Dakar, Sénégal â Yahnene Keita Ndiaye, 5 ans de combat : le calvaire de cette directrice d’école à Dakar. Le témoignage de Yahnene Keita Ndiaye, directrice dévouée de l’école élémentaire Colobane 2, est un cri du cÅur qui expose une injustice flagrante. [6] Affectée à un logement de fonction pour se rapprocher de son travail, elle vit un enfer quotidien depuis décembre 2020. Squat, menaces de mort, pollution, agressions⦠son histoire est celle dâun combat solitaire contre un individu qui se vante de son impunité et face à des institutions qui semblent sourdes à ses appels à l’aide.
Yahnene Keita Ndiaye, 5 ans de combat : calvaire de cette directrice d’école à Dakar

Ce qui aurait dû être un havre de paix, une base arrière pour mieux servir l’éducation nationale, s’est transformé en un véritable champ de bataille. Dès son arrivée, Mme Ndiaye a compris que son logement de fonction était déjà partiellement et illégalement occupé.
Face à elle, un certain Monsieur Cheikh Ahmadou Bamba Dieng, exploitant un commerce informel et tentaculaire, lui a opposé des promesses vagues et une assurance déconcertante.
C’était le début d’une descente aux enfers, une escalade de violence, de menaces et d’intimidation, face à l’inertie assourdissante des institutions censées la protéger.
Un emménagement aux allures de cauchemar

Le 18 décembre 2020, lorsque Mme Ndiaye prend possession de son logement affecté par le Patrimoine Bâti de l’Ãtat sur le Boulevard Mamadou Dia, la réalité est brutale. [3]
La façade de son domicile est transformée en station de lavage auto. Pire encore, deux conteneurs sont installés juste derrière sa chambre, accompagnés d’un enclos pour moutons et d’une caméra de surveillance braquée sur son intimité.
L’occupant des lieux, M. Cheikh Ahmadou Bamba Dieng, la rassure d’abord. Il prétend avoir été indemnisé par le projet BRT (Bus Rapid Transit) et attendre un nouveau site de la mairie.
Ill demande du temps. Mais les semaines deviennent des mois, et les mois des années. De fin 2024 à mai 2025, face à l’inaction, Mme Ndiaye fait appel à un huissier pour constater l’occupation illégale. Rien n’y fait. L’homme reste, et le calvaire s’intensifie.
L’échec des institutions : entre promesses vaines et silence complice

Dépassée, la directrice d’école se tourne vers l’entité qui lui a attribué le logement : le Patrimoine Bâti de l’Ãtat. [3]
Une descente sur les lieux est effectuée. Des promesses de déguerpissement lui sont faites, une confrontation est annoncée. Mais cette convocation n’arrivera jamais. « Il disait qu’il n’avait pas le temps pour nous recevoir », confie-t-elle, dépitée. L’organisme de l’Ãtat, dont la mission est justement de gérer et préserver ce patrimoine, semble se dérober. [3, 14]
Dans le même temps, elle dépose plainte à plusieurs reprises au commissariat de la Médina. La réponse est systématiquement la même : « on va transmettre le dossier au tribunal ». Mais en demandant un numéro de suivi, elle se heurte à un mur : « le dossier n’a pas de numéro ». Une impasse administrative qui laisse le champ libre à son bourreau.
Ce dernier ne se cache pas de son influence. Il se serait vanté auprès d’elle : « Il me disait à chaque fois qu’il se fichait de la police et dans n’importe quelle structure auxquelles je ferai recours il va les acheter car il a beaucoup d’argent et il connaissent que des personnes importantes dans ce pays. »
Une escalade de violence et de harcèlement
- Pollution sonore : Tapage nocturne, réparations de voitures à toute heure.
- Menaces et agressions : Menaces de mort, tentative d’agression physique, intrusions dans son salon.
- Vandalisme : Serrures sabotées, jets de pierres, vol de son compteur d’eau.
- Intrusions : Des individus entrent dans ses chambres en son absence.
- Insécurité : Un employé de l’occupant, connu sous le nom d’Abdou Fall, fumerait et boirait sur place, ajoutant au climat de peur.
Conseil : Face à une situation similaire, documentez tout ! Prenez des photos, des vidéos, notez les dates et heures des incidents. C’est votre meilleur atout.
Le coup de grâce de la SOGEPA : quand l’Ãtat légalise l’illégalité

Alors que Mme Ndiaye se bat sans relâche, une nouvelle vient la frapper de plein fouet. Le 3 septembre 2022, elle reçoit un courrier de la SOGEPA (Société Nationale de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine Bâti de l’Ãtat), une entité qui a repris les missions de l’Agence du Patrimoine Bâti. [5, 4] Le document est un contrat de bail accordé à M. Dieng pour « une partie du logement », qui n’est autre que la zone qu’il occupe illégalement derrière sa chambre.
L’incompréhension est totale. L’Ãtat, par le biais de la SOGEPA, non seulement ne l’aide pas, mais officialise la présence de son harceleur. Et ce, alors même que son indemnité de logement est prélevée sur son salaire depuis des mois ! Malgré son recours pour contester cette décision, l’irréparable est commis.
Le 12 octobre 2022, profitant de son absence pour son travail, M. Dieng fait construire un mur de séparation en deux jours à peine, scindant le logement en deux et actant physiquement la spoliation, malgré l’intervention de la police.
Astuce Juridique : En cas de construction illégale sur votre propriété, contactez immédiatement un huissier pour faire un « constat avant travaux » ou « pendant travaux » et saisissez le juge en référé pour demander l’arrêt du chantier.
Un combat qui continue dans l’indifférence

Aujourd’hui, Yahnene Keita Ndiaye est à bout. Ses demandes d’audience auprès du DG de la SOGEPA sont restées lettre morte. Les agissements continuent, l’occupant et ses employés allant jusqu’à prétendre que la SOGEPA leur a vendu le logement et qu’ils l’expulseront bientôt.
Une plainte déposée au procureur en novembre 2022, transmise à la gendarmerie, n’a connu aucune suite. Une nouvelle plainte en janvier 2025, transmise au commissariat de la Médina, reste elle aussi sans réponse à ce jour. Le système semble paralysé, ou pire, complaisant.
L’histoire de Mme Ndiaye est plus qu’un simple litige de voisinage. C’est le symbole d’une citoyenne, d’une servante de l’Ãtat, qui se retrouve broyée par l’inertie administrative et l’arrogance de ceux qui se croient au-dessus des lois. Son logement de fonction, un droit censé lui apporter la sécurité, est devenu sa prison. Jusqu’à quand son appel à la justice restera-t-il sans réponse ?
Partagez massivement cet article pour que le calvaire de Yahnene Keita Ndiaye soit entendu au plus haut sommet de l’Ãtat. L’injustice ne doit pas triompher.
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