Toubab Dialaw est Lieu de farniente et d’inspiration artistique

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Toubab Dialaw est Lieu de farniente et d’inspiration artistique. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de Toubab Dialaw, on pense à ses plages démesurément longues, bordées de falaises sur lesquelles trônent quelques villas cossues, une enfilade de pirogues artisanales aux couleurs vives qui font face à l’Atlantique ou flottant sur les eaux mouvantes ballottées au gré du vent. Un lieu de farniente en somme que prennent d’assaut, chaque année, des milliers de personnes en quête d’évasion.

Toubab Dialaw est Lieu de farniente et d’inspiration artistique

Ndiambalane (Toubab Dialaw ), la source laissée par Cheikh Omar Foutiyou Tall
Ndiambalane (Toubab Dialaw ), la source laissée par Cheikh Omar Foutiyou Tall

Destination touristique prisée, surtout par la clientèle locale, à travers ce qui est communément appelée « sortie ».

Ce côté pile de lieu de villégiature a tendance à prendre le dessus sur le côté face de Toubab-Dialaw, moins connu du commun des Sénégalais : haut lieu d’expression, voire d’inspiration artistique. Cela se traduit par la présence remarquée et remarquable de structures à vocation culturelle.

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On peut citer le complexe culturel et touristique « Sobo Badé » créé par l’écrivain-poète, dramaturge et sculpteur sénégalais d’origine haïtienne Gérard Chenet (décédé au mois de novembre 2022) qui a attiré beaucoup d’acteurs culturels au niveau national et international ; la Maison d’écriture de l’artiste-poète, Amadou Lamine Sall ; l’École des Sables de la danseuse internationale Germaine Acogny ; le Théâtre de l’engouement, un Grand théâtre international, installé dans la zone par le même Gérard Chenet.

L’ensemble de ces infrastructures accueille un monde culturel au niveau national et international à travers des festivals et de grandes manifestations inscrits dans le calendrier culturel du Sénégal.

Toubab Dialaw est un creuset culturel

Mbakhana Usine vapeur
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« Cela s’explique par plusieurs facteurs. Situé à la limite de la région de Dakar, frontalière avec la région de Thiès, c’est un lieu de rencontre entre les peuples Lébous et Sérère Saafi, mais aussi des peuples nomades peuls, donc ce brassage-là a donné naissance à des potentialités culturelles et à des échanges entre ces peuples qui se sont traduites par beaucoup de réalisations culturelles, de naissances d’acteurs culturels dans la zone », explique Massogui Thiandoum, très engagé dans les questions de développement au niveau local.

Il ajoute que c’est après le Festival mondiale des arts nègres de 1966 que quelqu’un comme Gérard Chenet s’est définitivement installé au Sénégal, notamment à Toubab Dialaw. La dimension culturelle et touristique de Toubab Dialaw est consignée dans le document de politique d’aménagement du territoire « Horizon 2035 » de l’État du Sénégal, qui le considère comme une zone à vocation culturelle et touristique.

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« Tout cela fait que beaucoup d’artistes, beaucoup d’hommes de culture, viennent ou habitent dans la localité et Dialaw porte le flambeau de la culture sénégalaise à travers beaucoup de réalisations et beaucoup d’activités culturelles dans l’année.

Ils viennent ici soit pour produire soit pour s’inspirer », souligne Massogui Thiandoum. C’est vrai que Toubab Dialaw, avec son relief si singulier et ses belles plages, offre un cadre approprié pour l’inspiration. L’artiste-chanteur Baaba Maal y a élu domicile, et tant d’autres personnalités y ont une résidence secondaire.

« Ndiambalane », la source laissée par Cheikh Omar Foutiyou Tall

Toubab Dialaw est Lieu de farniente et d’inspiration artistique
Toubab Dialaw est Lieu de farniente et d’inspiration artistique

Sous le rocher « Xeru Baye Damel » sur la plage Bataye, un lieu singulier attire souvent les curieux de passage à Toubab Dialaw. Il s’agit d’une source d’eau douce appelée « Ndiambalane ». En cette période de haute marée, le sable marin l’a ensevelie mais, entre décembre et mars, ce point d’eau se dévoile au grand monde.

Selon Barham Ciss, c’est l’endroit où Cheikh Omar Foutiyou Tall faisait ses ablutions lorsqu’il est venu à Toubab Dialaw, sans en préciser l’année. Il sait seulement que le célèbre marabout a passé dans la localité « trois mois, sept jours sur le chemin qui devait le mener à Bandiagara ».

Une fois ses ablutions faites sous cette roche, Cheikh Omar Foutiyou Tall montait sur la falaise pour prier. Ce lieu de prière, qui borde le complexe touristique et culturel Sobo Badé, est en réfection. La petite mosquée qui avait été érigée a été démolie et est en cours d’agrandissement.

« Partout où il est passé, les gens ne voulaient pas lui donner de l’eau. À Toubab Dialaw, dès que les femmes qu’il a trouvées au bord du puits l’ont vu, elles se sont précipitées pour lui offrir de l’eau. Cela l’a peut-être décidé à rester quelques temps ici », avance Barham Cissé.

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Il ajoute que, pendant tout son séjour, les gens ne savaient pas qui il était, c’est lorsqu’il s’apprêtait à partir qu’ils ont su que c’était Cheikh Omar Foutiyou Tall. « La source qu’il a laissée, malgré la proximité de la plage, n’est pas saumâtre.

Quand les populations ont découvert la source qu’il a laissée, elles l’ont considérée comme une bénédiction, ‘’diamm leu’’ qui donnera ‘’ndiambalane’’ ce qui veut dire une bénédiction éternelle », explique le traditionaliste dialawois. Non loin de cette source, il y a un autre puits. Son eau aurait des vertus mystiques.

Par le passé, quand les femmes accouchaient, elles utilisaient son eau pour laver leurs bébés, une pratique qui se fait de moins en moins. Les humains et les animaux peuvent boire de cette eau du puits sauf les chevaux.

« La raison est qu’aux temps des colons, les vieux du village, pour éviter que les collecteurs d’impôts à cheval ne viennent les importuner, avaient fait en sorte que leur monture mourait dès qu’elle buvait cette eau. Cette croyance persiste encore », explique Barham Ciss.

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