En tous les cas, pirater les chaînes TV nâest plus un usage marginal en Amérique du nord. Selon une étude du cabinet Sandvine, 6,5 % des foyers américains consomment désormais ces flux illégaux, soit environ 7 millions dâabonnés.
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Pour les pirates, cela représenterait un pactole de plus de 840 millions de dollars par an (en prenant 10 dollars comme tarif mensuel moyen pour accéder aux flux piratés).
Pour les ayants-droit, câest un manque à gagner théorique de 4,2 milliards de dollars par an.
Les contenus les plus piratés sont les chaînes Premium de type HBO et â bien sûr â les chaînes sport.
Compte tenu des énormes investissements nécessaires pour produire ces contenus, on comprend mieux pourquoi les visages sâallongent dans les directions des groupes audiovisuels américains.
La France est moins touchée… pour l’instant
Au Royaume-Uni, le piratage IPTV est encore plus fort. Selon une étude de YouGov, 10 % de la population adulte (4,9 millions dâindividus) disposent dâun boîtier pré-configuré et lâutilisent à des fins illicites.
Lâorganisme de protection de la propriété intellectuelle, FACT, estime, par ailleurs, que près de 600 pubs seraient équipés de ces appareils (lire le rapport gouvernemental, page 65).
Depuis 2016, des revendeurs de boîtiers préconfigurés se font régulièrement arrêter outre-Manche.
Mais alors, quâen est-il en France ?
Pour lâAssociation de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), il nây a pas encore le feu au lac. « Les boîtiers préconfigurés représentent une tendance relativement récente qui prend de lâampleur et que nous surveillons comme le lait sur le feu. Ceci étant, ils ne sont pas aussi diffusés en France que dans les autres pays. Dans la communauté francophone, le développement dâextensions Kodi est relativement faible. Par ailleurs, le paramétrage de boîtiers Kodi reste quand même assez complexe », estime Frédéric Delacroix, secrétaire général de l’ALPA.
Lâassociation préfère, pour lâinstant, concentrer ses efforts dans la lutte contre le live streaming sur Internet. En décembre dernier, elle a dâailleurs contribué à la fermeture dâArtv.watch.
Lancé par un adolescent peu prudent, ce site nâa cessé de croître en audience. Selon Médiamétrie, il était fréquenté par plus de 150 000 visiteurs uniques par mois. Dans un message vidéo, lâauteur sâexcuse platement pour ses mauvaises actions.
4 % des internautes français utilisent des boîtiers Kodi
Mais le germe néfaste des boîtiers pirates est bel et bien planté dans lâHexagone et occupe déjà les esprits des comités de direction. Ainsi, le directeur général dâun groupe audiovisuel nous confie que le piratage IPTV est « un sujet majeur ». Et il a raison.
Contactée par 01net.com, la Hadopi nous explique que dans le cadre dâun sondage effectué entre le 25 janvier et le 2 février 2017 (étude « Risques encourus sur les sites illicites »), il apparait « que 14 % des internautes connaissaient le logiciel Kodi et que 4 % lâavaient déjà utilisé ». Parmi les utilisateurs ayant régulièrement des usages illégaux, ces chiffres montent respectivement à 26 % et 8 %.
En France, le piratage IPTV est donc moins important quâailleurs, mais il nâest pas négligeable. « Câest un phénomène émergent quâil faut interrompre avant quâil ne se développe. Câest pourquoi la Hadopi a décidé de sâemparer de ce sujet », nous assure Pauline Blassel, secrétaire générale déléguée.
Pour mieux appréhender cette nouvelle forme de piratage, lâautorité publique est en train de conduire plusieurs études en parallèle qui devraient être achevées au premier trimestre 2018 pour une publication au deuxième trimestre. Une étude technique vise à cartographier lâécosystème Kodi.
Une étude socio-économique confiée à lâIdate devra déterminer lâimpact des usages et une analyse prospective. Enfin, une analyse juridique vise à proposer des pistes dâactions sur la base des jurisprudences en Europe et à lâétranger.
La jurisprudence se précise
De ce point de vue, la Cour de justice de lâUnion européenne (CJUE) a dâores et déjà émis des signaux encourageants pour les ayants droit. Dans sa décision du 26 avril 2017, qui était relative à des boîtiers baptisés Filmspeler, commercialisés aux Pays-Bas, lâinstitution a statué que la vente de boîtiers configurés à des fins illicites pouvait constituer une atteinte au droit dâauteur.
Par ailleurs, le visionnage de contenus piratés, sâil est fait de manière délibérée et en connaissance de cause, peut également être illicite et considéré comme de la contrefaçon.
« En France, la contrefaçon est un délit dont la sanction peut aller jusquâà 3 ans de prison et 300.000 euros dâamende », rappelle Pauline Blassel.
Mais si le droit se clarifie, son application est une autre paire de manche. Les acteurs du piratage IPTV opèrent souvent de lâétranger et commencent déjà à inonder le marché français en douce.
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