La problématique du chômage massif des jeunes en Afrique et de la reconstruction de leur espérance est politique. Elle ne sera résolue que si nous parvenons à transformer lâéconomie de marché en développement par la médiation de la démocratie représentative.
Le partenariat entre lâUA et lâUE devrait consister à articuler lâéconomie de marché avec la démocratie, de telle sorte que puisse être résolue la problématique fondamentale de lâintégration des acteurs économiques et des acteurs sociaux, de lâharmonisation de leurs logiques et de leurs intérêts divergents.
Le rôle de lâUE, en tant quâorganisation transnationale européenne de nature cosmopolitique, est dâharmoniser et de gérer, à travers ses diverses institutions, les intérêts divergents de ses membres. Il est nécessaire de promouvoir entre eux les valeurs de la démocratie pour se constituer comme ensemble politique et économique intégré et cohérent. Tel devrait être aussi le rôle de lâUA à lâégard de ses membres en Afrique.
Comme lâUnion Européenne (UE) lâUnion Africaine (UA) est, au-dessus des Etats africains, une union cosmopolitique de nature continentale. Le partenariat UA-UE a pour objectif de constituer un ensemble politique et économique transcontinental dâintérêts et de valeurs partagés, coordonnés et intégrés. Câest à travers cette intégration réciproque et ce co-développement que pourront être résolu le problème migratoire et celui de lâemploi pour la jeunesse.
En raison du passif de lâhistoire, lâUE fait sa part de travail en renflouant  les caisses de la machine économique, et en soutenant lâefficience de lâéconomie de marché.
La part de travail de lâUA devrait consister à harmoniser politiquement les intérêts économiques divergents de ses membres, à promouvoir et à renforcer la démocratie qui lui permet de se constituer en ensemble politiquement cohérent, socialement et économiquement intégré.
Une évidence saute aux yeux. Tous les pays de lâUE sont des démocraties à représentativité sociale, et la fonction politique de cette organisation consiste à travailler aux compromis permettant dâintégrer lâensemble de ces membres.
Ce cadre politique permet de transformer la productivité de lâéconomie de marché en développement endogène. Il permet de lutter activement contre la face sombre de la concurrence économique, de potentialiser sa face de lumière, dâélaborer des politiques efficaces de lâemploi pour lutter contre le chômage des jeunes, dâélaborer des solutions contre la financiarisation de lâéconomie.
Les Etats autoritaires orientaux, tels la Chine, parviennent aussi à transformer lâéconomie de marché en développement endogène, à cause du cadre politique de lâEtat-nation qui permet dâintégrer les acteurs économiques et les acteurs sociaux du développement.
 On note, à contrario, quâavec une croissance à deux chiffres, la productivité de lâéconomie de marché ne se transforme pas en développement endogène dans les dictatures et les autocraties qui ne sont pas des Etats-nations.
Ce paradoxe ne résulte pas exclusivement des effets exogènes de lâéchange inégalitaire entre les pays de lâUA et ceux de lâUE.
Hors de la démocratie et de lâEtat-nation, lâéconomie de marché  potentialise la face sombre du libéralisme économique. Elle produit une société à deux vitesses, facilite la captation et la confiscation des ressources par une minorité dominante à travers des monopoles, gaspille et stérilise de ce fait les énergies créatrices, développe le chômage, accentue la pauvreté de masse.
Lâéconomie de marché ne produira pas spontanément le développement endogène et ne multipliera pas les emplois, en Afrique, du seul fait de la suppression de la tutelle des Etats, de lâinjection de fond financier dans la machine économique, de lâautonomie monétaire.
Le plan Marshall, les aides budgétaires multiformes, dâorigine occidentale et orientale, nâauront aucun effet sans un régime politique permettant de gérer politiquement les asynchronies et les conflits entre lâinvestissement et la redistribution, dâharmoniser les nécessités de la modernisation économique et les exigences de la répartition des produits de la croissance.
La modernisation économique requiert de lâinvestissement. Lâintégration sociale requiert de la redistribution. Ces deux aspects nécessaires du développement étant néanmoins contradictoires, ils doivent être accordés. La démocratie permet de réaliser cette performance. Comment sâeffectue ce processus ? (A suivre)












