fait soit avant le recensement soir après celui-ci. Lâobjectif étant de réduire le poids électoral dâune zone qui pèse dans le processus électoral. Lâhistoire électorale de plusieurs pays africains lâatteste.
Quel que soit lâopérateur choisi, la fraude orchestrée par lâorgane de gestion des élections fonctionne le mieux autour de deux paramètres :

- ⦠Lors de la confection (recensement et/ou révision) de la liste électorale ;
- ⦠Lors du décompte des voix par lâordinateur.
Pour éviter quâun organe partisan de gestion des élections ne fraude avec un opérateur technique du recensement et/ou de la révision, il est essentiel de sâassurer que :
- ⦠La liste électorale, avant la révision, est propre, câest-à -dire identique à la précédente élection. Il faut donc auditer le fichier électoral par des experts indépendants, de préférence ceux des Nations-Unies, avant le début de la révision. La liste électorale avant la révision doit devenir disponible auprès des différents acteurs en compétition.
- ⦠Lors de la révision des listes électorales, les différents partis politiques en compétition doivent encadrer les opérateurs de saisie pour sâassurer que la révision ne prend en charge que ceux qui sont en âge de voter, quâaucune personne nâest enrôlée plus dâune fois avec de simple variations dans les noms et les prénoms.
- ⦠Chaque délégué des partis en compétition doit tenir une comptabilité journalière des personnes enrôlées et leur répartition par sexe. De même, il devra posséder les données statistiques sur les radiations et les déplacements.
Il faut refuser le transfert automatique et via satellite des données de la révision. A la fin de la révision au niveau de chaque circonscription électorale, chaque parti devrait disposer dâune copie CD et clé USB de la liste de révision. La liste finale de lâorgane de gestion des élections doit être, avant validation, soumise à la comparaison avec celles des partis en compétition.
3/ La répartition des bureaux de vote sur le territoire électoral

Dans les lois électorales, il existe toujours des dispositions pour calculer le nombre dâélecteur par bureau de vote et la distance moyenne entre chaque bureau de vote et les électeurs inscrits.
Un parti qui obtient une augmentation du nombre de bureaux de vote dans une zone favorable à lui maximise ses chances dâavoir un peu plus de votants par dérogation, par procuration et surtout une possibilité de bourrer des urnes en plus grand nombre.
4/ Le système de bureau de votes fictifs et/ou parallèles

Dans lâorganisation des élections, les bureaux de vote sont numérotés et chaque groupe dâélecteurs (liste électorale) correspond à un bureau de vote en particulier.
Pour frauder, un parti peut créer des bureaux de vote fictifs et/ou parallèles portant les mêmes numéros que les bureaux officiels. On laisse les électeurs votés dans leur bureau de vote « officiel », mais parallèlement on procède au remplissage dâautres procès-verbaux ayant les mêmes numéros que le bureau de vote que lâon veut substituer.
Lors de la centralisation, les procès-verbaux des bureaux fictifs et/ou parallèles sont utilisés en lieu et place des bureaux de vote légaux.
Mais pour que cette tricherie fonctionne, il faut réunir deux conditions :
- ⦠Il faut avoir des procès-verbaux identiques à ceux utilisés par lâorganisme qui gère les élections ;
- ⦠Il faut arriver à faire accepter ces procès-verbaux par la commission en charge de la totalisation.
Pour éviter une telle fraude, car personne ne peut garantir que lâorgane de gestion des élections ne va pas permettre de produire des duplicatas des procès-verbaux de certains bureaux de vote.
Il faut réfléchir à la possibilité de rendre effectif lâintroduction et lâutilisation de code barre pour identifier les documents électoraux (bulletins de vote, procès-verbaux, etc.).
Cependant, lâarme fatale pour contrer une telle fraude reste le déploiement dâassesseurs instruits, courageux et motivés et en nombre suffisant lors de la totalisation.
Car, même si les fraudeurs ont des duplicatas remplis, ils ne peuvent servir que sâils sont utilisés au moment de la totalisation. Des délégués de qualité ne permettront pas une telle fraude.
5/ Des procédures de vote préparant la fraude

Dans certains bureaux de vote, les présidents font semblant de vouloir faire voter le plus grand nombre de personnes possibles en obtenant des autres assesseurs de ne pas faire signer ni apposer lâempreinte digitale des électeurs.
Dans ce cas, câest le président du bureau qui se contente de cocher dans la marge de la liste électorale une croix, devant le nom des inscrits ayant votés. Dans ces conditions, le président sait le nombre de personnes nâayant pas voté à la fin de la journée.
Après, il devient facile de faire du bourrage, câest-à -dire mettre dans lâurne autant de bulletins que dâinscrits sur la liste électorale en cochant devant les électeurs absents.
6/ Fraude via les procurations
Une autre méthode consiste à connaître des électeurs qui seront absents le jour de lâélection et qui nâont pas fait de procuration pour voter. Il suffit alors de faire de fausses procurations pour ces gens là et trouver des électeurs pour déposer lâenveloppe dans lâurne.
Cette technique est possible si le parti politique a de la mémoire (des archives) qui permettent de dire à peu près les absentions lors du vote précédent. Pour ces électeurs, le parti prépare des procurations qui nâont aucune raison dâêtre contestées car lâadversaire voit la concordance entre la procuration et le nom des électeurs.
La seconde condition pour une telle opération dépend de la production de cartes dâélecteurs fictifs ou dâutiliser des cartes dâélecteurs non distribuées à des électeurs réels, absents ou à qui on a refusé la délivrance des cartes dâélecteurs.
7/ Le Procès-verbal avec un nombre de dérogations excédant la norme fixée à 10
On peut aussi frauder en utilisant et en abusant du vote par dérogation. Lorsque dans son fief on possède énormément de bureaux de vote et très peu de votants, on fait voter le plein (on bourre les urnes) et on ajoute des dérogations supérieures à 10. Lorsquâon réussit à avoir plus de 20 000 voix par dérogation, on augmente considérablement le nombre de députés sur la liste nationale pour son parti.
8/ La manipulation des bulletins de vote
Lâidée dans la manipulation des bulletins de vote est toute simple : il y a dans chaque élection des indécis, des déçus, des nécessiteux.
Au lieu de dépenser des milliards en spot radio, TV, en panneau publicitaire et gadgets de toutes sortes, on « achète » des votes. Pour lâessentiel, un électeur pauvre, au sens propre et figuré du terme, coûte environ 50 000 GNF, soit le coût dâun t-shirt de bonne qualité.
Pour appliquer cette fraude, les partis politiques intéressés préparent des bulletins de vote identiques à ceux utilisés lors de lâélection en cochant à la bonne case à la place de lâélecteur.
Ces bulletins préparés sont distribués à des électeurs ciblés en fonction dâun certain nombre de paramètres « socioéconomiques » moyennant un paiement et parfois des promesses supplémentaires de paiements au retour de lâélection.
Le corrupteur nâayant pas toujours confiance au corrompu, on demande à lâélecteur « acheté » de ramener son enveloppe « original » non utilisée lors du vote. La présentation de cette dernière est aussi « primée » contre un montant dâargent ou des denrées alimentaires.
Pour mettre une telle fraude, il faut disposer de la liste électorale, avoir des démarcheurs et des moyens financiers.
Pour gêner la fraude, il faut demander et obtenir que tout bulletin non original soit éliminé au moment du décompte des voix.
Pour sâassurer du caractère original des bulletins de vote, il faudrait imposer des bulletins de vote avec au verso des signes qui ne peuvent être reproduites par une photocopieuse ordinaire.
Pour cela, il faut exiger de lâorganisme qui gère les élections que les bulletins de vote soient en couleur avec des codes barres.
Enfin, il faut chercher aussi à obtenir que les bulletins de vote soient imprimés par un pays partenaires qui nâa pas dâintérêts stratégiques, économiques et/ou des liens de copinage avec la classe politique des pays africains, surtout des anciennes colonies françaises.
9/ Lâexploitation de lâignorance des électeurs
La grande majorité des populations dans le tiers monde ne sait ni lire ni écrire. Au lieu dâaider les électeurs à bien voter, certains agents électoraux exploitent celle-ci pour favoriser un parti corrupteur.
Ainsi par exemple, un électeur analphabète ne pourra pas remplir le bulletin de vote correctement. Si les membres des bureaux de vote sont corrompus, ils peuvent profiter de la faiblesse de ces électeurs analphabètes pour le faire voter en faveur de leur candidat.
Câest une tricherie quâil faut combattre par lâorganisation du parti. Il faut mettre à la disposition des électeurs analphabètes des aides.
Enfin, les structures des différents partis doivent, bien avant le jour du vote, assurer la sensibilisation, lâinformation et la formation de leurs militants et sympathisants sur les mécanismes de vote.
10/ Lâencre indélébile visible

Pour éviter le vote double et même multiple, les organisateurs des élections appliquent parfois sur le pouce de lâélecteur ayant déjà voté une encre indélébile visible, dont les traces ne sâeffacent pas pendant 48 heures.
Mais pour tricher aux élections, certains partis politiques utilisent des chimistes et ceux-ci manipulent la fabrication de lâencre et diminuent sa teneur dâinsensibilité de sorte que quelques minutes après le vote, les électeurs impliqués dans le schéma de la tricherie peuvent se laver les traces de lâencre et se présenter dans un autre bureau de vote pour une deuxième et une troisième fois.
Cependant, la réduction de la qualité de lâencre indélébile ne sert que dans une stratégie globale de fraude avec des listes dâémergements inexistantes ou non utilisées par les électeurs et des cartes dâélecteurs non retirés ou encore par des électeurs fictifs.
Pour parer à cette tricherie, il nous semble utile de recommander la mise en place de plusieurs dispositifs. Le premier serait de nâautoriser lâarrivée de certains matériels électoraux, comme lâencre et les bulletins de vote que dans les derniers jours qui précèdent une élection. Il faut demander et obtenir du fabricant de livrer des flacons dâencre scellés.
Enfin, il faut exiger, en plus de la signature par lâélecteur sur la fiche dâémergement, lâapposition du cachet du bureau de vote sur la carte de chaque électeur après le vote. Pour multiplier les filets de sécurité, nous suggérons lâobligation dâun cachet spécifique pour chaque bureau de vote.
11/ Le bourrage dâurnes
Le bourrage de lâurne est la fraude la plus courante et la plus simple. Le bourrage de lâurne consiste à introduire des bulletins de vote supplémentaire dans lâurne avant le décompte. Ces bulletins de vote supplémentaires sont favorables à une liste ou à une candidature.
Pour pratiquer le bourrage des urnes, il faut nécessairement que lâun des candidats ait fabriqué des bulletins de vote bien avant le vote ou quâil ait à sa disposition des bulletins de vote vierge à utiliser.
Certains de ces bulletins sont ceux qui sont envoyés au niveau de chaque bureau de vote de façon légale (10% de ceux de chaque bureau de vote) et des excédents que lâorganisme qui gère envoie vers certains bureaux de vote pour favoriser le bourrage des urnes.
Pour utiliser ces bulletins de vote, plusieurs techniques sont possibles :

Première méthode :
- ⦠Un membre fraudeur du bureau de vote profite de lâabsence des autres assesseurs pour glisser plusieurs bulletins de vote supplémentaires dans lâurne.
- ⦠Cette opération se fait généralement quelques heures avant la fin du scrutin.
- ⦠En effet, la dernière heure avant la fermeture des bureaux de vote, il nây a pas souvent pas dâaffluence des électeurs.
- ⦠Câest à ce moment que le grand bourrage se fait.
- ⦠Le fait dâeffectuer cette opération vers la fin du scrutin permet de déterminer le nombre dâabstentionnistes pour faire correspondance le nombre de bulletin du bourrage avec les signatures ;
Seconde méthode :
- ⦠Plusieurs électeurs au moment du vote prennent plus dâun bulletin et dâune enveloppe pour les glisser dans lâurne au moment de leur propre vote ;
Troisième méthode :
- ⦠Lors de lâouverture de lâurne après la clôture du scrutin, les membres du bureau de vote regroupent les bulletins de vote par centaines.
- ⦠Chacun étant soucieux de son comptage, personne ne fait attention à ce qui se passe autour. Un membre fraudeur glisse ajoute en toute discrétion plusieurs bulletins de vote préparés à lâavance.
- ⦠Pour régulariser sa fraude en faisant correspondre le nombre dâémargements des électeurs et celui des bulletins, il lui faut augmenter le nombre de signatures dans le cahier dâémergement.
Pour sâopposer à ce type de fraude, il faut mettre en place une série de mesures :

Il est toujours préférable dâavoir des urnes transparentes avec compteur. Les membres du bureau de vote doivent sâassurer, à lâouverture du scrutin, que ce compteur affiche le nombre 0000.
Si lâun des membres doit sâabsenter, il fait enregistrer mentalement, noter et annoncer publiquement le numéro du compteur de lâurne.
Les spécialistes suggèrent de considérer quâil faut à peu près entre 30 secondes et 1 minute 30 à un électeur pour voter. Soit en moyenne 1 minute.
Si un assesseur doit sâabsenter 5 minutes, les spécialistes estiment quâil ne peut y avoir plus de 5 votes en votre absence.
Il est suggéré aux fumeurs de cigarettes de faire la pause tabac devant lâentrée du bureau de vote pour pouvoir compter mentalement le nombre de votants qui entrent dans le bureau de vote.
Le nombre de bulletins dans lâurne devait correspondre au nombre dâélecteurs que vous avez vu passer.
- ⦠Dans le bureau de vote, tous les assesseurs devraient sâassurer que le cahier dâémargement ne doit être ouvert par lâassesseur chargé de faire signer les électeurs quâau moment ou lâélecteur se présente à la table de vote et que son nom est énoncé pour vérification ;
- ⦠Les membres du bureau de vote doivent sâassurer que ne figurent sur la table de lâassesseur qui fait signer le cahier dâémargement quâun stylo qui correspond à la couleur choisie pour faire signer les électeurs ;
- ⦠à la clôture du scrutin, lâouverture de lâurne ne doit se faire quâaprès que les membres du bureau de vote aient procédés collectivement au comptage des émargements (personnes ayant votées) ;
Les membres du bureau de vote doivent sâassurer que le cahier dâémargements est effectivement signé par les électeurs. Ensuite seulement, les délégués accepteront lâouverture de lâurne pour le comptage des bulletins de vote.
Lorsque les émargements sont comptés et lâurne vidée, le cahier dâémargements ainsi que les enveloppes restantes doivent être placés dans lâurne qui doit être verrouillée.
Cette opération exige que les urnes soient munies de clefs (quatre clefs par urne). Les urnes ne devraient pouvoir sâouvrir quâavec lâutilisation des quatre clefs ;
Chaque bureau de vote doit être constitué dâassesseurs de plusieurs camps politiques, de délégués de candidats ou de liste.
La présence de nombreuses personnes dâhorizons variés est le gage dâun scrutin surveillé et contrôlé qui respecte le choix des électeurs.
Dans tous les cas, toutes les études sur le vote concluent que dans une élection, même avec des enjeux importants comme la présidentielle, le nombre de votants dépassent très rarement les 70% dâinscrits.
Lorsque dans une circonscription ou plusieurs circonscription, le nombre dâélecteurs est égale ou supérieur à 80% et en faveur du même candidat, on doit présumer un système de bourrage dâurnes.
12/ La manipulation pendant le dépouillement

Lors du vote, il faut éclairer suffisamment le lieu de dépouillement des bulletins. Les moyens dâéclairage (groupe électrogène, lampe à pétrole, lampe à pile, etc.) doivent provenir de plusieurs sources pour éviter la défaillance dâune unique source et appartenir à plusieurs assesseurs.
Chaque assesseur devrait avoir son propre moyen dâéclairage, ses assistants (à côté du lieu de vote) et sa nourriture.
Sâil nây a pas de surveillance sérieuse, certains présidents de bureau de vote peuvent réaliser un mauvais dépouillement. Ils peuvent par exemple compter une voix pour le candidat A alors que le bulletin de vote signale que cette voix revient au candidat B.
La règle veut que le nombre de bulletins trouvés dans lâurne soit égal à la somme des votants sur la liste dâémargement et ceux de la dérogation.
Ãgalement, le nombre de bulletins trouvés dans lâurne doit être égal à la somme des suffrages valablement exprimés et des bulletins nuls. Malheureusement, cela ne sâest pas vérifié partout lors des précédentes élections dans plusieurs pays en Afrique.
13/ La manipulation des urnes pendant leur déplacement
La loi guinéenne stipule que le dépouillement se fait sur place dès après la clôture du vote et les résultats sont publiés sur le champ par voie dâaffichage en Guinée aussi.
Cette publication devrait, comme au Sénégal, se faire par lâaffichage devant le bureau de vote et la publication dans les médias en direct et de façon continue.
Il est impératif de faire respecter cette disposition et de sâassurer que chaque assesseur de chaque parti revienne à Conakry avec le procès-verbal signé.
Lâaffichage systématique du procès-verbal des résultats devant chaque bureau de vote, la remise dâune copie certifiée aux assesseurs représentant les différents candidats et lâaccès permanent de leurs délégués à toutes les étapes de la centralisation, y compris au site central de Conakry sont des préalables à la transparence électorale.
Il faut aussi sâassurer quâaprès la totalisation au niveau de la Commission de cette procédure que les délégués reviennent à Conakry avec les procès verbaux de centralisation de toute la circonscription électorale.
La presse devrait pouvoir publier les résultats, en temps réel comme au Sénégal, dès la fin de la totalisation des votes au niveau de chaque circonscription électorale.
Tout le monde devrait se souvenir que le transport des urnes avant le dépouillement permet le bourrage des urnes et/ou la substitution des urnes qui ont servi au vote par dâautres.
Si cette opération devrait avoir lieu, il est de lâintérêt pour chaque candidat, même en cas dâassurance sur la fiabilité des scellés des urnes, de mettre sur place un mécanisme dâaccompagnement des urnes par des hommes fidèles, motivés et dotés de plusieurs moyens de transport.
Car, le transport des urnes avant le décompte des voix est une source potentielle de fraude électorale. Lors du transport, les urnes peuvent être soit changées, soit détournées, soit détruites par des hommes engagés à le faire pendant le déplacement.
Parfois on annule certains bulletins (notamment dans les régions a priori défavorables), parce quâils sont maculés.
14/ La falsification du nombre de voix dans les procès-verbaux des bureaux de vote et/ou des procès-verbaux de centralisation

Lors dâune élection, il est toujours prévu au niveau de chaque bureau de vote la production et la répartition de plusieurs procès-verbaux auto-carbonés.
Certains de ces procès-verbaux, parfois trois, sont mis dans des enveloppes sécurisées pour trois structures : lâorgane de gestion des élections, le ministère en charge de lâadministration du territoire et le juge électoral.
Dans le bureau de vote, les assesseurs ont un rôle essentiel, car après le décompte des voix câest eux qui doivent signer les différents procès-verbaux. Il revient à chaque assesseur de sâassurer de la sincérité de tous les procès verbaux avant de signer.
Il est aussi prévu que le procès-verbal du bureau de vote destiné à la CACV, mis dans une enveloppe sécurisée, ne sera lu quâen séance plénière de la CACV.
Ses résultats sont transmis à lâopérateur de saisie qui imprime une copie pour chaque assesseur représentant les partis candidats pour validation.
Sur cette base les assesseurs valident le procès-verbal. Les résultats validés sont transmis au serveur local pour être centralisés et envoyés par SMS à lâorgane de gestion des élections.
On aura donc compris que les procès-verbaux sont le document qui récapitule la répartition des bulletins de vote entre les différents candidats. Normalement, ils sont remplis au terme du dépouillement, signés pas les assesseurs et le président du bureau de vote.
Dans les conditions normales, le procès-verbal reflète donc la réalité du vote, sauf dans les cas ou un assesseur laisse aux autres membres du bureau de vote le soin dây marquer des chiffres différents de la réalité de lâurne.
Cette situation peut provenir de lâabsence définitive et/ou temporaire de lâassesseur dâun candidat ou son incapacité à lire des chiffres par analphabétisme ou des problèmes de vues (âge ou maladie).
Pourtant, les procès-verbaux des bureaux de vote peuvent différer de ceux de la centralisation. Si tel est le cas, il nây a que deux possibilités :
Au moment de la centralisation, un assesseur dâun des candidats est absent, ce qui laisse le loisir aux autres de dicter à lâordinateur des chiffres différents de ceux des procès-verbaux des bureaux de vote :
Il peut sâagir dâune fraude informatique dans laquelle lâordinateur est programmé pour sortir des résultats de totalisation indépendamment de ceux saisis. Sur cette fraude, nous y reviendrons dans la fraude informatique.
Dans les deux cas, la défaillance des délégués du candidat est en cause. Les candidats ne devraient jamais accepter, surtout sâil y a des doutes sur la liste électorale, une centralisation informatique sans une centralisation manuelle.
Et sâil y a des contradictions entre les deux, celles manuelles devraient primées sur celles informatiques.
15/ Les Numéros des bureaux de vote des procès-verbaux différents des codes bulles

Une des mesures de sécurité courante pour sécuriser le vote est de doter tous les bureaux de vote des procès-verbaux avec des codes à bulles pour certifier le lien entre chaque bureau de vote et leurs procès-verbaux.
Cette mesure permet, si elle est respectée, de sâassurer quâaucun procès-verbal ne soit utilisé en dehors du bureau de vote pour lequel il a été émis.
En effet, lorsquâon souhaite frauder, on se dote de procès-verbaux vierges que lâon utilisera pour les bureaux de vote fictifs, parallèles ou tout simplement pour substituer des procès-verbaux défavorables par dâautres plus favorables.
Cette mesure de certification par le code bulle nâest pertinente que si les différents candidats ont des chiffres différents pour le même bureau de vote. Dans le cas contraire, cette mesure allonge inutilement le processus de centralisation.
16/ La tricherie par ordinateur
La fraude la plus actuelle et la moins décelable est la fraude informatique. Pour parvenir à une fraude informatique, il faut un programme intégré dans le dispositif des ordinateurs de centralisation et du site central de totalisation finale des votes.
Un programme informatique est un ensemble dâinstruction que lâordinateur en tant quâautomate exécute à la lettre. De ce fait, le programmeur et/ou le concepteur (lâauteur ou créateur) dâun programme informatique fait exécuter par lâordinateur sa volonté.
Dans le cadre de la gestion des élections, il y a deux aspects fondamentaux quâil faut toujours regarder de près :
- ⦠Le fichier électoral et la gestion des résultats (procès-verbaux issus des centres de votes).
Concernant le fichier électoral, Il est tout à fait possible au programmeur et/ou concepteur dâun programme informatique de frauder sans que lâutilisateur final du programme (par exemple la CENI) sâen aperçoive.
Donnons quelques exemples classiques qui ont fait recette dans certains pays Africains :
- ⦠Inscription dâélecteurs fictifs qui voteront sans exister ni aller aux urnes, car ils ont déjà votés dans le programme de lâordinateur ;
- ⦠La fixation dâun quota (un nombre de voix que le candidat ne pourra jamais dépasser quelque soient les données entrées) à un ou plusieurs candidats donnés et le report de voix en plus à un autre candidat donné ;
- ⦠Omission programmée des voix dâune région favorable à un candidat donné soit à travers le vote soit en les éliminant de la liste électorale.
- ⦠Par rapport à la gestion des résultats, on peut en vue de la publication des résultats, donner à lâordinateur un programme truqué dâavance comme : si le candidat A à une voix, son adversaire concurrent B en obtient automatiquement deux.
- ⦠Ainsi quelques soient les résultats obtenus par chacun des candidats, le candidat B aura toujours le double de voix de A.
On peut aussi programmer les ordinateurs de sorte que quand on tape un chiffre, lâordinateur en sort un autre chiffre sur le procès-verbal de centralisation différent de celui du procès-verbal du bureau de vote.
Pour anticiper et endiguer cette source probable de fraude électorale, il importe quâil y ait une commission technique paritaire des acteurs en compétition au sein de lâorgane de gestion des élections, de contrôle et de validation de lâoutil informatique devant être utilisé dans le cadre de la gestion de ces élections.
Cette commission doit être impliquée de la conception et la réalisation jusquâà la proclamation des résultats.
Cette commission technique aura pour missions, selon les experts qui aident même à frauder :
- ⦠Le contrôle et la validation du modèle conceptuel et du code source du programme ;
- ⦠De préparer les jeux de test et de valider le programme ;
- ⦠De veiller à la compilation, et à la production de lâexécutable ;
- ⦠De mettre en place deux bureaux distincts de saisie des résultats pour la nécessité de comparaison des chiffres ;
- ⦠De contrôler la saisie et de veiller au bon fonctionnement quotidien de lâoutil ;
- ⦠De veiller à lâadministration de la base de données et plus particulièrement la sauvegarde ;
- ⦠De définir le mécanisme de sécurité de lâapplication, etc. :
Enfin, le conseil majeur est dâavoir deux opérations parallèles :
- ⦠le comptage informatique et celui manuel, car après tout dans une élection il nây a pas que des opérations de calcul élémentaire : addition, division (pourcentages).
Tous les spécialistes de la fraude électorale sont unanimes que celle informatique est une méthode propre, sans possibilité de contestation :
- ⦠« Tout le monde nây voit que du feu. Après les résultats du scrutin, lâopposition à beau crié à la fraude, elle a de la peine à le prouver ».
17/ La publication des résultats différents de ceux du vote

Un vote est très souvent réalisé dans de nombreux endroits. Il suffit donc, pourvu que lâinformation circule mal, de se « tromper » volontairement sur les totaux sans toucher aux résultats intermédiaires pour obtenir des améliorations éventuellement suffisantes.
Lors de la publication des résultats des élections, un président de lâorgane de gestion des élections peut publier des résultats différents de ceux issus des urnes.
Si le candidat A obtient 51% et le candidat B 49%, le responsable chargé de publier les résultats peut inverser les résultats délibérément et en toute connaissance de cause.
Il sâagit de mettre les candidats devant un fait accompli en partant de lâhypothèse quâil sera difficile de revenir en arrière surtout si ceux qui sont déclarés vainqueurs ont des moyens de coercition pour faire appliquer leur forfaiture.
Lâun des indicateurs de fraude de la part dâun organe de gestion des élections apparaît lors de la publication des résultats. Pour masquer la fraude, on publie des totaux et non pas bureau de vote, car câest dans « le détail que se trouve le diable ».
18/ La complicité de la justice électorale lors des contentieux
Un parti ou un candidat estimant que les résultats obtenus par lui aux élections ont été modifiés peut faire recours auprès de la justice électorale.
La justice électorale utilise les procès-verbaux qui lui sont destinés pour statuer. Lorsquâon vit dans un pays ou la justice est sous ordre, il est préférable dâéviter, autant que possible, dâavoir recours à la justice électorale.
Sâil faut aller devant le tribunal, il est préférable de déployer des avocats dans chaque circonscription électorale et surtout de sâassurer de la qualité des délégués, des superviseurs pour éviter de se faire marcher sur les pieds et de collecter les procès-verbaux de façon systématique et exhaustive.
CONCLUSION

Il existe dâautres techniques de fraudes nâont exposées dans le présent texte, câest par exemple le cas des rabatteurs placés au coin des différents carrefours dâun bureau de vote pour désigner aux électeurs pour qui il faut voter.
Câest aussi le fait de laisser des populations, qui croient à la primauté de la religion, organiser le vote au sein dâun lieu de culte, etc.
Néanmoins, il est important de dire que dans une élection, le fichier électoral est lâélément majeur de la fraude.
Si le fichier est biaisé, câest-à -dire que certains électeurs qui devraient y être ne sây trouvent pas ou que des non électeurs (pas en âge de voter, morts, absents, électeurs fictifs ou virtuels, doublons et même plusieurs fois, etc.) sây trouvent ou que des électeurs soient envoyés loin de leur bureau de vote, il sera impossible dâarrêter la fraude.
A lire aussi
Si le contenu du fichier électoral (nombre dâinscrits, répartition des électeurs par circonscription électorale et par bureau de vote, effectivité des personnes inscrites sur la liste électorale, etc.) est inconnu de tous les partis en compétition, le risque de fraude est grand.
Câest pour cette raison que la certification du fichier électoral avant une élection est toujours indispensable.
Lâinformatisation des résultats dans une élection est le second élément majeur de la fraude. Dans ce cas, la fraude peut commencer depuis la saisie des procès-verbaux des bureaux de vote jusquâà lâenvoi pas SMS ou tout autre moyen électronique de transmission des résultats de la base (commissions de centralisation) vers le site central. Une élection est totalement et définitivement fraudée lorsquâun fichier électoral biaisé est couplé avec un système de centralisation informatisée des résultats.
Enfin, on se souviendra quâon peut avoir des électeurs et perdre des élections et inversement ne pas avoir dâélecteurs et gagner grâce à la fraude.
Pour se prémunir contre les fraudes exposées dans cet article, une seule et grande recette :

- ⦠avoir des ressources humaines de qualité (jeunesse, instruction, courageux et motivation idéologique et matérielle) tout au long du processus électoral.
Câest-à -dire avoir du personnel impliqué de la confection de la liste électorale, de sa révision, de son affichage, du vote jusquâà la proclamation des résultats.
Cette sélection et cette formation des agents électoraux devraient se faire sous la supervision directe du candidat.
Chaque parti devrait utiliser, comme indicateur de la performance des responsables du parti, le nombre de voix obtenus sur la liste nationale par le parti dans la circonscription électorale de chaque candidat.
Par Kafunel.com Avec Alpha Amadou Bano BARRY Ph.D, Sociologie
Maître de Conférences,
Consultant en fraudes électorales













