Le premier président de la Cour suprême, Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, assure de sa détermination à « protéger le pouvoir judiciaire contre toute atteinte pouvant remettre en cause son indépendance et la dignité de ses membresââ, appelant les magistrats à leur obligation de réserve, lâexécutif au respect du principe de la séparation des pouvoirs tels quâédicté par la Constitution.
« Je voudrais en appeler à la responsabilité de tous les acteurs de la justice et en particulier, à celle de tous les magistrats du siège et du parquetââ, écrit-il dans un communiqué, en évoquant les attaques que « depuis quelques temps » la justice subit selon lui « de toute part, y compris (de la part de) ceux qui lâanimentââ (Cour Suprême).
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Le ministre de la Justice, Me Malick Sall, avait été amené à saisir lâInspection générale dâadministration de la justice (IGAJ) pour enquêter sur les accusations de corruption portées par le juge Yaya Amadou Dia contre son supérieur hiérarchique et président de la Cour dâappel de Kaolack, Ousmane Kane.
Le premier a accusé le second dâavoir fait libérer une personne condamnée à perpétuité, une affaire qui a tenu plusieurs jours en haleine lâopinion publique, à travers les médias qui en avaient fait leur choux gras.
« Cela reflète un sentiment inhabituel de malaise qui peut porter atteinte au crédit de la justice, à son indépendance et à remettre en cause le principe de la séparation des pouvoirsââ, ajoute le premier président de la Cour suprême.
Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly cite le penseur français Montesquieu, considéré comme le père du principe de la séparation des pouvoirs pour conforter son propos.
« Les magistrats, comme le disait Montesquieu, incarnent la +puissance de juger+ et câest pour cela, quel que soit leur rang ou grade, leur position ou privilège, ils sont soumis à une discipline et doivent avoir en bandoulière leur serment, et être astreints à la réserve quâexige la dignité de la fonctionââ, note-t-il.
Il nâest donc « pas tolérable, que par leurs comportements, les magistrats eux-mêmes, contribuent à semer le doute sur la crédibilité de lâinstitution judiciaire de nature à remettre en cause leur propre indépendance et celle de la justiceââ, estime Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly.
Le premier président de la Cour suprême rappelle le principe de la séparation des pouvoirs édicté par la Constitution, par le biais dâun « système de collaboration des pouvoirs, ce qui donne la possibilité à lâexécutif de prendre des mesures qui concernent le fonctionnement du pouvoir judiciaire (…)ââ.
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Mais, signale-t-il, « cela ne doit pas être un moyen pour celui-ci de porter atteinte aux principes constitutionnels régissant lâorganisation et le bon fonctionnement de la justice (lâindépendance de la justice, inamovibilité des magistrats du siège…)ââ.
Cour Suprême assure 100% la protection du pouvoir judiciaire
« Seul le respect de ces principes permet aux magistrats dâêtre les gardiens des droits et libertés définis par la Constitution et les loisââ, lâautorité exécutive, « garante du bon fonctionnement de toutes les institutionsââ, ayant le devoir « de les respecter et de les faire respecter, en tout temps et en tout lieuââ.
« Dans un système de séparation des pouvoirs, reconnaître les attributs de chaque pouvoir est un gage de confianceââ, fait-il valoir, avant dâajouter : « Autant je mâemploierai à protéger le pouvoir judiciaire contre toute atteinte pouvant remettre en cause son indépendance et la dignité de ses membres, autant jâexigerai de la part des magistrats un comportement exemplaireââ.
Selon le premier président de la Cour suprême, le pouvoir de discipline « est exercé exclusivement par le Conseil supérieur de la magistratureââ (CSM), composé exclusivement de magistrat. Le ministre de la Justice, pour sa part, « ne dispose dâaucun pouvoir disciplinaire, même à lâégard des magistrats du parquet et ne peut que dénoncer au CSM les faits motivant les poursuites disciplinairesââ quâil peut être amené à engager, affirme Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly.
« Il (le ministre de la Justice) ne dispose pas de pouvoir pour décider du sort dâun magistrat qui est traduit devant le tribunal de ses pairs. Dâailleurs par le passé, des collègues qui ont été traduits devant cette instance sur dénonciation du garde des Sceaux, ont pu être relevés des poursuitesââ, a-t-il souligné.
Et le premier président de la Cour suprême de conclure : « Il faut éviter de faire de la magistrature un enjeu politique. La figure du juge peut changer, comme la justice peut être marquée par des périodes dâincertitudes, mais aucun de nous nâa intérêt à fragiliser cette institution, sans laquelle, aucune République nâa de vertu et nâest viableââ.
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Quelques semaines après lâaffaire ayant opposé les juges Dia et Kane, lâUnion des magistrats du Sénégal a fait une sortie publique pour apporter son soutien à son président, le juge Souleymane Téliko, convoqué par lâInspection générale de lâadministration de la justice, après des commentaires sur lâaffaire Khalifa Sall, déjà jugée.
Lâancien maire de Dakar, considéré alors comme un potentiel adversaire de lâactuel chef de lâEtat Macky Sall en direction de la présidentielle de février 2019, avait été condamné pour escroquerie sur deniers publics.
Invité dâune émission radiophonique, le juge Téliko avait estimé que dans cette affaire, la présomption dâinnocence de lâancien maire de Dakar et les droits de sa défense ont été violés par la justice sénégalaise, ainsi que lâavait estimé la Cour de justice de la Cédéao, la Communauté économique des Etats de lâAfrique de lâOuest.













