Lâauteur de lâarticle dit sâêtre basé sur une étude que des universitaires américains ont effectuée sur le cerveau de plusieurs femmes.
Rédigé sur un ton alarmiste, lâarticle explique « cette présence dâADN masculin dans le cerveau des femmes étudiées » par le fait que « le sperme est vivant. Ce sont des cellules vivantes. Quand il est injecté en vous, il nage encore et encore jusquâà ce quâil sâeffondre dans un mur, puis se jette dans votre chair. Si câest dans votre bouche, il nage et grimpe dans vos passages nasaux, lâoreille interne et derrière vos yeux. Puis il creuse. Il entre dans votre flux sanguin et sâaccumule dans votre cerveau et votre colonne vertébrale ».
Et de conclure : « Comme quelque chose dâun film de science-fiction, cela devient une partie de vous et vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Nous commençons maintenant à comprendre tout le pouvoir et les conséquences des rapports intimes ».

- Les femmes portent lâADN masculin de tous ceux avec qui elles ont eu des rapports intimes (Elishean au Féminin)
- Le site dit s’appuyer sur une étude effectuée par des chercheurs américains
- L’étude en question ne mentionne pas le transfert de lâADN masculin par voie sexuelle
- La biologiste Rokhaya Ndiaye Diallo (UCAD) et Janis P. Tupesis (Ecole de médecine et de santé publique du Wisconsin aux Etats-Unis) disent que c’est impossible
Consulté plus de 200 mille fois sur le site elishean-aufeminin.com et repris par plusieurs sites comme le magazine en ligne AfrikMag qui lâa partagé sur sa page Facebook, générant des centaines de commentaires et des dizaines de partages.
Le transfert de lâADN masculin par voie sexuelle pas mentionné dans lâétude
« Microchimérisme masculin dans le cerveau humain féminin », lâétude sur laquelle le site sâest basé pour faire cette affirmation, a été publiée pour la première fois, en septembre 2012 sur Plos One, une revue scientifique américaine.
Pour expliquer cette présence dâADN mâle dans le cerveau des femmes, le document indique que cette situation est généralement causée par plusieurs facteurs que sont lâéchange de cellules entre un fÅtus mâle et sa mère au cours dâune grossesse antérieure, un avortement que la femme ignorait, un jumeau mâle qui a disparu, un frère aîné transféré par la circulation maternelle, ou tout simplement par transfusion sanguine non irradiée.
On remarque que le transfert de lâADN masculin par voie sexuelle nâa pas été mentionné dans lâétude.
Quâest-ce que lâADN ?
« Lâacide désoxyribonucléique (ADN) câest la vie » résume la Professeure Rokhaya Ndiaye Diallo,biologiste, maître de conférences agrégé à la faculté de médecine de lâUniversité Cheikh Anta Diop de Dakar.
Pr Ndiaye Diallo ajoute que « lâADN, est ce qui permet à un être vivant dâêtre. Câest lâADN qui va contenir tout ce quâil faut pour former un être vivant. Sâil nây pas dâADN, il nây a pas de vie ».
Le Cancer Research UK, un organisme britannique qui finance la recherche sur le cancer, repris par lâAgence France Presse à travers une vidéo explicative va plus loin : « Câest une molécule héritée de nos parents qui se présente enroulée comme sur une bobine. Démêlée, elle ressemble à un escalier en colimaçon ».
« On le trouve dans le centre de chaque cellule appelé le noyau. Elle est composée de gènes qui contiennent les instructions nécessaires à la fabrication de protéines qui sont des molécules qui constituent et réparent le tissu du corps humain », nous apprend la vidéo.
Un seul défaut (une mutation) dans le code contenu dans lâADN, peut engendrer des maladies comme le daltonisme. « Par contre, des maladies comme le cancer ou lâAlzheimer sont parfois le résultat de plusieurs mutations », est-il souligné.
Les spermatozoïdes ne peuvent pas aller dans le sang
La taille des spermatozoïdes qui est de lâordre du micron (mesure de longueur valant un millionième de mètre selon le Larousse), rend impossible selon Pr Ndiaye Diallo, leur passage dans le sang.
« Avec cette taille-là , ils ne peuvent pas traverser lâépithélium vaginal et arriver jusquâau sang. Câest pratiquement impossible », dit-elle.
La seconde hypothèse émise, par le site pour justifier la présence dâADN mâle dans le cerveau des femmes, est lâabsorption par voie buccale.
Ce qui nâest toujours pas possible dans la mesure où « de la bouche jusquâau sang, il y a un certain nombre de processus biochimiques qui vont se passer et qui peuvent faire que les spermatozoïdes nâarriveront pas à libérer leur ADN pour que ce dernier puisse traverser toutes les barrières jusquâà arriver au niveau du sang », explique la biologiste.
Professeur à lâEcole de médecine et de santé publique du Wisconsin aux Etats-Unis, Janis Tupesis est plus catégorique : « Je peux dire sans réserve que câest 100 % faux, ce scénario nâest pas plausible », martèle-t-il.
Conclusion : la déclaration est fausse
Un article du site Elishean au Féminin, publié en 2017 et récemment remis au goût du jour, indique que « les femmes portent lâADN masculin de tous ceux avec qui elles ont eu des rapports intimes ».
Lâauteur de lâarticle dit sâêtre basé sur une étude que des universitaires américains ont effectuée sur le cerveau de plusieurs femmes.
Mais ladite étude nâa pas mentionné la relation sexuelle comme pouvant être une raison de la présence dâADN dans le cerveau de certaines femmes.
La biologiste Rokhaya Ndiaye Diallo, affirme que câest pratiquement impossible vu la dimension des spermatozoïdes qui sont de la taille dâun micron.
Janis Tupesis, Professeur à lâEcole de médecine et de santé publique du Wisconsin aux Etats-Unis est du même avis que la biologiste sénégalaise.
Edité par Samba Dialimpa Badji












