Focus sur Wassakodé (Matam), Au village de la débrouille. Wassakodé est un village situé à 2 km de Sinthiou Garba, dans la commune dâOgo. Ici les populations, composées essentiellement de peuls, de « maabos » et de « lawbés », ont très tôt pris leur destin en main pour sâoffrir des services sociaux de base.
Wassakodé (Matam) à 2 km de Sinthiou Garba : Au village de la débrouille
MATAM â Pour relier Wassakodé, une localité située dans la commune dâOgo, il faut passer par Sinthiou Garba en empruntant une piste latéritique en direction du Diéri sur 2 km.
Ce village qui sâappelait dâabord « Wassa » aurait été fondé en 1285 par Farba Souleymane Ndiaye.
Ensuite, El Hadji Oumar Tall qui était de passage lui donna le nom de « Wassakodé » qui signifie « qui ne manque pas de boules de mil », en guise de reconnaissance pour lâhospitalité qui lui a été réservée. Le village compte aujourdâhui 4 200 habitants.
![Wassakodé (Matam) : Au village de la débrouille [Reportage] 1 Egypte - Le Désert Blanc - Esprit Rando ...](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2021/12/Egypte-Le-Desert-Blanc-Esprit-Rando-....jpg?resize=696%2C392&ssl=1)
Wassakodé présente une architecture magnifique à voir. Les maisons et les villas quâon y trouve offrent un décor plutôt splendide. En réalité, câest un beau village.
Une ambiance folle règne sur la rue principale du village. Les menuisiers métalliques dans leur besogne exercent une pollution sonore sur les passants. Les charretiers continuent de faire leur va-et-vient sans interruption.
Ramata Ndiaye, teint noir et sourire aux lèvres
Les vendeuses de légumes devant leurs tables palabrent en attendant lâarrivée des clients. Ramata Ndiaye, teint noir et sourire aux lèvres, vend des légumes au marché.
Cette activité lui permet de satisfaire ses besoins. Néanmoins, elle fait face à des difficultés liées à la cherté des légumes et à la rareté des clients.
à quelques encablures du marché, Mamadou Sy, un jeune homme tient un atelier de couture.
Ce dernier a eu la chance dâapprendre ce métier ici dans le village jusquâà en avoir assimilé tous les rudiments. Aujourdâhui, il gagne sa vie grâce à cette activité car il arrive à subvenir à ses besoins.
Aliou Ndiaye relate que ce sont les fils du village dâici et de la diaspora
Sur ce même chemin, nous avons rencontré Aliou Ndiaye, étudiant à la Faculté des Sciences et Techniques de lâUniversité Cheikh Anta Diop.
Il vient de réussir le concours dâinfirmier dâÃtat. Ce natif de Wassakodé nous donne une lecture détaillée de la situation du village.
Apparemment, Wassakodé nâa pas attendu lâÃtat pour offrir aux siens des infrastructures telles que lâécole, la case de santé et le marché.
Aliou Ndiaye relate que ce sont les fils du village dâici et de la diaspora qui ont pris leurs propres initiatives pour construire les premières salles de classe, avant que les autorités ne viennent prendre la relève.
Câest le même effort fourni pour offrir aux enfants la case des tout-petits. Aussi, les populations ont mis à la disposition du personnel enseignant un logement social.
Ainsi que le village sâest engagé à construire la case de santé
![Wassakodé (Matam) : Au village de la débrouille [Reportage] 2 Désert blanc d'Egypte0](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2021/12/Desert-blanc-dEgypte0.jpg?resize=696%2C392&ssl=1)
Les populations de Wassakodé se rendaient à Sinthiou Garba pour recevoir des soins de santé. Cette situation est jugée difficile pour les populations qui rencontrent des difficultés liées à lâaccès aux soins de santé.
Câest ainsi que le village sâest engagé à construire la case de santé qui nâa pas encore reçu de personnel de santé provenant de lâÃtat.
Par conséquent, les populations ont elles-mêmes décidé de prendre la charge de tout le personnel de santé travaillant dans la structure. Mais dans le long terme, le soutien de lâÃtat est attendu par les populations.
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Par ailleurs, ce natif du village égrène le chapelet de doléances de la localité. « Lâaccès à certains quartiers pendant la saison des pluies est difficile parce que le village est ceinturé par les eaux.
La construction de pontons va certainement faciliter la circulation des personnes. En outre, la mosquée du village menace de sâeffondrer car elle est dans un état de délabrement très avancé », avertit Aliou Ndiaye. à cet effet, les populations sollicitent le soutien de lâÃtat pour la réfection du lieu de culte.
Wassakodé est aussi un village artisanal
![Wassakodé (Matam) : Au village de la débrouille [Reportage] 3 Désert blanc d'Egypte](https://i0.wp.com/www.kafunel.com/wp-content/uploads/2021/12/Desert-blanc-dEgypte.jpg?resize=696%2C392&ssl=1)
Lâartisanat est une activité très développée dans le village. En effet, les populations sont de véritables artisans excellant dans la poterie.
Wassakodé doit sa réputation à cette activité traditionnelle. Trouvée dans lâenceinte de son atelier, Fayol Yéro Sy est tout joyeuse de nous raconter ce métier quâelle a hérité de ses ancêtres. Elle vient de finir le moulage de son deuxième canari de la journée.
« La poterie est un art qui se transmet de génération en génération chez nous », révèle-t-elle. Ici la poterie obéit à un rituel bien établi, dâaprès cette potière.
Selon elle, il faut dâabord puiser la matière dans un « marigot » autorisé par les anciens comme celui situé dans le village dâOgo à une dizaine de kilomètres.
Ensuite, il faut une quantité importante de bouse de vache qui sera ensuite mélangée avec le banco.
Câest tout un processus avant dâarriver au résultat final. « On dépense beaucoup dâargent dans la fabrication », se plaint-elle.
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