Dans la nuit du jeudi 22 mars, un groupe cagoulé et armé a fait irruption dans lâuniversité de droit de Montpellier pour déloger violemment des étudiants qui occupaient un amphithéâtre. Voici le résumé de lâaffaire.
La fac de droit de Montpellier, dâordinaire très calme, est depuis quelques jours lâobjet de toutes les attentions.
La raison?
Une dizaine dâhommes cagoulés et armés ont violemment chassé des étudiants qui occupaient lâamphithéâtre de lâuniversité dans la nuit de jeudi. Voilà tout ce que lâon sait sur cette affaire.
» MISE à JOUR: Lâex-doyen de la fac et un professeur en garde à vue
â Jeudi: des hommes cagoulés délogent les étudiants dans un amphi occupé
Une assemblée générale (AG) avait eu lieu jeudi après-midi juste après la manifestation contre les réformes du bac et de lâuniversité. Au cours de cette AG, les étudiants présents avaient voté pour la tenue dâune nouvelle assemblée générale le lendemain à 8 heures. Certains dâentre eux avaient décidé de poursuivre lâoccupation de lâamphithéâtre toute la nuit.
Aux alentours de minuit, dans la nuit de jeudi 22 mars, une dizaine dâhommes cagoulés et vêtus de noir se sont infiltrés dans lâuniversité de droit de Montpellier munis de palettes de bois tranchantes et dâau moins un taser. Ils ont violement fait sortir la quarantaine dâétudiants qui occupaient lâamphithéâtre. «Ils se sont mis à taper partout et sur tout le monde», témoignait vendredi matin une étudiante présente au moment des faits sur le Figaro.
«Je me suis pris une bouteille sur la tête»
Un étudiant
Plusieurs étudiants ont été blessés, et au moins trois dâentre eux ont été emmenés par les pompiers. «Tout sâest passé très vite, racontait un jeune homme vendredi, câétait effrayant. Je me suis pris une bouteille sur la tête, câétait très violent», ajoute-t-il
â Vendredi: les étudiants indignés réclament la démission du doyen accusé de complicité
Le vendredi, des centaines dâélèves se sont regroupés devant lâuniversité pour manifester afin dâobtenir des explications sur les événements survenus dans la nuit. Toujours le vendredi, plusieurs centaines dâétudiants ont ainsi manifesté devant lâuniversité, dans les rues de Montpellier, et même, devant la préfecture, pour avoir des explications.
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#Montpellier Certains étudiants commencent à demander la démission du doyen de la @facDroitMontpel, Philippe Pétel pic.twitter.com/Gdj1Qy5Da5
— LeNouveauMontpellier (@LeNouveauMtp) March 23, 2018
â Samedi: le doyen Philippe Pétel démissionne
De nombreux étudiants présents lors des événements ont mis en cause le doyen de lâuniversité, Philippe Pétel. Selon eux, il serait à lâorigine des violences.
«Après que les hommes cagoulés ont terminé de nous faire sortir à coup de palettes de bois tranchantes et de tasers, jâai aperçu le doyen en leur compagnie», racontait Sophie* au Figaro, présente lors des affrontements. «Plusieurs étudiants lâont en effet vu avec ces hommes», confirmait François*.
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Interrogé par le Figaro, le doyen a nié toute implication. «Je nây attache aucun crédit, un certain nombre dâexcités ont pris possession de lâamphi avec pour intention de bloquer le fonctionnement de lâuniversité.
Les étudiants de la fac de droit étaient totalement opposés à ce blocage. Jâai demandé lâintervention des forces de lâordre vers 17 heures pour évacuer lâuniversité, mais le préfet ne lâa pas autorisée», expliquait-il.
Selon lui, les auteurs des violences sont «probablement des étudiants en droit qui nâétaient pas dâaccord avec le blocage».
Samedi, dans un communiqué de presse, lâuniversité a annoncé le départ du doyen.
â Des enquêtes administratives et judiciaires ouvertes
Très rapidement dans la journée de vendredi, le ministère de lâEnseignement supérieur a réagi. Dans un communiqué de presse, il a annoncé que Frédérique Vidal, ministre de lâEnseignement supérieur, avait missionné lâInspection générale de lâadministration de lâéducation nationale et de la recherche (IGAENR) pour quâelle se rende sur place dès lundi.
«Sur la base des conclusions de cette enquête, Frédérique Vidal prendra lâensemble des décisions qui sâimposent, en engageant le cas échéant, des poursuites judiciaires», a indiqué le ministère de lâEnseignement supérieur.
Le parquet de Montpellier a également ouvert une enquête pour «des faits de violences en réunion et avec arme».
â Dimanche: des affrontements entre antifascistes et identitaires
Dimanche, un mouvement «antifas» et la Ligue du Midi, mouvement identitaire, se sont défiés dimanche dans les rues de la ville.
«Fachos, ni dans nos facs ni dans nos rues», ont notamment clamé les manifestants «antifas» parmi lesquels des étudiants, lycéens, syndicalistes, militants de La France insoumise et représentants de la Ligue des droits de lâhomme (LDH).
Un face-à -face tendu entre les deux groupes, qui nâa pas connu de graves débordements grâce à la présence attentive des forces de lâordre.
â Lundi: lâuniversité de Montpellier fermée jusquâà mardi
Pour lâinstant, lâuniversité de droit de Montpellier reste fermée. «Afin dâéviter tout risque dâaltercations ou de débordements et de permettre un retour rapide à une situation apaisée, le président de lâuniversité Philippe Augé décide le maintien de la fermeture de la faculté de droit et de sciences politiques de Montpellier ce lundi 26 mars», indique un communiqué de presse dâuniversité.
Ce matin, deux groupes de manifestants sont réunis devant la fac: les uns pour demander la réouverture de lâuniversité, les autres pour dénoncer les violences commises au sein de leur établissement.
â Mardi: les étudiants votent pour un «blocus illimité» à lâuniversité Paul Valéry
Lâassemblée générale (AG) réunie mardi 27 mars a voté le «blocus illimité» de lâuniversité Paul Valéry, à Montpellier. La fac de droit, de son côté, est toujours fermée pour une durée indéterminée.
â Mercredi: lâex-doyen de la fac et un professeur en garde à vue
Philippe Pétel, lâex-doyen de la fac de droit de Montpellier, a été placé en garde à vue ce mercredi après-midi, annonce lâAFP. Le doyen démissionnaire de la fac est entendu dans le cadre de lâenquête ouverte après lâexpulsion violente dâétudiants grévistes dâun amphithéâtre la semaine dernière.
Celui-ci avait été mis en cause par de nombreux étudiants après les violences commises dans la nuit du jeudi 22 mars au sein de lâamphithéâtre de lâuniversité.
Il avait démissionné de ses fonctions de doyen ce week-end, après avoir nié toute implication dans lâaffaire, sur Le Figaro. Un professeur de lâuniversité est également en garde à vue, selon lâAFP.
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