Compte rendu du conseil des ministres du jeudi 23 décembre 2021. Le Conseil des Ministres sâest réuni ce Jeudi 23 Décembre 2021 en visioconférence, sous la très haute autorité de Son Excellence, Monsieur Denis SASSOU NâGUESSO, Président de la République, Chef de lâEtat.
Conseil des ministres Congo Brazza du jeudi 23 décembre 2021

Deux (02) affaires étaient inscrites à son ordre du jour, à savoir :
Une (1) communication sur le rapport dâévaluation finale du Plan National de Développement (PND) 2018-2022, et un (1) projet de loi portant approbation du Plan National de Développement (PND) 2022-2026, intitulé « une économie forte, diversifiée et résiliente », ces deux affaires présentées au titre du Ministère de lâEconomie, du Plan, de la Statistique et de lâIntégration Régionale.
Ministère de lâEconomie, du Plan, de la Statistique et de lâIntégration Régionale.
1/ – Communication sur le rapport dâévaluation finale du Plan National de Développement (PND) 2018-2022.

Invitée par le Président de la République à prendre la parole, Mme Ingrid Olga Ghislaine EBOUKA-BABACKAS, Ministre de lâEconomie, du Plan, de la Statistique et de lâIntégration Régionale, a précisé aux Membres du Conseil des Ministres que le 25 octobre 2021, le Conseil National dâEvaluation a examiné les contours du Plan National de Développement sortant, tant sur son processus dâ(élaboration que sur lâanalyse de ses performances macroéconomiques et celles de ses axes prioritaires.
Construit dans un contexte de crise économique et financière et dâassêchement de nos finances publiques, le PND 2018-2022 avait pour matrice principale le projet de société du Président de la République, « La Marche vers le Développement », cadre programmatique dâaction du Gouvernement durant les cinq dernières années.
Il visait principalement à juguler la récession, relancer la croissance tout en poursuivant les efforts en matière de protection sociale, avec pour perspectives principales une croissance hors pétrole de 4% et lâamélioration de divers indicateurs économiques.
Les performances attendues du PND ont été en-deçà des objectifs visés

Dâun coût estimé de 15.693,687 milliards de frs CFA hors service de la dette, soit 11 .666 milliards de frs CFA en dépenses courantes et 4.023 milliards de frs CFA en dépenses en capital, pour une moyenne annuelle globale de 3.139 milliards de frs CFA déclinée selon les rubriques sus indiquées, le PND 2018-2022 devait être financé par des ressources propres à hauteur de 36,9%, pour un besoin de financement de 63,1% à couvrir par des ressources extérieures.
Poursuivant son propos, la Ministre EBOUKA-BABACKAS a précisé que si le Rapport dâévaluation a établi que lâexécution du plan a permis de réaliser des progrès significatifs en matière de gouvernance, il a été constaté que les performances attendues du PND ont été en-deçà des objectifs visés.
Ainsi, la croissance économique hors-pétrole sâest dégradée, sâétablissant à une moyenne de -1,5% sur la période 2019-2021 contre une prévision de +3,1%. De même, la faiblesse du système statistique nâa pas permis dâévaluer les réformes en profondeur attendues du système éducatif et de formation qualifiante.
La diversification économique, autre axe majeur, a été entravée ; si elle a par exemple permis de voir la part de lâagriculture dans le PIB passer sur la période de 7,4% à 9%, le tourisme contribuer à lâemploi et améliorer sa situation malgré la COVID-19, certains secteurs majeurs ont continué à souffrir de lâaggravation de la crise.
Au total, la mise en Åuvre du PND 2018-2022 ne sâest pas traduite par une transformation structurelle de lâéconomie ; ces difficultés sont en grande partie dues à une mobilisation timide du secteur privé mais, également et surtout, à une insuffisante mobilisation des ressources, tant internes (seulement 30,5% par rapport à la prévision) et extérieures (seulement la moitié) et se sont logiquement traduites par un taux de décaissement effectif de 54,2%.
Enfin, sur la plan macroéconomique, lâexécution du PND 2018-2022 a été entravée par différents facteurs, notamment :
- ⦠La crise économique et financière consécutive à la chute drastique des cours du pétrole et au resserrement des dépenses dâinvestissement préconisées dans le cadre de la mise en Åuvre des réformes dites PREF-CEMAC ;
- ⦠La mise en Åuvre de lâaccord de Facilité Elargie de Crédit (FEC) conclu avec le FMI en juillet 2019, orienté vers les réformes structurelles plutôt que lâinvestissement, puis la suspension de son exécution, avec pour effet une défiance plus importante des potentiels investisseurs ;
- ⦠Lâapparition de la pandémie de coronavirus Covid19, qui a grandement affecté lâactivité, avec notamment une chute du PIB de 6,2% en 2020 ;
- ⦠Les Membres du Conseil des Ministres ont pris bonne note de cette communication.
Ils ont noté que lâexécution dâun Plan quinquennal, dont le premier du genre a été engagé entre 1982 et 1986, est une grande aventure collective.
- ⦠Lâélaboration et la mise en Åuvre dâun Plan National de Développement sont un pari sur lâavenir ;
- ⦠les entraves constatées en cours dâexécution ne sont que des aléas qui doivent être analysés avec objectivité, ce qui a été fait par le Rapport dâévaluation soumis à lâexamen du Conseil ;
- ⦠Enfin, les enseignements tirés de lâévaluation du PND 2018-2022 ont permis aux pouvoirs publics de se projeter de manière plus pertinente sur les conditions dâélaboration du PND 2022-2026.
2/ – Projet de loi portant approbation du Plan National de Développement (PND) 2022-2026, intitulé « une économie forte, diversifiée et résiliente.
Lâélaboration du PND 2022-2026 a connu son coup dâenvoi par la prescription faite par SEM. le Président de la République lors du discours prononcé à lâoccasion de son investiture le 17 avril 2021.
Ce nouveau Plan, avec pour base programmatique le projet de société « Ensemble poursuivons la Marche » massivement approuvé par le peuple lors du scrutin présidentiel de mars 2021, a connu une élaboration technique pilotée par le Ministère en charge du Plan, accompagné par la Task Force des politiques économiques et sociales mise en place par le décret n°2021-304 du 25 mai 2021.
Tenant compte, dâune part, des engagements internationaux du Congo, le PND 2022-2026 soumis à lâexamen du Conseil des Ministres anticipe, dâautre part, sur les contraintes qui seront générées par la conclusion attendue prochainement du Programme dâappui financier de moyen terme (2022-2024) actuellement négocié avec le Fonds Monétaire International.
Les marqueurs principaux du projet de PND 2022-2026, que lâon peut qualifier de « Plan National de Développement de deuxième génération », sont la priorité donnée à lâéconomie ainsi que le dosage entre la poursuite des réformes tendant à stabiliser la situation macroéconomique et la mise en Åuvre des conditions de réussite de la relance effective de lâéconomie congolaise.
Lâobjectif majeur est de faire passer le Congo dâune économie de rente pétrolière à une économie nationale forte, diversifiée et résiliente. La transformation structurelle de lâéconomie nationale permettra à notre pays de faire face aux problèmes économiques, sociaux, de souveraineté et de protection de lâenvironnement.
Il sâagira précisément, sur la période 2022-2026, dâassurer une croissance régulière et forte du PIB hors pétrole (7% en moyenne annuelle), une forte création dâemplois, la réduction accélérée de la pauvreté, une baisse de lâimportation des produits de base, etc.
Pour ce faire, les objectifs spécifiques du projet de PND 2022-2026 sont les suivants :
- ⦠Le développement de lâagriculture au sens large, pour offrir des emplois, réduire la pauvreté, lâexode rural et les importations alimentaires ;
- ⦠Le développement de lâindustrie pour créer des emplois, valoriser et exploiter nos ressources naturelles, transformer la production agricole et réduire les importations de produits industriels ;
- ⦠Le développement des zones économiques spéciales (Brazzaville, Ollombo-Oyo, Ouesso et Pointe-Noire) pour notamment intensifier la production industrielle nationale ;
- ⦠Le développement du tourisme, appuyé sur lâécotourisme, la valorisation des atouts historiques et culturels du Congo ;
- ⦠Le développement de lâéconomie numérique grâce à lâintensification de sa diffusion dans lâéconomie nationale, lâaccroissement de la compétitivité nationale et la lutte contre la fracture numérique ;
- ⦠Le développement des activités immobilières, grâce à lâutilisation de matériaux locaux de construction, une politique dynamique de modernisation de nos villes et lâamélioration des conditions dâhabitat.
Sur le plan méthodologique, le PND 2022-2026 devra sâarticuler autour des moyens suivants :
- ⦠réserver les ressources nécessaires à la mise en Åuvre du PND aux seuls secteurs concernés par les programmes retenus dans les 6 secteurs sus évoqués ;
- ⦠réussir à impliquer le secteur privé dans le financement du PND et à mettre en Åuvre une politique dâaccompagnement efficace des PME-PMI ;
- ⦠mobiliser le maximum de ressources en mettant une stratégie de financement à large spectre, incluant les ressources des partenariats publics-privés et les financements innovants ;
- ⦠assurer un suivi-évaluation performant, grâce à des mécanismes placés sous la supervision du Premier Ministre, chef du Gouvernement ;
- ⦠décliner le PND central en « plans locaux de développement », avec lâimplication des collectivités locales.
Prise en compte de la valorisation du capital humain
La réussite du PND 2022-2026 est fondée sur la prise en compte de la valorisation du capital humain, grâce à la mise en Åuvre de politiques publiques sectorielles.
- ⦠Accompagné dâannexes opérationnelles (Document-cadre de politique et de programmation macroéconomique et budgétaire ;
- ⦠programme pluriannuel des actions prioritaires ;
- ⦠programme dâinvestissements publics 2022-2026 ;
- ⦠document-cadre de suivi et dâévaluation ;
- ⦠guide des processus et procédures de mise en Åuvre du PND;
- ⦠plan de communication ;
- ⦠document-cadre pour la production des statistiques pour le suivi et lâévaluation du PND 2022-2026), le Plan National de Développement prévoit un coût global de mise en Åuvre de 8.997 milliards de frs CFA, soit un coût annuel moyen de 1.797 milliards de frs CFA.
Les dépenses dâinvestissement sont évaluées à 8.987 milliards de frs CFA.

Financé à hauteur de 24% par des ressources propres, soit 2161 milliards de frs CFA, le montant du financement acquis est constitué à 58,5% de ressources propres de lâEtat et à 41,5% de ressources extérieures attendues, représente 41% du coût global du PND 2022-2026.
Enfin, le gap de financement est évalué à 5.299,2 milliards de frs CFA, avec la contribution attendue à hauteur de 31% du secteur privé national, soit 2.831 milliards de frs CFA, tandis que les financements extérieurs traditionnels recherchés privilégieront les prêts concessionnels.
Après avoir pris bonne note des principales articulations du projet de Plan National de Développement 2022-2026, les Membres du Conseil des Ministres ont noté avec satisfaction que le projet soumis à leur examen et approbation avait identifié six piliers au profit desquels les ressources devaient être allouées en priorité, et ce dans le but de favoriser la création accrue de la richesse nationale, elle-même destinée à une redistribution prioritaire aux populations bénéficiaires, notamment grâce à lâamélioration du capital humain (santé, éducation et formation qualifiante).
En résumé, le Plan National de Développement 2022-2026, PND « de deuxième génération », doit viser des investissements et priorités affirmées qui profitent au peuple congolais dans sa diversité.
Après examen et discussion, le Conseil des Ministres a approuvé le projet de loi portant approbation du Plan National de Développement (PND) 2022-2026, intitulé « une économie forte, diversifiée et résiliente » ; il sera transmis au Parlement pour examen et adoption.
Plus rien nâétant inscrit à lâordre du jour, le Président de la République a clos les travaux du Conseil et levé la séance.
Commencée à 10h00, la réunion du Conseil des Ministres a pris fin à 11h30.
Fait à Brazzaville, le 23 décembre 2021
Le Ministre de la Communication et des Médias,
Porte-parole du Gouvernement,
Thierry Lézin MOUNGALLA/-
RECOMMANDÃ POUR VOUS
- Gabon : Georgette Eyeghe Ngoua, la bâtisseuse de Libreville
- RDC: homélie de Noël «apaisée» pour le cardinal Ambongo
- Zambie: H. Hichilema, un président pas comme les autres













