Babacar Diène n’en fait pas un problème. Il a fini pour s’habituer à sa pathologie. D’un commerce facile, le journaliste, âgé de 34 ans, balance : « De loin, vous pouvez voir ma calvitie« . Et c’est tout sauf une blague. Alopécie androgénétique ou la calvitie ? En tout cas, il a le sommet du crane complètement désert. Une maladie des cheveux hérité de son père. « C’est en 2014 que je m’en suis rendu compte. Lorsque je me suis ouvert à un Docteur, il m’a dit que je suis victime de l’alopécie androgénétique ».

Depuis, le pisse-copie a un problème avec la perte de ses cheveux : L’identification. « Les gens ont du mal à me reconnaître avec cette calvitie. J’ai fait presque tous mes papiers administratifs comme ma carte d’identité nationale avant que je ne sois chauve. Ce qui fait que souvent, quand je dois récupérer de l’argent à la banque et que je présente ma pièce d’identification, on me regarde bizarrement comme si c’était une autre personne », a-t-il confié.

« Je suis souvent victime de moquerie »

Seul à l’avoir dans sa famille, Babacar Diène « est souvent victime de moquerie ». Cependant, il avoue l’assumer fièrement : « Les gens me taquinent généralement en me disant : tu as la calvitie. Mon oncle me force à porter des bonnets mais je dis non. Je ne veux pas le cacher. D’ailleurs, je me rase rarement ». En plus, le sieur n’est jamais parti chez le médecin pour se faire consulter.

La calvitie ou l’alopécie androgénétique est la perte progressive des cheveux. Elle se manifeste par une chute des cheveux qui comment, d’une manière générale, par le front, « les golfes » ou le haut du crâne. La calvitie n’épargne personne, elle touche hommes et femmes de tout âge.

« Depuis quelques temps, j’ai remarqué que mes cheveux chutaient. C’est ainsi que j’ai su que j’avais la calvitie à partir du front. C’est quelque chose d’héréditaire dans ma famille.  Mon père en a. De même que mon grand-frère. Toutefois, je n’ai jamais suivi un traitement », a renseigné le jeune Alphonse Coly.

Comme Babacar Diène, ce dernier n’a pas honte de l’exposer : « Je le vis normalement et cela ne me dérange pas du tout. Ma  tête est tout le temps rasée. Je ne suis pas un complexé. Du coup, je ne le camoufle pas avec une casquette ou autre chose », signale-t-il.

Mariama Dieng : « Je cache mon état derrière une perruque »

En voilà une autre victime qui ne l’a hérité nulle part. Lui, c’est Daouda Diop. La chute de ses cheveux a démarré, il y a de cela deux années. Il explique : « Je n’ai jamais suivi un traitement quelconque encore moins consulté un dermatologue.  J’ai toujours gardé mon style, s’enorgueillit-t-il.

Les femmes aussi sont parfois victimes de l’alopécie surtout celle dite de traction. Mariama Dieng, une employée d’un centre d’appel de la place, en est une. « J’ai la calvitie depuis toute petite. Elle s’est manifestée par une perte de cheveux au niveau « des golfes« . Je n’ai jamais consulté un dermatologue. C’est ma mère qui l’avait. Au début, je suivais un traitement de cheveux avec les pommades capillaires. Mais jusqu’à présent, il n’y a pas de résultats. La calvitie se trouve sur les rebords de ma tête et j’avoue que c’est flagrant », regrette la dame.

De ce fait, elle cache son état avec une perruque. « Pour une femme, ce n’est pas du tout facile surtout quand on veut faire de belles coiffures. En lieu et place, je porte seulement des perruques », dit-elle.

Si les adultes sont les plus touchés par la perte ou chute de cheveux, il arrive dans certains cas, que les bébés, dès la naissance, en souffrent. Le dermatologue et non moins vénéréogue Dr Hadi Hakim explique les origines de la calvitie chez le sujet à bas âge.

Le bébé et la chute de cheveux

« Quand le bébé est à l’intérieur du ventre de sa maman, il y a ce qu’on appelle une imprégnation hormonale. C’est-à-dire que le bébé lui-même a des hormones en très faible quantité et qu’il est en train de prendre les hormones qui sont dans le ventre. Il faut savoir que la maman a beaucoup d’hormones pour permettre au bébé de rester en vie. Elle a du cholestérol, des œstrogènes. Elle a un peu de la testostérone masculine », enseigne-t-il. Si l’on en croit ce spécialiste, les hormones passent vers le placenta pour aller vers le bébé.  »Et quand ce dernier va naître, il a des cheveux qui peuvent tomber au bout de trois semaines. Parce qu’il n’a plus ces hormones ».

Quid du traitement ?

Le Docteur indique qu’il faut savoir que la calvitie est un processus qui continue. C’est-à-dire avec le temps, elle va progresser à l’âge de 50 ou 60 ans. Cela veut dire que si on ne le traite pas, elle va se propager jusqu’à se stabiliser. Autrement dit, précise Dr Hadi Hakim, elle ne se guérit jamais seule, sans traitement.

Ce dernier affirme que le traitement nécessite l’utilisation soit de la pompe par spray ou le comprimé, soit la greffe de cheveux dans la zone où il n’y en a plus. « Dans ce cas, on a traité la pathologie. Mais c’est un processus qui, quoi qu’il arrive, ne doit pas être arrêté, sinon les cheveux vont continuer à chuter », prévient le dermatologue.

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