Pourquoi TikTok et Binance parrainent la CAN 2022

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Le réseau social chinois TikTok fait partie des sponsors de la CAN 2022 (Image d’illustration). Les sponsors de la CAN, la Coupe d’Afrique des nations 2022 qui se tient en ce moment au Cameroun, sont de plus en plus diversifiés : de nouveaux venus issus de la « tech » ont rejoint les parrains historiques du foot africain. Pourquoi TikTok et Binance parrainent la CAN 2022 ?

TikTok et Binance parrainent la CAN 2022, Pourquoi ?

Côté historique, on retrouve deux grandes entreprises françaises, Total et Orange. Total qui a d’ailleurs accolé son nom à l’événement il y a cinq ans. Il ne faut pas dire « la CAN 2021 », mais « CAN 2021 TotalÉnergies ». Le contrat sur le titre court jusqu’en 2023. Le producteur d’hydrocarbures est présent depuis presque un siècle sur le continent et il réalise sur place le tiers de sa production.

Pour l’opérateur téléphonique, c’est un peu le même modèle. Sa présence est ancienne et l’Afrique est devenue une source précieuse de bénéfices. C’est donc pour entretenir les liens présents et futurs que ces deux parrainages ont été mis en place. En revanche, pour les nouveaux venus, TikTok et Binance, c’est un pari sur l’avenir.

Le contrat avec le réseau chinois TikTok a été annoncé en début d’année à Yaoundé

Le compte officiel TikTok de la CAF totalise plus de 1,4 million d’abonnés. TikTok entend devenir un portail incontournable du football, il a parrainé l’Euro l’an dernier. Le hashtag football a généré 273 milliards de vues.

En devenant partenaire officiel, le réseau de vidéos diffuse les images fortes des matchs du jour et propose des services de mise en scène à ses abonnés. Il offre donc une nouvelle vitrine mondiale au ballon rond africain. Et cela pour l’édition en cours, mais aussi pour la CAN 2022 ainsi que pour la CAN féminine qui se tiendra plus tard au Maroc. TikTok étant chinois, c’est aussi un outil d’influence supplémentaire pour Pékin, très présent en Afrique pour des raisons économiques et géopolitiques.

L’autre nouveau venu, Binance, est moins connu des fans de ballon rond, mais déjà répandu en Afrique

La société lancée à Hong Kong en 2017 est déjà la plus grande plate-forme d’échanges de cryptomonnaies présente en Afrique depuis 2018 avec une antenne en Ouganda. Son vœu : transformer les 300 millions de fans de la CAN en clients de sa plate-forme.

Le continent africain est un gisement prometteur pour les monnaies virtuelles ; elles sont déjà entrées dans la vie quotidienne des ménages pour les transferts d’un pays à un autre, surtout dans les pays où la monnaie est volatile.

Binance a aussi un autre objectif en tête : capter les amateurs de paris sportifs en ligne, qui font fureur parmi la jeunesse africaine. Des paris qui sont souvent proposés en monnaie virtuelle !

L’arrivée de ces nouveaux acteurs témoigne d’un engouement renforcé pour le sport africain ?

Ces deux sociétés surfent sur la diffusion du smartphone. C’est l’outil qui garantit aujourd’hui un débouché rapide à leurs services parmi la population africaine. Mais les autres grandes entreprises étrangères rechignent encore à s’engager dans les compétitions africaines.

Selon Vincent Chaudel, de l’Observatoire du sport business, les défaillances de l’organisation comme celle qui ont été constatées au Cameroun depuis le début de la compétition rebutent encore les grandes marques. Pour rappel : un match écourté à cause d’un arbitre, des hymnes nationaux introuvables ou encore les écrans de publicités qui ne sont pas allumés au début de la rencontre.

Le foot africain a un potentiel économique encore largement sous-exploité. Son chiffre d’affaires global équivaut à celui de la première division d’un pays européen, les retransmissions sont plus souvent le fruit de troc que de mises aux enchères des droits télé.

Selon Vincent Chaudel, l’organisation plus rigoureuse et plus fiable pourrait séduire de nouveaux sponsors.

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