Pourquoi 70% des Françaises refusent de coucher avec les électeurs d’Éric Zemmour

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70% des Françaises refusent de coucher avec eux. « Misogynes », « homophobes »… Pourquoi la majorité des femmes ne veulent pas coucher avec les électeurs de Éric Zemmour. Les partisans d’Éric Zemmour sont considérés comme misogynes et homophobes par de nombreuses personnes.

Éric Zemmour et ses électeurs considérés par 70% des Françaises comme misogynes et homophobes

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle approche à grands pas, un sondage Ifop dévoile que les électeurs d’Eric Zemmour n’ont pas la cote en amour. 70% des femmes refusent l’idée de sortir avec une personne qui voterait pour le candidat d’extrême droite. Elles estiment que les valeurs représentées par ce dernier ne sont pas compatibles avec la condition des femmes.

« Coucher avec une personne de droite, c’est coucher avec l’ennemi ». Voilà ce qu’affirmait il y a quelques mois une personne interrogée par nos soins dans le cadre d’un article sur l’aspect politique des sexualités.

A l’époque, bon nombre de personnes évoquaient le fait de choisir leurs partenaires sexuels en fonction de leurs idées politiques, dans un souci de compatibilité de valeurs. Et une enquête menée par l’Ifop vient de confirmer que cette pratique n’est pas si rare.

70% des femmes refusent de sortir avec un pro-Zemmour

Dans une étude sur le poids de la politique dans le choix du conjoint et les relations de couple à l’heure de l’élection présidentielle, l’Ifop et Gleeden se sont penchés sur l’impact des opinions politiques sur les relations de couple.

Et les chiffres sont formels : les électeurs d’Éric Zemmour font l’objet d’un ostracisme particulièrement fort sur le marché matrimonial. 64% des Français·ses refusent toute perspective de couple avec un partisan du candidat d’extrême droite, et ce chiffre grimpe jusqu’à 70% en ce qui concerne les femmes.

A titre de comparaison, 55% des sondé·e·s refusent de coucher avec un·e pro Marine Le Pen, 47% avec un soutien de Jean-Luc Mélenchon, et 39% avec un électeur d’Emmanuel Macron. On notera que la question n’a pas été posée concernant Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste déjà boudé à l’occasion des débats et par de nombreux médias.

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Qu’est-ce que les femmes reprochent aux partisans d’Eric Zemmour ?

De plus en plus de personnes basent leurs relations sur un minimum de compatibilité politique, et selon cette étude, 22% des Français·es seraient prêt·e·s à renoncer à nouer une relation avec une personne qui leur plaît pour cause de différents politiques.

38% des sondé·e·s affirment également avoir décidé de ne pas « approfondir une relation » pour cette même raison. Un chiffre qui grimpe à 50% chez les moins de 25 ans, qui voient les divergences politiques comme un véritable frein à une relation amoureuse.

Les électeurs d’Eric Zemmour font néanmoins face à une aversion particulièrement prononcée. Pourquoi ? Parce qu’une personne qui vote Zemmour est considérée par 43% des sondé·e·s comme « misogyne », mais aussi comme « homophobe » (45%), « difficile à présenter aux proches » (36%) et même « infidèle » (22%).

Un avis qui ne surprend pas François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualité de l’Ifop : « Dans une société de plus en plus sensible aux droits des femmes, le soutien à un candidat aussi ouvertement misogyne qu’Éric Zemmour constitue un motif de disqualification sur le marché de la rencontre. »

Zemmour, une longue histoire de misogynie

Il faut dire que les propos d’Éric Zemmour au sujet des femmes, de la communauté LGBTQIA+ et des personnes racisées ont régulièrement fait polémique.

Pour rappel, le candidat d’extrême droite est ciblé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles et de comportements inappropriés envers des femmes, dont il s’est toujours défendu. Sur TF1, le principal intéressé a pourtant affirmé : « Je ne suis absolument pas misogyne (…) je pense aujourd’hui que je suis le protecteur des femmes. »

On parle pourtant d’un homme qui, en 2006, a écrit un livre masculiniste intitulé « Le Premier Sexe », dans lequel il dénonce la « féminisation » et la « dévirilisation » de la société.

D’un homme qui, en 2013, affirmait en direct sur le plateau de BFMTV : « Les femmes n’incarnent pas le pouvoir, le pouvoir s’évapore dès qu’elles arrivent. » D’ailleurs, il estime que le pouvoir est « lié au masculin et à la virilité », et que seules les « valeurs masculines sont compatibles avec l’incarnation du pouvoir. »

Ses positions en matière de droits des femmes

Dans une enquête Ifop pour ELLE, 66% des Françaises déclarent qu’elles auraient peur pour leurs droits si Éric Zemmour venait à être élu président de la République. Interrogé par le magazine, le candidat affirme qu’il ne touchera pas aux droits acquis, mais qu’il « trouve la parité humiliante pour les femmes ».

Il précise par ailleurs que selon lui : « Quand il y a un excès de valeurs féminines, il y a une faiblesse de la société. » Preuve que ses propos de 2013 sur les femmes et le pouvoir ne sont pas si lointains. D’autant que ses seuls réels arguments pour protéger les femmes concernent la répression des étrangers, puisqu’il estime que ces derniers sont très majoritairement responsables des agressions.

Interrogé dans le podcast President·iel, il n’hésite d’ailleurs pas à affirmer que « la question des droits des femmes est derrière nous. » « Aujourd’hui les femmes travaillent librement, elles ont un salaire, elles sont plus diplômées que les autres… » Peu importe si elles gagnent toujours moins que les hommes pour un poste égal.

Étude Ifop pour Gleeden réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 17 mars 2022 auprès de 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.

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