La Gambie face à un afflux de déplacés de Casamance en raison de lâopération militaire sénégalaise. En Gambie, le nombre de déplacés et de réfugiés continue de grandir après le début dimanche 13 mars dâune opération militaire sénégalaise dâenvergure au nord de la Casamance.
Gambie face à un afflux de déplacés de Casamance

Les autorités sénégalaises ont lancé une opération contre les séparatistes du Mouvement pour les forces démocratiques de Casamance (MFDC). Ici, un membre du mouvement, lors de la libération de soldats sénégalais capturés, à Baipai, en Gambie, le 14 février 2022.
Depuis, de nombreuses communautés accueillent des personnes qui ont fui les détonations et coups de feu, notamment à Bujingha, dans le district de Foni, du côté gambien de la frontière.
à quelques kilomètres de Bwiam, au sud de la Gambie, le petit village de Bujingha accueille depuis samedi 12 mars une centaine de personnes déplacées en provenance de quatre villages proches de la frontière.
« Qu’est-ce qu’on attend ? »
Tuti Jammeh, jeune femme déplacée du village de Karrol, est en train de mélanger le riz dans une grande casserole pour la plupart des personnes qui ont fui : « Samedi, aux alentours de 2 heures, on a vu les gens des villages alentours passer avec leurs affaires près de chez nous.

à ce moment on était en train de préparer le repas. Donc quand on les a vu, jâai dit à mes beaux-parents : « quâest-ce quâon attend ? » », raconte-t-elle.
Dans ce village, les personnes déplacées dorment dans une salle commune, à même le sol. Mais, comme lâexplique Tuti, tout est prêt pour prendre la fuite, à nouveau, si les combats continuent de se rapprocher : « Câest pour ça quâon prépare notre repas très tôt pour quâon puisse manger et ensuite attendre et se préparer. Si on entend dâautres bruits, différents des autres, on fera nos affaires et on ira vers un autre village. »
Une situation inédite

Pour le chef de son village, Ismaila Bojang, cette situation est inédite : « Je nâai jamais vu ça par le passé, sous les précédents gouvernements. Le pays entier est en plein désarroi. »
Selon la Croix Rouge, qui apporte une aide logistique sur place, ils seraient déjà plus dâun millier à avoir quitté leur village autour de la frontière.
Lâorganisation et le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies aident les autorités gambiennes à réaliser une évaluation de la situation pendant deux jours.
Jeudi, une réunion devrait avoir lieu entre toutes les parties pour mettre en place une stratégie d’aide aux déplacés et réfugiés.
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