
De Xavier Diatta, ancien parent dâélève à Yavuz Selim, raconte le calvaire sa fille inscrite à Yavuz Sélim. Cet établissement aura été un « enfer pour ma fille mais aussi une expérience pour tester ma foi en Dieu pendant les quatre années dâétudes de ma fille dans cette établissement islamique ».
Je me serais bien gardé de donner un avis sur la question, car après mon post sur les assertions récurrentes de certains leaders dâopinion sur la représentativité de la communauté catholique au sein de la population sénégalaise, jâai eu des retours à faire pâlir un moine en pleine méditation. Mais tant pis ; câest dans la contradiction qu’éclot la construction.
Permettez-moi chers amis, de vous raconter une anecdote Yavuz Sélim :
Entre 2005 et 2009, jâavais ma fille inscrite à Yavuz Sélim. Elle faisait partie des rares enfants catholiques dans cette école. Pendant 4 années, ses vacances scolaires étaient décalées par rapport à celles des autres élèves du Sénégal : 2 jours à Noel, rien à Pâques par contre 2 semaines à la Korité et 2 autres à la Tabaski. Elle avait même cours le vendredi saint, le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte.
Quand jâai interpellé la Direction de lâétablissement, il mâa été opposé des dispositions statutaires et réglementaires de lâétablissement. Au sein de lâassociation des parents dâélèves, jâavais été mis en minorité pour ma demande de « conformisation » [1] de lâétablissement au calendrier officiel de lâÃtat du Sénégal.
Comme je suis têtu, jâavais voulu interpeller par écrit Monsieur le Ministre de tutelle avec ampliation Monsieur lâambassadeur de Turquie à Dakar, mais mon épouse a refréné mes ardeurs en me disant ceci :
A lire aussi : Yavuz Sélim, Jeanne dâArc, Mariama Niasse et autres, câest une affaire â¦.
« Xavier, je nâapprouve pas ta démarche. Admettons que tu réussisses à faire ployer lâadministration, que retiendra ta fille ? Nous lâavons inscrite dans un établissement dont les fondements éducatifs sont basés sur le modèle des valeurs islamiques, en toute connaissance de cause. Notre fille doit apprendre à se conformer au modèle qui lui est imposé où proposé. Où sont passées les valeurs du vivre ensemble que tu prônes ?
Si même on lui imposerait le voile, je le lui ferais porter contre vents et marées. Même si elle devrait aller à lâécole le jour de Pâques, je lây conduirais moi-même. Nous avons choisi pour elle, car câest notre rôle. Nous lâavons fait en toute connaissance de cause. Alors, assumons ! Je ne te laisserai pas polluer cette enfant.
Si tu veux mener une bataille inter religieuse, épargne ta fille. Elle ne doit pas servir dâalibi.

Par contre, le jour où tu voudras que nous la retirions de là , parce que le modèle ne te séduit plus, nous pourrons en discuter librement.
Mais pour le moment enseignons à notre enfant les vraies valeurs de la vie en communauté »
Avec le recul, jâai trouvé que mon épouse avait entièrement raison et jâai laissé ma fille poursuivre son cursus au sein de lâétablissement, en participant même aux cours sur lâIslam. Ce quâelle y a gagné me rend fier aujourdâhui. Elle est devenue plus catholique que jamais.
Cette leçon nâa pas seulement éduqué ma fille.
Moi aussi, jâai tiré des enseignements de sagesse. Lâactuel déchaînement de toute la presse sénégalaise pour ce non-événement alors que les véritables enjeux et ses corollaires éducatifs sont ailleursâ¦me rend triste.
Voir des professionnels de la communication passer à côté de ce que je trouve dâessentiel, pour ne sâoccuper que dâun épiphénomène, me désole et me rend nerveux.
Pendant que les 99/ 100 des élèves du Sénégal sont encore en vacances, lâà peine, un centième restant commence une nouvelle année studieuse avec un programme propre sans que les hectolitres de larmes de la multitude [2] qui a échoué en Juillet dernier ne nous interpellent â¦

Et les parents de ceux [3] qui vont ravir tous les prix du Concours général 2020, voudraient enfermer tout le peuple sénégalais dans une préoccupation qui n’est pas la sienne.
Ces bonnes écoles comme Jean dâArc
Tous ces énarques de lâéducation, y compris nos brillants imams, qui sâen donnent passionnément avec des théories aussi fallacieuses quâinopportunes me font peur. En lieu et place dâune véritable introspection pour faire avancer notre système éducatif, à lâimage de ces bonnes écoles comme Jean dâArc, on nous plonge dans une querelle de borne fontaine.
Nous sommes à un mois de la rentrée scolaire officielle, préoccupons-nous plutôt de lâaventure annoncée de la suppression du CFEE. Une mutation qui transformerait le cycle primaire en une méga garderie dâenfants et dâadolescents, auxquels, aucune évaluation sérieuse, parait-il, ne viendrait sanctionner 9 années dâapprentissage (maternelle comprise) â¦..
A lire aussi : Yavuz Sélim, Jeanne dâArc, Mariama Niasse et autres, câest une affaire â¦.












