Le maire de Dakar Khalifa Sall a été condamné vendredi à 5 ans de prison ferme dans le cadre dâune affaire de détournement de deniers publics par laquelle lâédile était poursuivi en même temps que 7 autres de ses collaborateurs.
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Le Tribunal correctionnel de Dakar, dans sa décision rendue publique le même jour, a condamné à la même peine Mbaye Touré et Yaya Bodian, pour ââescroquerie sur deniers publicsââ.
Les autres co-inculpés du maire de Dakar ont été relaxés. Ils étaient tous jugés pour un détournement de deniers publics portant sur 1,8 milliard de francs CFA dans lâaffaire dite de la caisse dâavance de la mairie de Dakar.
Le maire de Dakar a également été condamné à payer une amende de 5 millions FCFA pour les délits de faux et usage de faux en écriture de commerce, faux et usage de faux en documents administratifs et escroquerie portant sur des deniers publics.
Le procureur Serigne Bassirou Guèye avait requis 7 ans contre le maire de Dakar et une amende de 5,49 milliards de francs CFA correspondant à trois fois la somme des détournements présumés.
A lâannonce du verdict, Me Ciré Clédor Ly, un des avocats du maire de Dakar, a rejeté cette décision du juge, annoncé que Khalifa Sall ferait appel de ce jugement et plaidé pour une réforme de la justice.
Il dit ne pas voir lâintérêt de ce procès qui a été selon lui âârejeté globalementââ par le peuple sénégalais au nom de qui la justice est rendue, en allusion aux mouvements de désapprobatation de certains dans la salle dâaudience, qui ont fait selon lâavocat que le juge nâa pas pu terminer la lecture de son verdict.
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Me Ly a répété, sur les antennes de la Radio futurs médias (RFM, privée), que « ce procès avait des motivations politiques visant à tuer dans lâoeuf une éventuelle candidature de Khalifa Sall lors de la prochaine présidentielle », une ligne de défense toujours évoquée par lâédile, ses avocats et soutiens.
Le responsable de la section sénégalaise de lâONG Amnesty International, Seydi Gassama, également interrogé par la RFM, a dit ne pas être surpris par ce verdict, estimant que ââle but recherché a été atteintââ, à savoir celui dâécarter un adversaire politique potentiel.
ââIl faut quâon arrête le cynismeââ, a-t-il poursuivi, estimant que personne ne pourrait croire que cette affaire nâa ââpas de relents politiquesââ.
ââAu Sénégal, conclut M. Gassama, le seul vrai pouvoirââ, câest celui du président de la République qui dispose selon lui de ââtous les moyensââ de pression sur la justice.
Me Baboucar Cissé, du pool dâavocats de lâEtat qui sâest constitué partie civile dans cette affaire, assure que « le droit a été dit dans cette affaire ».
Selon lui, le tribunal ne peut faire quâappliquer la loi, vu lâinfraction visée – escroquerie sur deniers publics – et qui doit être sanctionnée de 5 ans au minimum conformément aux dispositions actuelles de la loi.
Concernant la décision annoncée de la défense dâinterjeter appel de ce verdict, il affirme que câest le droit ââle plus absoluââ du maire de dakar et de ses conseils, avant de dire que même lâEtat projette de faire appel, le tribunal nâayant pas accédé à ses demandes relativement aux « intérêts civilsââ.
Le porte-parole du gouvernement, le ministre Seydou Guèye, a globalement rejeté les critiques portant sur la nature politique supposée de ce procès, refusant quâune décision de justice soit considérée infondée avec lâargument quâil ne contenterait pas certains.
Il a souligné la nécessité de la reddition des comptes, arguant quâ »un citoyen ne peut être épargné par le bras de la justice sous le prétexte quâil aurait des ambitions politiques ».













