Les épreuves terminées, les lycéens doivent attendre jusqu’au 6 juillet avant d’avoir leurs résultats. Nos conseils pour ne pas succomber à lâanxiété. Les épreuves du baccalauréat sont arrivées à leur terme. Mais la période de stress pour les 700.000 bacheliers nâest pas terminée pour autant. Comment ne pas succomber à lâanxiété en attendant les résultats, prévus le 6 juillet prochain ? Nous vous proposons quelques conseils.
Dites-vous que quoi quâil arrive, le résultat ne reflète pas ce que vous êtes
En 2014, des chercheurs américains en psychologie publiaient une étude a priori peu encourageante dans le Journal of Personality and Social Psychology.
Selon eux, le stress de lâattente des résultats est quasi-inéluctable après un examen. Et il est inutile dâessayer de penser à autre chose : câest tout bonnement impossible, et aucun étudiant ou lycéen nây arrive.
En revanche, il est possible de « voir les choses sous un meilleur jour » et dâêtre « plus à lâaise avec lâincertitude », nous dit Kate Sweeny, auteure de lâétude.
Sa recette ?
Dissocier, dâavance, les résultats à venir de ce que vous êtes. « Si vous vous convainquez que l’examen n’est pas important, que c’est juste une épreuve que vous devez passer et qui ne rejaillit pas sur vous ni sur vos capacités, cela vous permettra de ne pas accabler votre ego », explique dans le Time la chercheuse.
Ce nâest pas parce que vos efforts nâont pas été menés à bien cette fois-ci que votre personne est entièrement responsable.
De nombreux éléments peuvent en effet entrer en ligne de compte : le stress, un manque de calme autour de vous, une prise de conscience trop tardive de lâimportance de lâenjeu etc.
En clair, un échec ne signifie pas que vous êtes nul, et donc que vous ne pouvez pas rebondir. Si vous avez raté lâécrit, vous pouvez encore réussir lâoral.
Si vous nâêtes même pas au rattrapage cette année, vous aurez peut-être une mention lâan prochain. Garder cela en tête permet dâêtre « plus à lâaise avec lâincertitude » pendant vos moments dâattente.
Concentrez-vous sur lâaprès
Pour la Gestalt-thérapie, un courant de la psychologie qui sâintéresse au lien entre les personnes et leur environnement, une grande impatience reflète souvent une volonté de vouloir tout maîtriser, tout contrôler.
Or, dans cette période dâattente post-examen, vous nâavez plus dâinfluence sur le cours des choses. Vos épreuves ont déjà été passées, et votre destin est entre les mains des correcteurs. Une telle prise de conscience incite, en elle-même, au « lâcher-prise ».
« Si la situation ne peut pas être changée, alors cela ne vaut vraiment pas le coup dây consacrer la moindre énergie », lit-on dans lâouvrage Jâarrête de râler au boulot, de Christine Lewicki et Emmanuelle Nave.
Une exhortation qui vaut dans la vie professionnelle comme scolaire. Et même au-delà . « Il nây a quâune route vers le bonheur, câest de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté », écrivait, il y a 2000 ans, le philosophe Epictète.
Lâimportant est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début âce sera quoi la vie aprèsâ
Un bon moyen pour éviter de « ressasser » ce passé sur lequel nous nâavons plus dâinfluence consiste à ⦠se projeter vers lâavenir. Une période dâattente peut ainsi être lâoccasion de se poser la question : que fera-t-on une fois le résultat enfin connu, quâil soit positif ou négatif ?
« Lâimportant est de continuer à se fixer des objectifs à atteindre, de se demander dès le début âce sera quoi la vie aprèsâ le résultat », assure Charles Martin-Krumm, président de lâAssociation française de psychologie positive.
Dès maintenant, commencez à préparer lâannée prochaine : les fournitures que vous allez acheter, les livres ou les annales que vous lirez, ce que vous changerez dans votre attitude pour vous améliorer si vous nâavez pas le bac cette année etc.
Peu importe le résultat, vous sortirez grandi de cette épreuve
Enfin, dites-vous dès maintenant que peu importe le résultat, vous nâavez pas fait tout ça pour rien.
Vous avez appris beaucoup de choses qui vous serviront tôt ou tard, pendant vos études supérieures ou lors dâune éventuelle année de redoublement.
Aussi, dites-vous quâune préparation à un examen tel que le baccalauréat nâa pas son pareil pour vous préparer à la vie à venir. Et que le stress que vous ressentez maintenant nâest pas une si mauvaise chose que ça.
« En se préparant au bac, les adolescents se confrontent à un certain stress, celui de lâexamen et celui dâêtre confronter à une échéance. Cela peut avoir une valeur initiatique dans notre société de compétition. Cela peut former à préparer des épreuves futures, des concours, des entretiens dâembauche, au fait de parler en public. à condition que cette préparation du bac entraîne du âbonâ stress, celui qui nous fait hésiter et nous pousse à réfléchir sans nous précipiter, dans nos moments dâinquiétude », indique Daniel Marcelli, pédopsychiatre et auteur de C’est donc ça, l’adolescence ?.
"Lâcher prise" par la respiration
Si malgré tout, vous nâarrivez pas à faire retomber la pression, quelques
exercices de respiration devraient vous permettre de diminuer votre anxiété
pendant tout le temps de votre attente.
Lors dâun pic dâanxiété particulièrement élevé, si vous nâarrivez vraiment pas
à penser à autre chose, essayez de trouver un coin calme, de vous tenir le dos
droit et les yeux fermés, de porter votre attention sur lâinstant présent,
sur lâécoute de votre respiration, de vos sensations corporelles.
Inspirez lentement et profondément par le nez, en gonflant votre abdomen
(on peut, pour sâexercer, poser le plat de ses mains dessus), puis expirez
par la bouche jusquâà avoir évacué tout son air. Laissez passer vos idées
et vos émotions comme elles viennent, sans les "agripper", sans sâarrêter
dessus. "Une émotion ne reste pas dâelle-même si on ne la retient pas",
assure la sophrologue Catherine Aliotta. "Le principe, c'est de se recentrer
sur soi, sur le moment présent, sans être dans l'anticipation de ce qui pourrait
arriver. On se concentre sur sa présence corporelle, sa respiration,
sur la perception de l'ancrage de ses pieds dans le sol", résume la psychologue
toulousaine Yasmine Patel.
Si vous pratiquez ce type dâexercice 10 Ã 15 minutes par jour durant tous vos
jours dâattente et dâincertitude, les pics dâanxiété devraient se montrer moins
nombreux, moins violents avec le temps. Pour aller plus loin et mieux connaître
les bienfaits de la respiration et la manière dâen profiter, on vous suggère
notre article sur la méditation ici, ou encore celui sur lâaïki-thérapie
par ici.













