À Erbil au Kurdistan irakien, une attaque a eu lieu ce mercredi après-midi dans un restaurant de la ville contre des responsables turcs (image d'illustration). REUTERS/Ahmed Jadallah
À Erbil au Kurdistan irakien, une attaque a eu lieu ce mercredi après-midi dans un restaurant de la ville contre des responsables turcs (image d'illustration). REUTERS/Ahmed Jadallah

À Erbil au Kurdistan irakien, une attaque a eu lieu ce mercredi après-midi dans un restaurant de la ville contre des responsables turcs. Dans un communiqué, Ankara confirme la mort d’un de ses diplomates dans la fusillade, un homme « tombé en martyr », et promet des représailles, sans désigner de coupables. Même si de lourds soupçons pèsent sur les rebelles du parti des travailleurs du Kurdistan.

Il est un peu plus de 14h30 lorsqu’un homme armé surgit dans un restaurant chic d’Erbil. Des diplomates turcs sont en train d’y déjeuner. L’assaillant ouvre le feu et tue le vice-consul de Turquie, ainsi qu’un civil de nationalité irakienne. Selon un témoin, l’assaillant prend ensuite la fuite à bord d’une voiture qui l’attendait à l’extérieur.

Le tireur et ses complices sont toujours activement recherchés par les services de sécurités du Kurdistan irakien. La ville est entièrement bouclée.

Si l’attaque n’a pour l’instant pas été revendiquée, tous les regards se tournent désormais vers le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. Car les séparatistes, en guerre contre Ankara depuis près de quarante ans, sont en ce moment la cible d’une large offensive dans les montagnes du nord de l’Irak, où ils sont réfugiés.

Dimanche, les guérilleros annonçaient la mort d’un de leurs responsables historiques, tué dans des bombardements de l’armée turque. L’attaque de ce mercredi après-midi ressemble donc, pour beaucoup d’observateurs, à des représailles.

Depuis le début de l’insurrection du PKK dans les années 1980, 40 000 personnes ont trouvé la mort dans les affrontements entre l’armée turque et les insurgés.


 Ankara attend les conclusions de l’enquête

Les autorités turques ont bien sûr condamné fermement l’attaque – une « attaque lâche », selon les mots du président Recep Tayyip Erdogan – et menacé de riposter. Mais elles ont aussi choisi, pour l’instant, de ne pas désigner de coupable et de laisser progresser l’enquête des autorités irakiennes et de la région autonome du Kurdistan d’Irak, tout en se disant prêtes à envoyer sur place une délégation, rapporte notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer.

Contrairement à ce qu’avait d’abord affirmé l’agence étatique Anadolu, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a précisé que la fusillade n’était pas l’œuvre d’un seul, mais de trois assaillants qui avaient « pris pour cible » des employés du consulat de Turquie à Erbil dans un restaurant où ils avaient leurs habitudes.

Si elles ne désignent encore personne, les autorités turques soupçonnent évidemment le PKK.

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