Huit ans après la chute de Laurent Gbagbo, la traditionnelle commémoration du 11 avril 2011, date de l’arrestation de l’ex-président ivoirien, se déroule sans faste à Abidjan. Son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), est marqué par de profondes divisions.
Au siège du Front populaire ivoirien (FPI) à Cocody (Abidjan), le calme du quotidien plane en cette matinée du jeudi 11 avril. Aucune activité officielle nâa été prévue pour ce jour qui commémore les huit ans de la chute, à Abidjan, de lâex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de son pouvoir.Â
Pascal Affi NâGuessan, le président légal de la formation politique de Laurent Gbagbo, a simplement convoqué dans lâaprès-midi un secrétariat général à huis clos.
Dans la même commune et au domicile de lâex-couple présidentiel transformé en quartier général des dissidents du parti, câest la même ambiance dâune journée ordinaire.
Assoa Adou, le nouvel homme fort des « Gbagbo ou rien » après le décès début novembre 2018 dâAboudramane Sangaré, a convoqué, toujours dans lâaprès-midi, une réunion de son secrétariat général. à huis clos, elle aussi.
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Crise entre les deux camps
Le manque de commémoration officielle des deux camps rivaux du FPI est le résultat dâune profonde division du parti de Laurent Gbagbo, accentuée par la rencontre avortée à Bruxelles, le 21 mars dernier, entre lâex-président ivoirien et Pascal Affi NâGuessan.

Les années passées et en dépit de la crise entre les deux camps, Agnès Monnet, alors secrétaire générale et porte-parole du FPI, dressait un réquisitoire musclé contre le pouvoir dâAlassane Ouattara, grand tombeur de Laurent Gbagbo.
Pour le politologue ivoirien Sylvain NâGuessan, le manque de célébration officielle dans les deux camps a une explication politique simple.
« Affi NâGuessan a le logo du FPI mais il est en conflit ouvert avec Gbagbo, démontre-t-il. Ce dernier incarne le 11 avril, ce qui rend difficile de commémorer ce jour sans parler de Gbagbo.
Assoa Adou, lui, bénéficie de lâonction de Gbagbo, mais sans doute refuse-t-on dans le camp des rivaux dâAffi NâGuessan de faire face à des questions internes, comme lâordre protocolaire ou la teneur du discours.
Cette tendance du FPI ne sâest pas encore clairement arrêtée sur la position à adopter vis-à -vis de la communauté internationale, responsable selon elle de la chute de Gbagbo ».
De fait, les deux camps rivaux au FPI sont secoués par des dissensions internes. Dans le camp dâAffi NâGuessan, après la démission dâAgnès Monnet, qui a rejoint depuis deux semaines le camp des frondeurs, dâautres démissions sont annoncées ou soupçonnées.Â
Pour certains, une rupture avec Gbagbo serait préjudiciable à leur propre carrière politique. Dans le camp dâAdou, lâambition présidentielle de Simone Gbagbo, au détriment de celle de Laurent Gbagbo, présenté comme le « candidat naturel », fait couver une crise qui pourrait être de plus en plus visible à lâapproche de la présidentielle de 2020.Â
Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) reste menacé par plusieurs procédures judiciaires en Côte dâIvoire.
En attendant, la société civile, elle, nâa pas complètement rejeté la journée de commémoration. Plusieurs organisations non gouvernementales ivoiriennes se sont notamment réunies dans un hôtel dâAbidjan.
àlâinitiative de la Coalition ivoirienne pour la CPI, elles ont débattu autour du « sort des victimes », en se basant sur lâacquittement du Congolais Jean-Pierre Bemba et celui des Ivoiriens Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.
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Après la libération de Gbagbo
Le 11 avril 2011, à lâissue de cinq mois de crise post-électorale ayant occasionné la mort dâau moins 3 000 personnes, Laurent Gbagbo avait été arrêté à la résidence présidentielle par les ex-Forces républicaines de Côte dâIvoire (FRCI, armée loyale à Alassane Ouattara et majoritairement composée de combattants de lâex-rébellion des Forces nouvelles de Guillaume Soro).

Auparavant, lâex-force française Licorne, agissant sous mandat onusien, avait bombardé la résidence où sâétaient réfugiés Gbagbo et des proches, dans un bunker souterrain, assurant ainsi aux troupes de Ouattara une victoire militaire.
La crise était née du refus de Gbagbo de concéder sa défaite électorale face à Ouattara, à lâissue du second tour de la présidentielle de novembre 2010.
Après plus dâun an de détention dans le septentrion ivoirien, Gbagbo avait été transféré à la CPI où il a été jugé, avec son bras droit Charles Blé Goudé, pour quatre chefs de crimes contre lâhumanité. Libérés sous conditions en février 2019, ils attendent de connaître leur sort définitif.













