explosion d'un camion d'ammoniaque
explosion d'un camion d'ammoniaque

[Dossier spécial « accidents industriels »]Science sans conscience n’est que ruine de l’âme , disait l’autre. La virole centrale d’une citerne routière d’ammoniac liquide (NH3) non raccordée s’ouvre dans une usine traitant des oléagineux.

Les 2 extrémités propulsées par réaction endommagent les installations proches ; l’avant ‘fauche’ une partie des installations et défonce le mur d’un local électrique, la partie arrière propulsée vers le haut selon un angle de 45°, heurte avec violence un important linteau en béton armé d’un bâtiment voisin puis ricoche en direction de l’unité endommageant gravement son niveau supérieur.

Un essieu sera retrouvé à 200 m dans un établissement voisin. Une partie des 22 t d’NH3 de la citerne se répand dans l’unité, une autre est projetée avec l’arrière du réservoir hors du site.

Selon certains témoins, le nuage toxique blanchâtre se serait déplacé sur 250 m pour se résorber en 10 à 15 min. Des projections d’NH3 liquide ont atteint une trentaine de mètres.

L’atmosphère irrespirable gêne l’intervention des secours non équipés de protections suffisantes : masques, bouteilles d’oxygène…

Citerne d’ammoniac liquide (NH3) explosait Dakar

L’heure (13h30 – changement de quart) et le lieu de l’accident (proche de la zone de restauration du port industriel) sont 2 facteurs aggravants expliquant en partie le lourd bilan humain : 129 morts et 1 150 blessés, victimes brûlées directement par l’NH3 ou intoxiquées par ses vapeurs.

Des personnes atteintes de lésions jugées sans gravité dans un 1er temps, développeront un oedème pulmonaire fatal quelques jours plus tard.

Selon la presse, des curieux alertés par le bruit de l’explosion et qui se seraient rués vers la zone accidentée, compteraient parmi les victimes.

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Un sur-remplissage de la citerne (22,2 t pour 17,7 t de capacité) est à l’origine du sinistre. Cette pratique semblait fréquente dans l’établissement, l’unité dépourvue de toute capacité fixe de stockage d’NH3 était directement alimentée à partir des citernes de transport.

Par ailleurs, la citerne s’est rompue au niveau d’une soudure de réparation effectuée 2 ans plus tôt à la suite d’une fuite constatée lors d’une épreuve hydraulique.

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