Revue de Presse Kafunel du 2 décembre 2025

La revue de presse de ce mardi 2 décembre 2025, relayée par Kafunel, nous plonge dans une atmosphère lourde de sens. Les quotidiens sénégalais traitent simultanément du devoir de mémoire et de la crise sociale, illustrant parfaitement la dualité des défis auxquels l’Ãtat est confronté.
Thiaroye 44 : La fin du silence, le début des réparations ?

C’est une clameur qui traverse les âges et qui résonne avec une force nouvelle en 2025. Le quotidien Le Soleil titre sobrement mais puissamment : « Au nom du souvenir ». Mais derrière ce titre se cache une offensive diplomatique et mémorielle sans précédent menée par le Chef de l’Ãtat.
Lors de la commémoration du 81ème anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais, survenue ce lundi 1er décembre, le Président Bassirou Diomaye Faye n’a pas fait dans la langue de bois. Il a posé un ultimatum moral à l’ancienne puissance coloniale. Si la France a admis l’année dernière, du bout des lèvres, le terme de « Massacre », Dakar attend désormais plus que des mots.
Comme le rapporte Sud Quotidien, le débat sur les réparations est officiellement relancé. Ce n’est plus une demande timide, c’est une exigence d’Ãtat. Le Président a rappelé que la dignité n’a pas de prix, mais que la justice, elle, a un coût que l’histoire doit solder. « Le combat des Tirailleurs pour la justice et la dignité ne sâeffacera pas », a-t-il martelé devant un parterre de Chefs d’Ãtat et de délégations africaines.
[Comprendre l’Histoire : Thiaroye 44 n’est pas un fait divers, c’est le socle de notre souveraineté. Informez-vous pour ne jamais oublier.]
Une exigence de vérité historique
L’historien Mamadou Diouf, cité par LâAs et WalfQuotidien, appuie cette démarche politique par une rigueur académique. Il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de vérité. Le professeur insiste sur la nécessité d’excuses officielles, claires et nettes, pour l’ensemble des exactions coloniales. C’est une quête de vérité qui, 81 ans après, se heurte encore aux « secrets » des archives militaires françaises.
La présence du Président gambien Adama Barrow et des délégations du Togo, du Cameroun ou encore du Tchad à cette cérémonie montre que Thiaroye n’est pas une douleur uniquement sénégalaise, mais une cicatrice panafricaine. Retrouvez l’analyse complète sur Kafunel.
Universités en ébullition : Quand la bourse ne tombe pas, le campus s’embrase

Si le gouvernement gère le passé avec fermeté, le présent lui explose au visage. La transition est brutale dans les colonnes des journaux : de la solennité de Thiaroye, on passe aux gaz lacrymogènes de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
WalfQuotidien est formel : « Les universités publiques sâembrasent ». Le motif est tristement classique mais toujours aussi explosif : le retard de paiement des bourses. Pour un étudiant sénégalais, la bourse n’est pas un luxe, c’est une question de survie.
Un front social qui s’élargit
La situation décrite par LâObservateur est alarmante. Les affrontements à l’UCAD ont déjà fait des blessés, dont 5 policiers et un responsable étudiant. Mais le plus inquiétant pour les autorités est l’effet de contagion. Ce qui a commencé à Dakar s’étend désormais comme une traînée de poudre :
- Saint-Louis (UGB) : Les étudiants sont sur le pied de guerre.
- Ziguinchor : Le sud emboîte le pas.
- Kaolack : Le campus entre en grève.
C’est une véritable « contestation à l’échelle nationale » qui se dessine. Les étudiants du deuxième cycle (Master) se sentent lésés et abandonnés. Cette crise universitaire pose une question cruciale au gouvernement : comment célébrer la mémoire des anciens combattants qui réclamaient leur solde, tout en échouant à payer celle des futurs cadres de la nation ?
[Alerte Info : Suivez en temps réel l’évolution des grèves universitaires sur nos canaux Telegram et WhatsApp pour éviter les zones de tension.]
Entre devoir de mémoire et urgence sociale

Cette revue de presse du 2 décembre 2025 met en lumière le grand écart que doit réaliser l’exécutif. D’un côté, le Président Bassirou Diomaye Faye s’érige en gardien de la mémoire africaine, exigeant que la France solde ses comptes historiques. De l’autre, il doit impérativement éteindre l’incendie social qui menace de paralyser l’enseignement supérieur.
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Comme le soulignent les quotidiens, la justice est un tout. Justice pour les Tirailleurs massacrés pour leur argent en 1944, et justice pour les étudiants réclamant leur dû en 2025. L’histoire bégaie parfois cruellement, et il appartient aux dirigeants d’aujourd’hui de trouver les réponses que le passé n’a pas su donner.
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