Après la saisie de cocaïne à Abidjan, en avril 2022, c’est l’ouverture dune méga enquête Côte dâIvoire. Sur la piste des narcotrafiquants entre Abidjan et San Pedro. Nous vous apportons les éléments exclusifs de lâenquête.
Saisie de cocaïne à Abidjan, en avril 2022

Câest lâaffaire dont tout le monde parle depuis quatre mois sur les bords de la lagune Ãbrié : le démantèlement dâun réseau de trafic de drogue a révélé lâimplication présumée de plusieurs hommes dâaffaires bien connus sur la place dâAbidjan.
La grande horloge de lâHôtel du district du Plateau, à Abidjan, affiche 11 heures pétantes. Le lieu a une certaine importance dans lâhistoire de la Côte dâIvoire.
Câest devant ce bâtiment moderne fait de béton bouchardé et paré de galets de quartz ocre que Félix Houphouët-Boigny proclama lâindépendance du pays le 7 août 1960.
Ce lundi 27 juin 2022, on sâaffaire sur le parvis. Une importante délégation pénètre dans la salle de conférence. Elle affiche complet.
« Notre pays est malheureusement en passe de devenir une forte zone de transit »

à lâoccasion de la 35e édition de la Journée internationale de lutte contre lâabus et le trafic de drogue en Afrique de lâOuest et en Afrique centrale, lâOffice des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) lance son rapport mondial annuel.
à la tribune, le ministre ivoirien de lâIntérieur et de la Sécurité, Diomandé Vagondo, nây va pas par quatre chemins.
« Notre pays est malheureusement en passe de devenir une forte zone de transit », lance ce fidèle dâAlassane Ouattara, vêtu dâun costume bleu pétrole.
Les mots du ministre résonnent particulièrement : depuis bientôt deux mois, Abidjan est secouée par le démantèlement dâun vaste réseau de trafiquants de drogue dont les ramifications sâétendent jusquâau Liban, en Espagne, en Italie et en Colombie.
La prostituée et le cuisinier
Les grosses saisies de drogue sont souvent le fruit de longues enquêtes. Des filatures sont organisées, les trafiquants sont placés sur écoute téléphonique. Il faut aussi parfois compter sur une bonne dose de hasard.
Le 15 avril, aux premières lueurs du jour, les habitants du quartier Sapim, dans la commune de Koumassi, sont interpellés par une jeune passante.
Hagarde, très troublée et le visage amoché, elle raconte être prostituée et avoir passé la nuit dans la maison dâun hispanique. Une nuit bien agitée.
Lâappétit sexuel semble-t-il décuplé par la forte dose de cocaïne consommée, le gaillard en question sâest acharné sur elle pendant des heures.
Il a même tenté de la forcer à prendre de la drogue. Mécontent dâessuyer un refus, il a passé ses nerfs sur elle, avant de la mettre à la porte sans ménagement, sans même la payer.
Il faut le maîtriser

Lorsque les hommes du commissariat de police du 20e arrondissement de Koumassi arrivent sur les lieux, ils trouvent porte close.
Après en avoir informé le procureur de la République, Richard Adou, ils décident de forcer lâentrée. Lâoccupant, un Colombien, est particulièrement excité. Il faut le maîtriser.
Dans le salon, les policiers tombent sur une cinquantaine de pains de cocaïne, dâenviron 1,5 kilo chacun.
Les hommes de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD) prennent alors le relais, fouillent de fond en comble la maison et découvrent dans la cave une cargaison encore plus importante de drogue, du matériel servant à son conditionnement, et des passeports.












