Valdiodio Ndiaye devant De Gaulle : Retour sur les coulisses du Discours dans l’Histoire ou l’adresse forte …

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Discours dans l’Histoire: l’adresse forte de Valdiodio Ndiaye devant De Gaulle. A travers leurs discours mémorables, bien des hommes ont marqué l’Histoire et continuent de résister à l’usure du temps. Pour rappeler à la postérité ces communications venues d’ailleurs, Kafunel réserve désormais une page spéciale à leurs auteurs.

Valdiodio Ndiaye devant De Gaulle : Discours dans l’Histoire ou l’adresse forte

26 août 1960, le Sénégal adopte une nouvelle Constitution après l’éclatement de la Fédération du Mali
26 août 1960, le Sénégal adopte une nouvelle Constitution après l’éclatement de la Fédération du Mali

Valdiodio Ndiaye est parmi ces orateurs de l’histoire avec son discours courageux devant le Général de Gaulle en sa qualité de ministre de l’intérieur et de l’information, le 26 aout 1960.

« Le peuple d’Afrique, comme celui de France, vit en effet des heures qu’il sait décisives et s’interroge sur le choix qu’il est appelé à faire.

Dans un mois, le suffrage populaire, par la signification que vous avez voulu donner à sa réponse outre-mer déterminera l’avenir des rapports franco-africains. Il ne peut donc y avoir aucune hésitation.

La politique du Sénégal clairement définie s’est fixée trois objectifs qui sont dans l’ordre où elle veut les atteindre: l’indépendance, l’unité africaine et la Confédération.

Promulgation de la constitution Loi n°2023-13
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Nous disons indépendance d’abord. Mais en nous fixant ce préalable, nous ne faisons qu’interpréter l’aspiration profonde de tous les peuples d’Afrique noire à la reconnaissance de leur personnalité et de leur existence nationale.

L’indépendance est un préalable, elle n’est pas une fin en soi, elle n’est pas un idéal en elle-même, mais pour ce qu’elle rend possible.

Elle ne véhicule pas une volonté de sécession; elle ne recèle aucune intention d’isolement, ni de repli sur soi. Nous disons indépendance et nous disons ensuite unité africaine.

Oui, l’indépendance que nous voulons n’est pas la sécession, elle n’est pas d’avantage l’indépendance dans le cade de chaque territoire, la rupture de toutes les solidarités fédérales existantes, le repliement à l’intérieur de ses frontières dont nous n’avons jamais cessé de dénoncer le caractère artificiel.

Enfin, au-delà de l’indépendance et de l’unité, le gouvernement du Sénégal, avec le Congrès de Cotonou, propose la négociation avec la France d’une Confédération multinationale de peuples libres et égaux.

Cette position nous apparait la seule réaliste et la seule durable parce qu’elle est la seule, la seule qui tienne compte à la fois du sentiment national des masses africaines, de leur aspiration à l’unité et de leur volonté d’entrer dans l’ère moderne, au sein d’un ensemble plus vaste encore.

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C’est pourquoi nous regrettons de voir écartée la Confédération avec toutes les perspectives d’association qu’elles contenait. Ce serait pour l’Afrique un recul d’un demi siècle, alors que tout nous commande d’aller de l’avant.

Car avec quel peuple, l’Afrique indépendante et libre, pourrait-elle s’associer qu’avec le peuple de France qu’elle connait et qu’elle aime.

Avec lui, elle a non seulement des liens d’interdépendance économiques et culturels, mais encore tout un passé de souvenirs, qui dans le meilleur et le pire sont des souvenirs communs. Avec lui, elle partage un idéal de liberté et de dignité humaine, une même conception du progrès et de l’avenir humain.

Notre espoir se fonde sur le fait qu’en venant ici, pour nous informer et pour vous informer, vous avez créé un climat de discussions et avez par la même tourné le dos à cette nouvelle philosophie de la vieille Europe qui, si l’on en croit Albert Camus, a répudié le dialogue pour épouser le communiqué.

Une Europe qui ne dit plus « je pense ainsi, quelles sont vos objections? », mais « voici ma vérité mais peu importe que vous la discutiez, l’armée et la Police se chargeront d’établir que j’ai raison ».

Valdiodio Ndiaye devant De Gaulle Discours dans l’Histoire ou l’adresse forte
Valdiodio Ndiaye devant De Gaulle Discours dans l’Histoire ou l’adresse forte

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A cet égard aussi, le choix qui nous est proposé n’est donc pleinement pas libre et notre réponse ne sera pas pleinement le sens que vous en attendez.

Ou bien, nous voterons selon nos seules convictions, au risque de retarder la réalisation de l’Unité africaine, ou bien nous définirons avec les autres territoires de la Fédération une position commue, faite de compromis tactiques, et qui laissera dans l’ombre sans les supprimer un véritable problème ».

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