Inondations au Sénégal est un mal qui ne connait, en tout cas ne connaitra jamais son épilogue au grand dame des citoyens. Au Sénégal, il suffit que ciel ouvre ses vannes et bonjour les dégâts. Le constat est alarmant, la majeure partie des quartiers de Dakar, de la banlieue et de lâintérieur de pays est sous les eaux après plus dâune dizaine de millimètres de pluie. Mais où sont passés les milliards dépensés ?
Inondations au Sénégal : Où sont passés les milliards dépensés ?

De Keur Massar à Rufisque en passant par Grand- Yoff, Ouakam, les Almadies, Yeumbeul, Guédiawaye, Zone de captage, Guinaw Rail ou encore Pikine, le décor est le même.
Et pourtant , lâEtat du Sénégal avait mobilisé 766 milliards de Fcfa dans le cadre dâun plan décennal pour lutter contre les inondations.
Dix ans après le déclenchement de ce plan, le mal est profond. Plusieurs quartiers de Dakar et sa banlieue pataugent dans les eaux pluviales.
De plus, le réseau dâassainissement au Sénégal est un véritable casse-tête. Le confinement des eaux pluviales, le stockage, la vidange, le transport , le traitement , la récupération et la réutilisation des ressources entre autres, les problèmes sont partout.

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Et en plus de tous ces problèmes, lâétude sur lâévaluation des politiques dâassainissement montre quâil y a une inadéquation des politiques dâassainissements et les réalités socio-culturelles. Ce qui cause des inondations au Sénégal.
Des milliards engloutis dans les eaux

Dakar, la capitale du Sénégal, est en proie à des inondations chaque été. Le réseau dâassainissement et dâévacuation des eaux ne résiste pas aux fortes précipitations.
Il y a des constructions anarchiques en zones inondables, une démographie galopante et des infrastructures de drainage des eaux qui ne suivent pas. Résultat : les habitants vivent les pieds dans lâeau en saison des pluies.
Lâancien député, Abdou Sané, spécialiste des questions dâenvironnement et des fléaux liés aux changements climatiques, reconnaît que lâOffice national de lâassainissement du Sénégal (ONAS) a présenté un bilan de 113 milliards FCFA qui, selon lui, ne répond pas à toutes les questions.

« Ils ont un reliquat de 1 milliard pour Touba, un reliquat de plus de 910 millions pour Sédhiou, un reliquat de 1038 millions à Kaffrine. Comment expliquer ça aussi ? », sâinterroge-t-il.
Sur les 511 milliards FCFA que le gouvernement dit avoir dépensé dans les inondations, M. Abdou Sané dit nâavoir pas vu de justificatif rendu publique que pour 398 milliards FCFA.
Sur demande du président Macky Sall, du 15 septembre au 31 octobre 2020 , une mission dâinformation parlementaire effectuée a conclu que le Plan Décennal de Lutte contre les Inondations (PDLI) avait été exécuté à hauteur de 511 milliards FCFA, soit 66,65%.
Mais lâancien député Abdou Sané reproche aux élus dâavoir »tout simplement validé un rapport du gouvernement. »
Inadéquation des politiques dâassainissements, la source du mal

Lâévaluation des politiques dâassainissement au Sénégal montre que la LPSD (La lettre de politique sectorielle et de développement) ne fait aucune référence aux normes existantes pour les niveaux de services avec ou dâautres sans égout tout au long de la chaîne de valeur de lâassainissement (confinement, stockage, vidange, transport, traitement, récupération et réutilisation des ressources, élimination).
Cependant, des normes sont définies dans le code de lâassainissement, qui encadrent toute la chaîne de valeur de lâassainissement.

Il y a également insuffisance de coordination intersectorielle entre ces différentes institutions mais aussi inexistence dâune entité unique et indépendante qui régule ce sous-secteur.
A cela, sâajoutent les insuffisances en termes dâharmonisation, de concertation et de complémentarité dans les approches et les interventions entre les différents acteurs.
Cependant force est de constater que les experts à la question sont moins impliqués pour résoudre définitivement ce problème.
Dr Cheikh Gueye, géographe et responsable de la veille et prospective de lâInitiative prospective agricole et rurale (Ipar)

Invité dans une émission dâune chaine privée, le Dr Cheikh Gueye, géographe et responsable de la veille et prospective de lâInitiative prospective agricole et rurale (Ipar) à Enda Tiers monde, a soulevé un pan entier du problème.

« Les chercheurs sont moins. impliqués que les services de lâÃtat. Pour moi, câest une erreur parce que les inondations constituent un phénomène qui doit, comme le covid, comme dâautres défis mondiaux, interpeller tout le monde dâautant plus que mes collègues géographes ont fait pendant des dizaines dâannées des travaux très importants qui peuvent déterminer un vrai changement et jâencourage lâÃtat à produire ces espaces de discussions parce que les chercheurs sont là pour ça, notamment pour faire sortir lâÃtat de cette logique politicienne dans la gestion des inondations« , a-t-il révélé.













