Sujet Vedette De La Revue De Presse Du 15 Juillet 2022, La Mort En Détention De François Mancabou. Les quotidiens se font lâécho de la vague dâindignation consécutive à la mort en détention de lâancien soldat François Mancabou, qui a été arrêté le 17 juin dernier à Dakar.
Mort En Détention De François Mancabou, Sujet Vedette Des Quotidiens Revue De Presse Du 15 Juillet 2022

Lâhomme âgé de 51 ans est décédé mercredi soir à lâhôpital Principal de Dakar où il avait été admis en réanimation après avoir été placé en garde à vue.
Au moment de son arrestation, il détenait « une arme à feu de type Walter et de calibre 22, avec neuf minutions », selon le procureur de la République, Amady Diouf.
Lâautorisation de port dâarme dont il était détenteur « était frappée de caducité depuis quinze ans », argue M. Diouf.
A lire aussi
François Mancabou « a violemment cogné le mur et les grilles de la cellule » où il était placé en garde à vue, « sans que lâon sache réellement quelles étaient ses motivations », a-t-il déclaré lors dâune conférence de presse.
« Les enquêteurs disposent dâimages vidéo de treize minutes, qui seront versées dans la procédure », a ajouté le procureur.
Avocats et la famille [du défunt] rejettent » cette version et « chargent les forces de lâordre

Les autorités judiciaires soupçonnaient François Mancabou dâêtre membre de la « Force spéciale », un groupe de personnes accusées de vouloir fomenter des troubles dans le pays.
« La Police et le procureur parlent dâune vidéo filmée par une caméra de surveillance », rapporte EnQuête, ajoutant que « les avocats et la famille [du défunt] rejettent » cette version et « chargent les forces de lâordre ».
« Nous nâaccepterons pas de cautionner une vidéo qui nâait pas été authentifiée par des experts », rapporte le journal en citant le militant des droits de lâhomme Seydi Gassama, directeur exécutif de la section dâAmnesty International au Sénégal.
Selon LâInfo, les organisations de défense des droits de lâhomme réclament la constitution dâune commission dâenquête indépendante et une « autopsie (â¦) en toute transparence » de la dépouille de lâancien soldat.
« Il est mort en détention au nom de la lutte contre le terrorisme (â¦) Depuis que la bataille contre le terrorisme est engagée, des citoyens sont arrêtés, placés en détention et libérés, souvent sans aucune [preuve de] cette accusation ou sâen sortent avec une peine assortie du sursis », commente Sud Quotidien.
« Le doute subsiste sur la mort de François Mancabou », fait remarquer Kritikâ, Libération parlant dâune « vive polémiqueâ » consécutive au décès du détenu.
« Des crimes sans criminels »

Le Témoin Quotidien fustige la « version à dormir debout du procureur ». « Une dizaine de morts en moins dâune année, à la suite de manifestations ou dâaccusations de terrorisme, toujours sous les balles ou les coups des forces de lâordre », sâagace le même journal, ajoutant : « Dâun Etat de droit exemplaire, le Sénégal est en train de devenir une dictature abjecte. »
« Au moment où certains font leur deuil et prient pour François Mancabou, accusé injustement de terrorisme et mort dans des conditions atroces, quelquâun du côté de Dakar, tel un réalisateur, promet la sortie dans les bacs dâun film de treize minutes (â¦) Netflix devient un concurrent direct des acteurs de la justice », note Libération en citant Me Patrick Kabou, lâun des avocats de la famille du défunt.
« Il a été violemment torturé », soutient, dans le journal LâAs, Me Amadou Diallo, lâun des avocats de la famille de François Mancabou.
Le Soleil annonce, en citant le procureur de la République, lâouverture dâune enquête judiciaire qui sera menée par la Direction des investigations criminelles.
Affaires judiciaires « rangées aux oubliettes

François Mancabou était chargé, au sein de la « Force spéciale », de « développer des stratégies dâattaque et de harcèlement contre les forces de sécurité pour les empêcher dâexercer leur mission lors de manifestations envisagées », écrit Le Soleil en citant Amady Diouf.
WalfQuotidien évoque une « liste macabre des crimes sans criminels » en énumérant des affaires judiciaires « rangées aux oubliettes » à la suite de faits présentant des ressemblances avec les circonstances de la mort de lâancien soldat.

A lire aussi
« Il serait décédé de manière accidentelle », écrit Le Quotidien sur la base des informations données à la presse par le procureur de la République.
Il annonce, en citant lâun des avocats de la famille du défunt, que plusieurs juridictions dont la Cour pénale internationale et la Cour de justice de la CEDEAO (15 pays dâAfrique de lâOuest) seront saisies dâune plainte pour torture.
LâObservateur sâest intéressé au parcours de François Mancabou, qui a intégré lâarmée en 1993 en se spécialisant dans la « protection défensive des points sensibles et des personnes ». Il fut garde du corps du député et ancien ministre des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio.












