Révélations par Youssoupha Ndiaye sur la victoire du Sénégal au tournoi de football des jeux de lâamitié en 1963. Le football sénégalais, en quête dâune première victoire en Coupe dâAfrique des nations (CAN), gagnerait à faire de « Regards croisés » son livre de chevet, pour tirer profit des enseignements de lâancien ministre Youssoupha Ndiaye, qui raconte comment lâéquipe nationale du Sénégal a décroché son premier titre international.
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Youssoupha Ndiaye raconte la victoire du Sénégal au tournoi de football des jeux de lâamitié en 1963
Lâancien attaquant décédé en juillet dernier commence par dire que le Sénégal « avait fait une très bonne préparation pour les Jeux de lâAmitié ».
« La fédération qui avait la direction du football sénégalais a constitué une équipe de techniciens. Une véritable équipe, avec comme directeur technique lâentraîneur principal Abdoulaye Thiam », rappelle-t-il dans un entretien paru dans ce livre (102 pages) publié par les Editions Promo LBD.
Il cite, parmi les membres du staff technique victorieux, Boubacar Bèye (un ancien joueur de Toulon, en France), Libasse Diop et Urbain Diagne, un ancien joueur (France) devenu plus tard entraîneur de lâUS Gorée et maire de Gorée.
Je ne sais pas sâil était entraîneur ou pas
« Donc une équipe de techniciens bien étoffée, il y avait aussi Raoul Diagne qui jouait un rôle pas très clair, je ne sais pas sâil était entraîneur ou pas », poursuit Youssoupha Ndiaye, ancien président du Conseil constitutionnel, en parlant du staff technique de lâépoque.
Pour préparer cette compétition, les entraîneurs ont constitué dans un premier temps des sélections régionales à travers le pays. El Hadj Malick Sy dit Souris faisait partie des joueurs sélectionnés, parmi lesquels se trouvaient des étudiants.

Souris deviendra plus tard président de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Quand il dirige la FSF, près de quarante ans plus tard, le Sénégal sâapproche dâun remake du sacre de 1963 en jouant sa première finale de la Coupe dâAfrique des nations, puis les quarts de finale la Coupe du monde, en 2002.
Youssoupha Ndiaye, un de ses coéquipiers, se désole dans « Regards croisés » que des journalistes continuent de dire que le Sénégal nâa gagné aucun trophée international de football. Une affirmation démentie par le sacre de 1963, aux Jeux de lâAmitié, à Dakar.
Dans les locaux de lâécole William Ponty, avant de sâinstaller au lycée Van-VollenhovenÂ
Pour se préparer aux Jeux de lâAmitié, les joueurs ont passé trois mois de stage dans les locaux de lâécole William Ponty, avant de sâinstaller au lycée Van-Vollenhoven – lâactuel lycée Lamine-Guèye -, à Dakar, raconte le magistrat et ancien ministre dâEtat, chargé des Sports.
Au début des compétitions, lâéquipe du Sénégal avait élu domicile au Champ de courses (un terrain sans gazon). Elle rejoindra ensuite le stade Demba-Diop (qui ne portait pas encore ce nom), construit pour les Jeux de lâAmitié.
Youssoupha Ndiaye insiste, dans ses souvenirs, sur la discipline du groupe de performance et les bons résultats à lâorigine de lâentente entre les supporters et cette équipe. Laquelle a battu de grands noms du football continental dont le Nigeria, le Cameroun et la Tunisie, et lâéquipe amateurs de la France, se souvient lâancien footballeur, président du comité national provisoire chargé du football au Sénégal, après la dissolution de la fédération consécutive à la débâcle de lâéquipe à la CAN 1986.

Les auteurs de « Regards croisés » souhaitent que sâinstaure de nouveau cette discipline au sein de toutes les sélections nationales du Sénégal, selon lâancien ministre Papa Abdoulaye Seck, qui a signé la préface de lâouvrage.
Vainqueur des Jeux de lâAmitié
En donnant la parole à Youssoupha Ndiaye, leader dâattaque de lâéquipe vainqueur des Jeux de lâAmitié, les auteurs entendaient le faire participer à son écriture. « En écoutant les anciens, on peut au moins apprendre dâeux ce quâil ne faut pas faire », lit-on dans lâouvrage.
Dans lâavant-propos, le professeur de droit Abdoulaye Sakho, passionné de football, dirigeant du Jaraaf de Dakar, a estimé que la contribution des anciens pouvait aider à « connaître les raisons du succès sénégalais » de 1963.
« Lâéquipe de 1963 est apparue comme un bloc soudé, un collectif, avec une mentalité de conquérant », écrit lâenseignant en droit qui suggère la posture que doit avoir lâactuelle génération conduite par Aliou Cissé, un ancien capitaine des Lions du Sénégal.
Une génération dont plusieurs joueurs ont gagné des titres majeurs avec leur club, dans les meilleures ligues du monde. Elle prendra part à la CAN 2021 prévue du 9 janvier au 6 février, au Cameroun.

Plusieurs dâentre eux jouent en équipe nationale, sous la direction du même coach depuis mai 2015, et dâautres depuis les Jeux olympiques de Londres 2012. On peut citer Sadio Mané (Liverpool), Cheikhou Kouyaté (Crystal Palace) et Idrissa Gana Guèye (PSG) parmi ces derniers.
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Ces trois joueurs ont pris part à trois compétitions majeures, sous la direction de Cissé : deux Coupes dâAfrique des nations (2017 et 2019) et la Coupe du monde 2018.

Tout en rêvant dâun sacre comme celui de 1963, on se rappelera que des Lions du Sénégal ont gagné le trophée de la Médaille dâor en football, lors des Jeux africains de Brazzaville en 2015.













