Le port du masque obligatoire désormais officialisé au Sénégal (Ministère de l’Intérieur)

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Le port du masque est désormais obligatoire au Sénégal. Coronavirus ou Covid-19 oblige. Cette mesure est prévue au moins jusqu’au début du mois de mai. Le pays compte officiellement 367 cas de Covid-19, 220 guéris et 3 décès.

Dakar (Sénégal), le 22 mars. Une personne désinfecte une rue où s’est tenu un marché. Reuters/Zohra Bensemra

Le Sénégal a imposé dimanche le port obligatoire du masque pendant la période de l’état d’urgence. Cette mesure est prévue pour durer au moins jusqu’au début du mois de mai afin de lutter contre la pandémie de Covid-19.

Coronavirus: au Sénégal, le port du masque est désormais obligatoire

Avec deux nouveaux décès en 24 heures, le Sénégal enregistre désormais cinq morts liés au Covid-19. Pour lutter contre la propagation du virus, les autorités ont pris une nouvelle mesure : à compter de ce lundi, le port du masque est obligatoire dans les administrations, les entreprises, les commerces et les transports.

Des masques chirurgicaux, de pharmacie, ou des masques en tissu, en wax, colorés et même en fausse fourrure, on en voit de toutes sortes à Dakar où l’obligation de leur port est globalement saluée et plus ou moins respectée, dans les commerces ou aux arrêts de bus.

port du masque est désormais obligatoire au Sénégal (Ministère de l'Intérieur)
port du masque est désormais obligatoire au Sénégal (Ministère de l’Intérieur)

Le principal problème relevé par ceux qui n’en portent pas – et qui parfois se couvrent le nez et la bouche avec un foulard -, c’est l’accès à ces masques et notamment leur coût. En effet, dans les pharmacies, ils ne sont pas toujours disponibles, et un masque filtrant de type FFP2 peut coûter jusqu’à 2 500 francs CFA pièce, soit un peu moins de 4 euros.

Port obligatoire du masque de protection

« Le port obligatoire du masque de protection durant l’état d’urgence est prescrit dans […] les services de l’Administration, du secteur privé, de commerce et de transport. Tout manquement aux présentes dispositions sera puni par les peines prévues par les lois et règlements », indique un arrêté du ministère de l’Intérieur.

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Fresque peinte sur un mur de la ville de Dakar au Sénégal. REUTERS/Zohra Bensemra
Fresque peinte sur un mur de la ville de Dakar au Sénégal. REUTERS/Zohra Bensemra

Le pays a déclaré 367 cas de coronavirus, 220 guéris et 3 décès. Le président, Macky Sall, a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire depuis le 24 mars. Il est assorti d’un couvre-feu de 20 heures à 6 heures. La mesure a été prolongée de 30 jours par un décret du 3 avril.

Pas de confinement dans le pays

Les autorités sénégalaises ont déjà interdit les rassemblements et les prières collectives, proscrit la circulation entre les villes, suspendu quasiment tout le trafic aérien pour endiguer la progression du nouveau coronavirus.

Le Sénégal s’est jusqu’alors gardé d’imposer le confinement. Il représenterait un défi considérable dans ce pays pauvre dont une bonne partie de la population vit au jour le jour.

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Difficultés du secteur informel

Alors comment faire ? Il y a ceux que l’on peut acheter dans la rue, entre 200 et 500 FCFA, mais sans forcément de garantie sur la provenance et l’hygiène. Il y a ceux en tissu, confectionnés par des couturiers et des initiatives solidaires de volontaires qui en fabriquent et les distribuent gratuitement.

Dans le commerce « formel » – supermarchés, pharmacies, stations-service – la direction en fournit au personnel. Un salarié d’une entreprise privée confiait aussi en avoir reçu de son patron, un carton de 50 unités.

Mais pour les marchands du secteur informel – les vendeurs de fruits et légumes au bord de la route ou les vendeurs ambulants de café touba – la mesure est plus difficile à appliquer.

La plupart ont un seul et unique masque et ne peuvent pas le changer, comme c’est recommandé, ce qui pose la question de l’efficacité.

Des amendes en cas de non-respect

Des sanctions sont prévues pour ceux qui ne respectent pas la mesure, selon l’arrêté du ministère de l’Intérieur publié dimanche soir : « Tout manquement sera puni par les peines prévues par les lois et règlements. » 

Le texte ne précise pas quelles sont ces sanctions, mais la presse se réfère au code des contraventions, qui prévoit des amendes de 200 à 20 000 FCFA et jusqu’à un mois de prison en cas de non-respect d’une mesure administrative. Reste à savoir si des sanctions seront effectivement appliquées.

En tout cas, cette nouvelle obligation du port du masque dans certains lieux publics marque une étape supplémentaire dans la riposte, c’est d’ailleurs ce que recommandaient les autorités sanitaires, alors que le pays a enregistré deux nouveaux décès ces dernières 24 heures. 

Sur RFI, vendredi soir, le président Macky Sall avait évoqué de nouvelles dispositions, notamment l’élargissement du couvre-feu, actuellement en vigueur de 20h à 6h du matin, mais pas de confinement pour l’instant.

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