Dix-neuf prévenus étaient jugés pour leur participation à un réseau de stupéfiants démantelé en 2017 dans une cité de la ville. 

Des condamnations allant jusqu’à dix ans de prison ont été requises lundi contre les membres d’un réseau de stupéfiants démantelé en 2017 dans la cité Félix-Pyat, dans l’un des quartiers les plus pauvres de Marseille.

Les différents plans de revente de cannabis et de cocaïne qui prospéraient au pied de plusieurs bâtiments drainaient une centaine de clients par jour pour un chiffre d’affaires quotidien avoisinant 15.000 euros

L’un des gérants abattu en novembre 2017. 

Dix-neuf prévenus étaient jugés pour ce trafic marqué par les violences qu’engendrent fréquemment le narcobanditisme dans les cités marseillaises.

L’un des gérants opérationnels, âgé de 24 ans et mis en examen dans ce dossier, avait été abattu en novembre 2017, à peine un mois après avoir été remis en liberté. Auparavant, en septembre 2016, des tirs avaient visé un jeune homme originaire d’une cité voisine, traduisant un climat de vives tension et des rivalités entre les deux réseaux de revente de drogue.

En l’absence des « microbes », terme utilisé dans les écoutes téléphoniques pour désigner les guetteurs et les charbonneurs (revendeurs), le banc des prévenus était occupé par ceux que le procureur Xavier Léonetti a nommé « les gens de confiance » : comptables tenant les feuilles de comptes, ravitailleurs, gérants de terrain chargés d’ouvrir et de fermer le « plan » ou superviseurs.

L’accusation a requis le maintien en détention de quatre des principaux acteurs de « cette industrie » et demandé au tribunal neuf mandats de dépôt contre des prévenus jugés libres, ainsi qu’un mandat d’arrêt.

« Il faut restaurer l’État de droit », demande le procureur. 

La condamnation la plus lourde, dix ans de prison avec une mesure de sûreté aux deux tiers et une amende 70.000 euros, a été réclamée contre Fathi Ganzouai, 36 ans. Cet éducateur notamment en charge de la prévention de la toxicomanie assure n’avoir « rien à voir » dans ce trafic alors que le procureur l’a qualifié de « petit parrain de Félix-Pyat ».

Avant de se rétracter, un prévenu l’avait désigné comme le grand patron. « On ne le voit pas sur le plan stups, on ne l’entend pas sur les écoutes, il fait preuve d’une grande discrétion, suscite la crainte, se fait adresser les comptes-rendus », a observé Xavier Leonetti. Une peine de neuf années de prison a été réclamée contre trois de ses plus proches lieutenants présumés.

Le procureur a débuté son réquisitoire en adressant ses « premiers mots aux victimes silencieuses, anonymes, ces milliers de personnes de la cité Félix-Pyat qui vivent sous le joug de ce réseau, connaissent les violences et les intimidations des dix-neuf prévenus qui font régner une autorité qui concurrence l’autorité légitime ». 

« Pour cette population qui se lève le matin et va travailler, il faut restaurer l’État de droit », a-t-il expliqué.


Par Kafunel.com  avec AFP

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