Seybani SOUGOU, Expert Marchés Publics chez Mairie de Paris, passe en revue l’Assassinat de François MANCABOU, les déclarations grossières et mensongères du Procureur, Amadou DIOUF. Dernier alinéa de Lâarticle 295 du code pénal : « Lâordre dâun supérieur ou dâune autorité publique ne pourra être invoqué pour justifier la torture ».
Assassinat de François MANCABOU

De nombreux rapports émanant dâorganisations de la société civile et du comité contre la torture des Nations Unies accablent la police nationale ainsi que les services pénitentiaires et confirment que la torture (sous toutes ses formes) est une pratique ancrée au sein des forces de sécurité, en violation totale du protocole relatif à la « Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », signée par lâEtat du Sénégal en 2006.
Dans le rapport dâactivités de lâObservatoire National des Lieux de Privation qui porte sur les années 2018, 2019, 2020 et 2021, lâONLP a listé de nombreuses recommandations qui nâont jamais été suivies dâeffet :
- ⦠Installer un système moderne de vidéo-surveillance dans les salles de garde à vue et dâinterphonie ou un bouton dâalerte ;
- ⦠Rendre la pratique des fouilles intégrales conforme aux normes et standards internationaux,
- ⦠Délocaliser la Maison dâarrêt et de Correction (MAC) de Ziguinchor, inadaptée à son environnement actuel et fortement affectée par les remontées de la nappe phréatique ;
- ⦠Réhabiliter, dans les meilleurs délais possibles, la Maison dâarrêt et de correction (MAC) de Kaolack qui menace de sâeffondrer et dont lâétat des bâtiments ne permet pas dâinstaller des brasseurs dâair pour atténuer la chaleur dans les chambres,
- ⦠Organiser des opérations périodiques dâassainissement (lavage, désherbage, désinsectisation, curage des fosses septiques et désinfection), etcâ¦.
Les déclarations grossières et mensongères du Procureur, Amadou DIOUF

La conférence publique du Procureur de la République, Amadou Diouf faisant état dâune vidéo de 13 minutes dans lequel le défunt se cognait la tête pour tenter de justifier lâinjustifiable est une insulte à lâintelligence des sénégalais et la mémoire du disparu.
En effet, les terribles sévices corporels et les traitements inhumains dont a été victime François MANCABOU ont été commis à un moment précis : à savoir lors de la période de sa garde à vue.
Or, le dernier rapport de lâONLP lâa clairement démontré ; il nâexiste ni un système de vidéo-surveillance dans les salles de garde à vue, ni une procédure dâalerte (bouton dâalerte).
Le refus de lâEtat du Sénégal de mettre en Åuvre un système de vidéosurveillance sâexplique aisément : il y a une volonté que les actes de torture se fassent dans lâopacité, le silence et dans une totale impunité.
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Pour le cas, de François MANCABOU, le seul élément qui puisse prouver quâil nâa pas été torturé, câest lâexistence dâune vidéo prise au moment de la garde à vue (moment où la police a recours aux pratiques de la torture pour extorquer des aveux).
A supposer quâil y ait une vidéo de 13 minutes dans le « lieu de la détention », celle-ci nâapporte aucune information fiable et crédible quant aux circonstances de la mort de François MANCABOU, car elle vise uniquement à accréditer la thèse du suicide pour dédouaner les forces de police.
Des experts le disent clairement : il est impossible quâune personne puisse cogner continuellement un mur durant 13 minutes dâaffilée (en cas de choc violent, au bout de 5 minutes, et même avant, le traumatisme crânien est irrémédiable).
François MANCABOU a été torturé de manière cynique jusquâà ce que mort sâen suive

Dans sa conférence de presse, le Procureur de la République, Amadou DIOUF a débité un tissu de mensonges et raconté des balivernes auxquelles aucune personne dotée dâun minimum de rationalité ne peut accorder le moindre crédit.
La réalité, câest que François MANCABOU a été torturé de manière cynique jusquâà ce que mort sâen suive. Lâétat dans lequel sa femme lâa trouvé à lâhôpital en dit long sur les sévices et les actes barbares qui ont été commis contre lui.
Une autre preuve du mensonge du procureur, Amadou DIOUF réside dans le fait quâil a affirmé, avec une incroyable audace que François MANCABOU détenait une arme de type WALTER, calibre 22 en toute illégalité (lâautorisation serait caduque depuis 15 ans).
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Or, un document prouve totalement le contraire et démontre que François MANCABOU disposait dâune autorisation de port dâarme en bonne et due forme, enregistrée sous le numéro 0011668, délivrée par le Directeur de la surveillance du territoire, en date du 20 mai 2015.
Si lâautorisation a été délivrée en 2015, sa caducité ne peut être de 15 ans puisque nous sommes en 2022 (2015 + 7 = 2022). Nâimporte quel élève peut faire le calcul et se rendre compte que le Procureur Amadou DIOUF raconte des « salades ».
Cet énorme mensonge disqualifie définitivement le Procureur de la République qui nâest plus qualifié pour diriger les services du PARQUET.
Un magistrat qui est capable dâinventer des faits et de porter à la connaissance du public des éléments dâinformation qui sâavèrent faux nâest pas digne dâoccuper un tel poste et ne mérite aucun respect.
Vague de répression inouïe sâest produite dans le contexte des élections législatives du 31 juillet 2022

Depuis les manifestations du mois de mars 2021 et la mort tragique de 14 sénégalais suite à une répression féroce, aveugle, et totalement disproportionnée des forces de sécurité, les détentions arbitraires ont considérablement augmenté au Sénégal.
Une nouvelle vague de répression inouïe sâest produite dans le contexte des élections législatives du 31 juillet 2022, accompagnée de tortures à lâencontre des opposants ou militants politiques arrêtés souvent pour des motifs totalement fallacieux ou créés de toutes pièces.
De nombreux détenus sont soumis à des mauvais traitements inhumains et dégradants, à lâisolement, au manque de soins médicaux adéquats, à lâabsence des droits de la défense et à la violation des garanties dâune procédure régulière.
Par ailleurs, les actes de torture sont encouragés par le fait que les auteurs de tels actes ignobles ne sont jamais poursuivis et que les aveux obtenus sous la torture sont utilisés à titre de preuves devant les tribunaux.
Lâassassinat de François MANCABOU est le énième dâune série de crimes dâétat commis par les forces de sécurité.
Des poursuites judiciaires doivent être engagées à lâencontre des autorités politiques et administratives (ministre de lâintérieur Antoine DIOM, Directeur Général de la police nationale) qui ont permis, autorisé, ordonné ou incité à la commission dâactes de barbarie et de torture ainsi que les policiers qui ont auditionné François MANCABOU lors de sa garde à vue et lâont torturé à mort.
« Ordre dâun supérieur ou dâune autorité publique ne pourra être invoqué pour justifier la torture »

Lâarticle 295 du code pénal dispose que « Les personnes visées au premier alinéa coupables de torture ou de tentative seront punis dâun emprisonnement de cinq à dix ans et dâune amende de 100.000 à 500.000 F CFA ».
Le dernier alinéa dudit article précise que « Lâordre dâun supérieur ou dâune autorité publique ne pourra être invoqué pour justifier la torture ». En conséquence, nul ne peut se prévaloir dâun quelconque ordre de la hiérarchie, pour torturer un citoyen.
Câest un fait : la police sénégalaise torture, assassine impunément, et agit sous les ordres dâun régime criminel et dâun procureur de la république complice, dont la crédibilité est nulle.
La traque des criminels est un impératif pour mettre fin au sentiment dâimpunité.
Par Seybani SOUGOU
Expert Marchés Publics chez Mairie de Paris
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