Contre indications et allergies au maïs. Il existe peu de contre-indications à la consommation de maïs, celui-ci étant très digeste et sans gluten. Comme toutes les céréales, le maïs contient de lâacide phytique pouvant entrer en compétition avec certains nutriments au moment de leur absorption. Toutefois, cette teneur en acide phytique est à relativiser.
Contre indications et allergies au maïs

Les produits céréaliers sont dâune grande importance dans notre alimentation. Lâune des Recommandations alimentaires pour la santé des Canadiens de Santé Canada est de donner « la plus grande part aux céréales, pains et autres produits céréaliers ainsi quâaux légumes et aux fruits ».
Le Guide alimentaire canadien pour manger sainement tient compte de cette recommandation et insiste sur le choix de produits céréaliers à grains entiers ou enrichis.
Les autorités américaines, de leur côté, recommandent quâau moins la moitié des produits céréaliers consommés soient à grains entiers.
Les bienfaits du maïs

Ces recommandations sont basées sur les résultats dâétudes épidémiologiques qui démontrent que la consommation de grains entiers serait reliée à un risque moindre de maladies cardiovasculaires et de diabète, de certains cancers et dâobésité-.
Ces effets bénéfiques seraient reliés à la synergie entre les nombreux composés contenus dans les produits céréaliers à grains entiers, tels les fibres, les antioxydants, les vitamines et les minéraux.
Comme la majorité de ces composés sont contenus dans le son et le germe, les céréales ont avantage à être consommées le moins raffinées possible.
Richesse en acide phytique

Les grains céréaliers contiennent des composés phytochimiques tels que lâacide phytique, lâun des plus abondants microconstituants du grain. Le maïs contient davantage dâacide phytique que le riz ou le blé.
Ce composé, que lâon retrouve en plus grande quantité dans lâenveloppe externe du grain (son) et le germe, a la capacité de se lier à certains minéraux (calcium, magnésium, fer, zinc) et dâainsi réduire leur absorption dans lâintestin.
Toutefois, les chercheurs sâentendent pour dire que, dans un contexte occidental où il y abondance et diversité alimentaire et où la déficience nutritionnelle est plutôt rare, cet effet a peu dâimpact sur la santé.

De plus, certains procédés domestiques (par exemple le trempage dans lâeau, la cuisson) permettent dâéliminer une partie de lâacide phytique du maïs, ce qui rend les minéraux plus absorbables.
La consommation dâacide phytique (ou phytate) aurait même un côté bénéfique puisquâil agit comme antioxydant dans lâorganisme. Les bienfaits potentiels de lâacide phytique nâont toutefois pas encore été validés chez lâhumain, nâayant été observés que chez lâanimal et in vitro.
Attention aux OGM

Une grande partie des produits « mexicains » (tortillas, tacos et croustilles) qui se retrouvent sur les tablettes de nos épiceries sont fabriqués avec de la farine de maïs issue de grains de variétés modifiées génétiquement.
à noter que ces produits ne viennent pas du Mexique, pays qui ne cultive dâailleurs aucune variété de maïs modifié génétiquement, mais plutôt des Ãtats-Unis, le plus grand producteur au monde de plantes GM.
Les produits à base de fécule de maïs, de dextrose et de maltose sont également fabriqués en majorité avec du maïs OGM, bien quâon nâen retrouvera pas nécessairement de traces dans les produits alimentaires qui en contiennent, car il sâagit de substances purifiées.
Les céréales du matin à base de flocons de maïs peuvent être faites avec du maïs transgénique (Voir notre dossier Les OGM alimentaires : état de santé.)
Histoire et anecdotes

Le terme « maïs » est apparu dans la langue française en 1519, dâabord sous la forme de « maiz », puis en 1544, sous sa forme actuelle. Il dérive de lâespagnol mais, qui lâa emprunté au caribéen mahis signifiant « source de vie ».
« Blé de Turquie », « blé dâEspagne », « blé dâItalie », « mil », « blé dâInde », ces termes ont longtemps désigné le maïs, à des époques où lâon ignorait quâil venait dâAmérique.
Un peu dâHistoire

Le maïs est originaire de la Méso-Amérique (Mexique, Guatemala). Il aurait été domestiqué quelques millénaires avant notre ère, possiblement en deux endroits distincts, soit au Mexique et dans les hauts plateaux du Pérou, où des types très différents lâun de lâautre sont apparus et ont évolué, ce qui explique quâil existe une telle variété dans les formes modernes.
On a beaucoup spéculé sur son ancêtre sauvage, que lâon nâa jamais retrouvé dans la nature, jusquâà ce quâune généticienne américaine annonce, en 2004, quâil était probablement né dâun croisement spontané entre deux plantes très proches, le téosinte, considéré jusquâalors comme le candidat le plus plausible, et une autre graminée appartenant au genre Tripsacum.
Le maïs nâatteindra le nord de lâAmérique que beaucoup plus tard, soit environ 1 000 ans avant notre ère, mais il sera alors adopté par tous les peuples amérindiens.

Lorsque Jacques Cartier débarque dans la péninsule gaspésienne et la vallée du Saint-Laurent au XVIe siècle, il constate que les Hurons et les Iroquois en cultivent au moins une variété, et quand il remonte le fleuve jusquâà Hochelaga (lâactuelle Montréal), il aperçoit de « grands et beaux champs » de maïs.

â> A lire aussi
Tandis que les Amérindiens du sud et du nord lui vouent, sans exception, un culte quasi religieux et le considèrent comme la Mère de tous les aliments, les conquérants espagnols ne sây intéresseront pas et se contenteront de le donner aux animaux dâélevage, préférant cultiver le blé, quâils ont apporté dans leurs bagages.
Cette mauvaise réputation le suivra dans ses périples à travers lâEurope où il ne sera guère populaire dans lâalimentation humaine, à lâexception du nord de lâItalie, du Pays basque et de certaines régions de lâEurope centrale qui lâadopteront volontiers.

Par contre, en Afrique, où les Portugais lâintroduiront, il deviendra un aliment de base, supplantant au XXe siècle le sorgho et le millet et, à un moindre degré, les tubercules et les racines qui constituaient jusque-là lâessentiel de lâalimentation.
Sous lâEmpire britannique, il sera la principale nourriture des mineurs noirs et, aux Ãtats-Unis, celle des esclaves ramenés dâAfrique. Il jouera également un rôle important dans lâalimentation des Indonésiens et des habitants de certaines régions éloignées de la Chine, où le riz pousse mal.
Production mondiale de maïs

Des trois céréales les plus importantes sur le globe (blé, riz, maïs), câest la seule à ne pas être cultivée essentiellement pour nourrir les êtres humains.
Un cinquième seulement de la production mondiale leur est destiné, tandis que les deux tiers vont à nourrir les animaux et environ un dixième à la fabrication de produits industriels :
- â plastique,
- âéthanol,
- â huile tirée du germe,
- âfécule,
- âédulcorants (sirop, fructose, dextrose, etc.),
- âproduits pharmaceutiques (vitamines C et E, acides aminés, acides organiques, antibiotiques),
- âetc.
Le genre Zea ne comprend que quelques espèces, dont Zea mays, la plus importante. On a sélectionné pour cette espèce des milliers de variétés, qui sont regroupées en trois catégories selon lâemploi auquel on les destine, soit :
- ⢠le maïs-grain,
- â¢cultivé essentiellement comme fourrage et ensilage destinés à lâalimentation animale et accessoirement pour la production de farine et de semoule destinées à lâalimentation humaine;
- â¢le maïs sucré et le maïs à souffler, surtout consommés aux Ãtats-Unis et au Canada.
Jardinage biologique

En choisissant des variétés mûrissant à différents moments (hâtives, semi-hâtives et tardives) et en faisant des semis successifs jusquâen juillet, on pourra récolter du maïs frais tout au long de la saison.
Les amateurs sérieux qui voudront cultiver du maïs-grain ou à souffler devront veiller à isoler ces types des variétés de maïs frais, au risque de modifier la teneur en sucre de ce dernier. Semer ces variétés le plus tôt possible en saison, car le grain met beaucoup de temps à mûrir.
Pour germer, le maïs exige des températures se situant au-dessus de 13 °C. On ne le sèmera donc pas avant juin dans le sud du Québec.
Il sâagit dâune plante exigeante en engrais. Enfouir du fumier ou du compost lâautomne précédent ou le cultiver à la suite dâune légumineuse.
Pour favoriser la pollinisation et obtenir des épis bien fournis en grains, on sèmera de préférence par blocs de quatre courts rangs plutôt que sur un rang unique.
Espacer les semences de 22 cm à 30 cm dans le rang et les rangs de 70 cm à 85 cm.

Irrigation :
- âarroser en cas de sécheresse, particulièrement au moment de lâémergence des épis et des soies, et de la maturation des épis.
Contrôle des insectes :
- âon pourra exercer un certain contrôle sur la pyrale en pulvérisant une solution de Bt (Bacillus thurigensis).
Les petits épis immatures se cueillent quelques jours à peine après la formation des soies, les épis frais, mais non matures, environ une vingtaine de jours plus tard, lorsque les pointes des soies commencent à brunir et à sécher.
Ãcologie et environnement

En Chine, dans les régions montagneuses de la province de Guangxi, le maïs joue un rôle primordial pour 30 millions de personnes.
Afin de préserver la très grande diversité des variétés sélectionnées par les paysans au fil des siècles, un projet conjoint permet, depuis 1999, aux paysans, aux sélectionneurs, aux agents de développement, aux grainetiers et aux autorités de faire cause commune dans une importante entreprise de sauvegarde du patrimoine agricole.
Les larves de deux insectes, la pyrale et la chrysomèle des racines, entraînent pour les producteurs de maïs des pertes de plusieurs centaines de millions de dollars chaque année. Voilà pourquoi, depuis une dizaine dâannées, les surfaces consacrées au maïs transgénique, qui présente une résistance à ces deux insectes, ont augmenté considérablement en Amérique du Nord et du Sud.

â> A lire aussi
Cependant, la transgenèse reste une technique controversée au sein de la communauté scientifique et certains chercheurs préfèrent explorer les pistes classiques de sélection et de croisement, qui ne font pas appel à des gènes issus dâorganismes étrangers à la plante.
Câest ainsi quâune généticienne américaine a récemment créé des variétés hybrides montrant une étonnante résistance à ces deux insectes, de même quâà la noctuelle de la tomate, qui attaque également le maïs. Câest en croisant du maïs avec le Tripsacum, un de ses ancêtres sauvages, quâelle a obtenu ces variétés.
Selon cette chercheuse, seule une meilleure connaissance de la génétique du maïs et des usages traditionnels quâen ont faits les populations dans le passé permettra dâengendrer des applications agricoles modernes durables.
Pour cela, il est nécessaire de préserver le capital génétique du maïs, car dans les anciennes variétés se trouve peut-être la solution aux problèmes actuels et futurs. Or, ce capital est présentement menacé du fait de lâaccroissement exponentiel des cultures de maïs génétiquement modifié, qui risquent de contaminer les variétés anciennes de maïs et de téosinte.
La menace vient également de lâexpansion économique actuelle, qui pousse les paysans mexicains à déserter leurs fermes ou à se tourner vers lâagriculture commerciale et à abandonner les variétés quâils semaient depuis des générations.
Pour contrer cette menace, le Centre international pour lâamélioration du maïs et du blé (CIMMYT) a mis sur pied un vaste programme destiné à préserver la diversité du maïs. Ce programme mise sur une collaboration étroite entre les scientifiques et les agriculteurs, ces derniers étant détenteurs dâun savoir ancestral qui échappe bien souvent aux premiers.
Léa Zubiria
Mise à jour : Léa Zubiria
Diététicienne Nutritionniste
26 mars 2023, Ã 15h24













