Emploi, compétitivité, souveraineté alimentaire⦠: Ces 5 défis économiques qui attendent Bassirou Diomaye Faye. Lâemploi, la compétitivité économique et la souveraineté alimentaire sont les chantiers prioritaires qui attendent le nouveau Président élu du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, estime lâéconomiste Mounirou Ndiaye. Lâéconomiste et fiscaliste Mamadou Ngom identifie, de son côté, le relèvement du taux de pression fiscale comme lâun des défis majeurs pour une bonne mise en Åuvre des politiques publiques.
5 défis économiques attendent Bassirou Diomaye Faye

Quels sont les défis économiques pour le nouveau Président de la République, Bassirou Diomaye Faye ?
Lâéconomiste Mounirou Ndiaye considère la lutte contre le chômage comme la priorité du nouveau Président.
En effet, malgré les taux de croissance obtenus depuis 2000, le chômage, soutient-il, nâa pas reculé.
« Lâemploi repose sur une mécanique économique fortement tributaire du rythme de création de richesses et de leur répartition.
Or, lâéconomie sénégalaise a connu une croissance continue dont la moyenne a été supérieure à 3 % dans la période 2000-2012 et à 5 % dans la période 2012-2024.
Pourtant, le taux de chômage officiel, qui était de 12 % environ en 2011, se situe actuellement à près de 23 %. De même, le chômage des diplômés est passé de 16 à 34 % durant la même période », explique le Pr Ndiaye.
Mais, lâéconomiste trouve important de se départir de cette croyance que la croissance économique crée de lâemploi.
Pour lui, il faut aussi reconnaître quâil nây a pas eu de politique dâemploi digne de ce nom, mais des programmes qui nâont finalement été que des artifices sans suite.
« Aucun nâa été évalué pour appuyer techniquement ces programmes. Et ils ont donc tous échoué, comme lâa reconnu le Président Macky Sall en mars 2021 », ajoute le spécialiste.
Environ 11 000 milliards de FCfa dépensés pour une croissance cumulée inférieure à 50 % en 10 ans

Lâautre chantier à côté de lâemploi, estime le spécialiste, câest la dynamisation de lâéconomie pour plus de compétitivité.
« Lâexécution du Pse à partir de 2014 est très illustratrice : environ 11 000 milliards de FCfa dépensés pour une croissance cumulée inférieure à 50 % en 10 ans.
La productivité de lâéconomie sénégalaise a été très faible et cela justifie son besoin perpétuel de perfusion », affirme-t-il.

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Mounirou Ndiaye fait remarquer quâaprès les 3927 milliards de FCfa dâengagements obtenus au groupe consultatif de Paris en 2014 pour la phase 1 du Pse (Pap 1 : 2014-2018), des engagements de 7356 milliards de FCfa ont été décrochés en 2018 dans la perspective de la phase 2 du Pse.
« Ainsi, la dette publique du Sénégal est passée dâenviron 40 % du Pib en 2014 à 67 % en 2020.
Lâencours de la dette publique se situe à 20 000 milliards de FCfa actuellement, soit plus de 70 % du Pib », argumente-t-il.
Développer le secteur agricole et la préférence nationale

Avec les ruptures annoncées dans son projet de société, le Président Bassirou Diomaye Faye, assure le Pr Mounirou Ndiaye, pourrait définitivement mettre un terme à un paradoxe qui est le principal élément qui plombe lâéclosion du potentiel économique du Sénégal.
Lâagriculture, annoncée comme priorité face à lâextrême maigreur des moyens qui lui sont consacrés, pourrait permettre, selon lâéconomiste, le développement si les moyens budgétaires suivent.
En 2024, le budget du secteur se situe à moins de 4,5 % des dépenses publiques et moins de 6 % du budget général de lâÃtat.

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La loi de finances rectificative, prévisible dans les semaines à venir, doit au moins permettre dâaller jusquâà 10 % du budget de lâÃtat en 2024, en conformité avec les accords de Maputo, dâaprès Mounirou Ndiaye.
« Il est envisageable dâatteindre 20 % du budget de lâÃtat en 2026 à raison de 5 % de plus par an à partir de 2025 », ajoute-t-il.
à ses yeux, il est impossible de relever les défis de la création de richesses, de la réduction de la pauvreté et du chômage sans une croissance accélérée dans les activités agro-sylvo-pastorales et halieutiques.
Modernisation et professionnalisation de lâagriculture familiale

Afin de permettre au secteur agricole, au sens large, de porter 80 % des besoins dâemploi, lâÃtat, explique lâéconomiste, doit apporter les ajustements nécessaires sur le plan foncier, de la modernisation et de la professionnalisation de lâagriculture familiale, de la régulation et de la protection des marchés et des débouchés locaux, de lâaccompagnement des transformateurs locaux et des infrastructures de stockage et de conservation à travers tout le pays.
Le successeur du Président Macky Sall devra aussi favoriser le développement de la culture rizicole et autres spéculations, car, avance le Pr Ndiaye, la souveraineté et la sécurité alimentaires vont non seulement renforcer la résilience et lâassise économiques du pays, mais aussi être un apport indispensable sur notre position extérieure dans la perspective de lâautonomie monétaire.

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Toutefois, M. Ndiaye pense que cela doit sâaccompagner dâun changement des habitudes alimentaires extraverties des Sénégalais qui est le lit des importations.
« Par exemple, lâIsra devrait, en collaboration avec lâInstitut de technologie alimentaire (Ita), pouvoir proposer une farine composée à partir du niébé, du mil, du sorgho et du maïs, en substitut du blé importé où est injecté plus de 110 milliards de FCfa chaque année », propose-t-il.













