LâUnion des magistrats du Sénégal (UMS) préconise lâinstitution dâune Journée de la Justice sur lâétendue du territoire national pour permettre ââà tout intéressé de sâimprégner des règles gouvernant le fonctionnement de la justiceââ.
UMS préconise lâinstitution dâune Journée nationale de la Justice
ââIl est également nécessaire dâintégrer des activités de sensibilisation et de partage en instituant une journée de la Justice sur lâétendue du territoire permettant à tout intéressé de sâimprégner des règles gouvernant le fonctionnement de la justice, et cette communication avec les magistrats eux-mêmes pourrait permettre de lever certaines équivoquesââ, a déclaré, jeudi, le président de lâUMS lors dâun point de presse.

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Il a rappelé que depuis son élection, le bureau de lâUMS ââsâest attelé à rencontrer les autorités judiciaires dans un souci de rassemblement au sein de la corporation, et étatiques pour des visites de courtoisie et sâétait promis de faire sa première sortie médiatique sous la forme actuelle dans le but de prendre contactââ avec les médias.
ââNous vivons dans un monde de communication, où les activités de distribution de la Justice font lâobjet dâun débat public nourri et la critique envers elle sâexerce avec moins de retenue et plus dâimmédiateté que par le passéââ, a souligné M. Diouf.
Force est de reconnaître que ces dernières années
La Justice ââne peut plus donc se contenter de vivre dans une tour dâIvoire, de dire le droit sans se soucier de la perception de la sociétéââ, a-t-il ajouté, non sans relever que ââforce est de reconnaître que ces dernières années, son image à été écornée à tort ou à raison par un excès de communication négative à son sujet venant dâacteurs judiciaires et de justiciablesââ.
Selon lui, ââil est donc impératif que LâUMS, dans le strict respect de lâobligation de réserve, se lance dans une campagne de communication constructive basée sur les principes fondamentaux qui gouvernent le fonctionnement de la justiceââ.
LâUMS, a-t-il précisé, âânâest pas une juridiction habilitée à se prononcer sur des procédures judiciaires en cours, encore moins une instance chargée de critiquer les décisions rendues par ses membresââ.
Défense des intérêts matériels et moraux de ses membres

Elle est, a-t-il rappelé, ââune association dont le but essentiel est la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres et doit tout faire également pour vulgariser le mode de fonctionnement de la justice pour une meilleure compréhension des justiciables et a, à ce titre, besoin dâun partenariat franc avec la presseââ.
Selon lui, ââil est donc impératif, étant acteurs majeurs dans la distribution de la Justice, de clarifier certains principes qui animent lâintégralité du débat public à savoir lâindépendance de la justiceââ.
Le président de lâUMS a noté que ââla justice est également critiquée du fait dâune différence de traitement de certaines affaires, surtout du côté de la poursuiteââ.
Procureur de la République de décider ou pas de mettre en mouvement lâaction publique
Il a précisé que la poursuite ââest fondée sur le principe de lâopportunité donnant le pouvoir au Procureur de la République de décider ou pas de mettre en mouvement lâaction publique, et de choisir le moment opportun pour le faireââ.
Ousmane Chimère Diouf a souligné que ââlâinertie du parquet dans la mise en mouvement de lâaction publique nâest pas rédhibitoireââ.
Il a rappelé que ââla preuve dâune culpabilité ou dâune innocence en matière pénale est fondée sur lâintime conviction du juge basée sur des éléments produits et discutés devant lui et non sur la clameur publique ou sur la commune renommée ou toute autre forme de pression (â¦) lâaveu considéré comme la reine des preuves en droit commun ne lâest pas au pénal, lâappréciation souveraine du juge primant sur toutââ.
ââLe Procureur de la République poursuit sur le fondement dâindices graves et concordants, le juge dâinstruction recherche des charges de nature à motiver le renvoi devant le tribunal et le tribunal se fonde sur des preuves pour condamner, et le tout est régi par le principe de lâindépendance entre ces trois juridictions de poursuite, dâinstruction et de jugementââ, a-t-il expliqué.
Décisions rendues et concernant des hommes politiques
Il a déploré le fait que la justice soit ââévaluée par lâopinion publique sur la base des décisions rendues et concernant des hommes politiquesââ.

Le président de lâUMS a rappelé que ââla politique nâest pas un fait justificatif en droit et que la différence dâapproche entre la conception de lâopinion fondée sur la qualité des personnes poursuivies est radicalement différente de celle des juges, basée essentiellement sur les faits qui leur sont reprochésââ.
ââLa politique nâest pas au dessus de la loi et ne peut transférer à la justice ses propres règles de fonctionnement et de communication et il appartient à tout inculpé, prévenu, ou accusé, de se défendre librementââ, a-t-il souligné.
Personne à lâheure actuelle ne peut prétendre détenir les statistiques
Le président de lâUMS estime que ââla justice a besoin dâêtre critiquée objectivement pour évoluerââ mais cette critique ââdoit se fonder sur la globalité de son activitéââ. ââOr, relève t-il, personne à lâheure actuelle ne peut prétendre détenir les statistiques pouvant donner une vue globale sur lâactivité juridictionnelle dans notre paysââ.
Il a rappelé que lâactivité judicaire ââne se limite pas à la matière pénaleââ, saluant ââle travail considérable effectué par le juge civil, celui des référés, celui de la famille, du juge commercial, du juge social, du juge administratif (â¦.)ââ.
Intérêt dans un débat ne peut émettre un avis neutre
ââComment peut-on critiquer une activité sans connaître ses règles de fonctionnement ?ââ, sâest-il interrogé, estimant quâobjectivement, ââune personne qui a intérêt dans un débat ne peut émettre un avis neutreââ.
Selon lui, ââle débat judiciaire loyal tel que prévu par les textes et tous les principes généraux qui gouvernent lâactivité juridictionnelle, doit se tenir au prétoire et nulle part ailleurs, dans le respect du principe sacro-saint du contradictoireââ.













