Depuis son apparition en Chine en décembre 2019, le virus SARS-CoV-2 ou Covid-19 a connu plusieurs mutations. Est-il devenu plus dangereux pour autant ? On fait le point.

Le coronavirus SARS-CoV-2 qui a vu le jour en Chine en décembre dernier continue de se propager à travers le monde, mais n’est plus tout à fait le même qu’au début de l’épidémie. En cause ? Des mutations qui peuvent potentiellement le rendre plus ou moins dangereux et qui font partie de l’évolution normale des coronavirus.

« Leur survie dépend de ces mutations, qui vont leur permettre de s’adapter à leur environnement, aux différents hôtes qu’ils infectent », expliquait à l’AFP Vincent Enouf, responsable adjoint du Centre national de référence des virus respiratoires (Institut Pasteur).

Un site internet recensant les différentes mutations du virus indique ainsi que pas moins de 5.000 séquences différentes ont été déposées.

Covid-19 : un nouveau variant du virus plus dangereux ?

Début octobre, le Pr Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses (IHU) de Marseille, s’était exprimé au sujet d’un nouveau variant du virus, le « variant 4 ». « Le premier, qui circulait en juillet-août, donnait sur tous les marqueurs que nous avions une sévérité moindre : moins d’hospitalisation, moins de réanimations, moins de morts (…).

Là, on a un nouveau variant dont les données préliminaires semblent montrer qu’il est différent dans les manifestations cliniques », avait-il expliqué. Avec prudence, l’infectiologue en était venu au constat suivant : « Les éléments qu’on a nous laissent penser qu’il n’est pas aussi banal et bénin que ce que nous avons eu en juillet-août ».

Des conclusions qui doivent néanmoins être confirmées, d’autant que d’autres spécialistes relativisent les conséquences de ces mutations : « Tous les virus qui circulent actuellement sont strictement identiques en terme de pouvoir pathogène », avait ainsi affirmé sur BFM TV Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon et membre du Conseil scientifique.

Coronavirus : un manque de données concernant la virulence du virus

Plusieurs études se sont intéressées à la virulence des différentes mutations du virus. Des travaux publiés dans la revue Cell au mois d’août se sont par exemple penchés sur la mutation D614G de la protéine Spike du virus.

« Cette mutation a eu pour effet de rendre le virus plus facilement transmissible. Néanmoins (…) il n’existe pour le moment aucune donnée pour soutenir l’idée que cette mutation aurait rendu le virus plus virulent », analyse le Canal Détox de l’Inserm.

Une autre étude également publiée en août, mais dans la revue The Lancet, s’est intéressée à un autre variant du coronavirus : la délétion « ∆382 ». « Les auteurs de l’étude supposent pour le moment qu’elle serait associée à une infection moins sévère mais les données manquent encore pour étayer cette hypothèse », explique Canal Détox.

Covid-19 : le froid a-t-il un impact sur la dangerosité du virus ?

Au-delà de l’impact des mutations du virus, le retour du froid pourrait-il rendre le Sars-CoV-2 plus virulent ? C’est la question que tout le monde se pose, au vu de l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 depuis que les températures ont baissé.

En mai dernier, l’Académie nationale de médecine s’était intéressée à différentes études concernant l’impact du climat sur le virus. « Plusieurs travaux montrent que l’élévation de la température et du taux d’hygrométrie affecte la viabilité du virus et réduit le nombre d’infections.

L’importance de cette corrélation a pu être quantifiée, une augmentation de 1 degré de température étant associée à une diminution de 3,1 % des nouveaux cas et de 1,2 % des décès », pouvait-on lire dans un communiqué.

Certains experts estiment néanmoins que rien ne prouve, pour l’heure, la véracité de ce phénomène. « On ne peut pas être certain de l’impact des conditions hivernales sur le coronavirus », explique ainsi au Temps Valeria Cagno, virologue du département de microbiologie et médecine moléculaire de l’Université de Genève.

En revanche, les changements de comportements associés à la baisse des températures peuvent en partie expliquer la hausse du nombre de contaminations.

Et pour cause : lorsqu’il fait froid, on se retrouve davantage à l’intérieur et on aère moins les lieux clos. Un geste pourtant essentiel pour limiter les risques de contamination.

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